Rechercher

Mort du dernier « Compagnon de la Libération » de la Seconde Guerre mondiale

Il était le dernier combattant français de la Seconde Guerre mondiale décoré par le général de Gaulle ; il s'est éteint à l'âge de 101 ans

Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, le 26 novembre 2021. (Crédit : Michel Euler / POOL / AFP)
Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, le 26 novembre 2021. (Crédit : Michel Euler / POOL / AFP)

Le dernier combattant français de la Seconde Guerre mondiale décoré par le général de Gaulle, le « Compagnon de la Libération » Hubert Germain, est mort à l’âge de 101 ans, a annoncé mardi la ministre française des Armées Florence Parly.

« Je voudrais d’abord vous informer du décès d’Hubert Germain, notre dernier compagnon vivant de la Libération (…) C’est un moment important de notre histoire », a affirmé Mme Parly au Sénat.

Père des Forces françaises libres (FFL), Charles de Gaulle avait créé l’Ordre de la Libération en novembre 1940 pour « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’oeuvre de libération de la France et son empire ».

Les derniers compagnons, distingués pour leur engagement de la première heure au sein de la France libre, ont disparu les uns après les autres au cours de la décennie passée.

Seules 1.038 personnes, dont six femmes, ont reçu le titre de compagnon de la Libération. Hubert Germain doit être inhumé au Mont-Valérien, près de Paris, principal lieu d’exécution des résistants durant la Seconde Guerre mondiale devenu haut lieu de mémoire.

Le président Emmanuel Macron présidera la cérémonie le 11 novembre à l’Arc de Triomphe et au Mont Valérien. Il lui rendra également hommage lors d’une cérémonie dans les prochains jours aux Invalides.

« Le président de la République et son épouse ont adressé leurs « condoléances émues à tous les Français qui sont les héritiers des combats qu’il livra », a fait savoir la présidence.

« La Nation perd l’un de ses serviteurs les plus illustres dont l’honneur et le courage nous obligent », a déclaré de son côté le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard.

Ancien député gaulliste et ministre sous la présidence de Georges Pompidou (1969-1974), Hubert Germain avait fêté le 6 août son 101e anniversaire.

Fils d’un général des troupes coloniales, Hubert Germain passait le concours d’entrée de l’école navale de la ville Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, au moment de la débâcle de l’armée française face aux troupes allemandes au printemps 1940.

« Je pars faire la guerre »

« Au bout de cinq minutes, je me suis dit: ‘Mais qu’est-ce que tu fais là?' », expliquait-il en 2018 à l’AFP. « Je me suis levé en disant à l’examinateur: ‘Je pars faire la guerre' ».

Entre juin et juillet 1940, quelque 7.000 Français prennent le chemin de la Grande-Bretagne. Parmi eux, des centaines de futurs compagnons de la Libération, souvent âgés d’une vingtaine d’années, révoltés par la capitulation du maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale.

Hubert Germain embarque à Saint-Jean-de-Luz (sud-ouest), à bord d’un navire transportant des soldats polonais à destination de l’Angleterre et arrive à Londres le 24 juin 1940. Il intègre la Légion étrangère et combat en Syrie, en Libye où il est engagé dans les combats de Bir Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace.

Il est blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 44 en Italie.

Un tiers des compagnons de la Libération sont morts au combat, et 80% des survivants sont blessés pendant le conflit. Cinq d’entre eux reposent au Panthéon — Felix Eboué, André Malraux, René Cassin, Jean Moulin et Pierre Brossolette.

Les derniers compagnons ont disparu les uns après les autres au cours de la décennie passée, dont Daniel Cordier, décédé à 100 ans le 20 novembre 2020. Parti à Londres le 21 juin à l’âge de 19 ans avant de devenir deux ans plus tard le secrétaire de Jean Moulin, légendaire figure de la résistance intérieure qui succombera aux mains de la Gestapo.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...