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Moscovici regrette un « climat qui ressemble quand même beaucoup aux années 30 »

"Pour la première fois, j'ai peur", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques au sujet de la situation politique en Italie

Pierre Moscovici (Crédit : Aron Urb (EU2017EE/CC 2.0)
Pierre Moscovici (Crédit : Aron Urb (EU2017EE/CC 2.0)

Le commissaire européen Pierre Moscovici a présenté jeudi l’Italie comme un « problème » dans la zone euro et demandé à son gouvernement « un budget crédible » pour l’année prochaine, l’appelant à poursuivre les réformes.

« Il y a un problème qui est l’Italie » au sein de la zone euro, a prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques au cours d’une conférence de presse à Paris. « C’est bien l’Italie le sujet sur lequel je veux me concentrer avant tout », a-t-il assuré.

« L’Italie a besoin de réformes de son économie. Arrêter les réformes, faire fonctionner la planche à billets, ce n’est pas ça qui va sauver l’Italie », a affirmé M. Moscovici.

Selon lui, l’Italie reste un pays dont « la croissance est dans le bas de la fourchette de la zone euro et où le problème massif est celui d’un déficit de productivité ».

M. Moscovici a également rappelé à Rome que « la réduction de la dette est très importante pour l’Italie », estimant qu’elle « ne peut pas vivre avec une dette publique de 130% ».

Dès lors, le commissaire européen attend du gouvernement un budget pour l’année prochaine qui soit « crédible par son niveau nominal -je ne donne pas de chiffres- et qui soit aussi crédible par l’effort structurel réalisé. Il faut qu’il y ait un effort structurel significatif », a-t-il jugé.

Dans la perspective des élections européennes du printemps prochain, M. Moscovici s’en est pris à « ceux qui veulent saper l’identité politique de l’Europe », faisant allusion aux formations populistes.

« Pour la première fois, j’ai peur », a-t-il reconnu, rappelant notamment qu’il était l’enfant d’un juif de Roumanie « venu trouver l’asile en France » et d’une mère qui avait été « cachée par des justes » en Lozère.

« Je pense quand même qu’il y a un climat qui ressemble quand même beaucoup aux années 30 en ce moment ». « Il faut comparer les choses : il n’y a heureusement pas de bruits de bottes, il n’y a pas d’Hitler. Des petits Mussolini… ça reste à vérifier ».

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