Moshe Nissim : Nos rabbins orthodoxes sont 100 fois plus stricts que Maïmonide
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Moshe Nissim : Nos rabbins orthodoxes sont 100 fois plus stricts que Maïmonide

L'ex-ministre, qui a proposé une réforme de la conversion, accuse le Grand Rabbinat et les partis Haredi de la reconnaissance par la Haute Cour des conversions libérales en Israël

Moshe Nissim arrive au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 1er septembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)
Moshe Nissim arrive au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 1er septembre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les tribunaux rabbiniques orthodoxes d’aujourd’hui sont 100 fois plus stricts que le vénéré sage Maïmonide l’était en ce qui concerne les conversions au judaïsme, a déclaré mercredi un ancien ministre qui avait proposé une réforme de compromis sur les lois israéliennes relatives aux conversions, accusant les partis ultra-orthodoxes d’être responsables de la décision de la Cour suprême de cette semaine reconnaissant les conversions des mouvements Réformés et Massorti.

La décision de la Cour suprême de lundi établit que les personnes qui se convertissent au judaïsme en Israël par le biais des mouvements Réformés et Massorti doivent être reconnues comme juives aux fins de la Loi du retour, et ont donc droit à la citoyenneté israélienne. Cette décision fait voler en éclats le monopole de longue date des orthodoxes sur les conversions officiellement reconnues en Israël.

Moshe Nissim, député et ministre chevronné, a été chargé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2017 de diriger une commission gouvernementale spéciale qui a proposé une révision du système de conversion en Israël, qui l’aurait soustrait au contrôle du rabbinat à dominance ultra-orthodoxe et aurait établi à la place une nouvelle autorité orthodoxe gérée par l’État.

Mais la proposition de 2018 n’a jamais été adoptée par le gouvernement en raison de l’opposition des ultra-orthodoxes et des sionistes religieux.

S’adressant mercredi à la radio de l’armée, M. Nissim a déclaré que les partis Haredi et le Grand Rabbinat étaient « sans aucun doute » responsables de la décision de la Cour suprême, arguant que la Cour avait plaidé auprès du gouvernement pour qu’il légifère sur une politique et avait retardé sa décision pendant 15 ans, mais que le gouvernement n’avait jamais honoré cette demande.

A la question de savoir s’il pourrait exister un système de conversion qui satisferait toutes les parties, M. Nissim a répondu que c’était impossible car les tribunaux rabbiniques orthodoxes sont devenus trop extrêmes dans leurs exigences vis-à-vis des convertis potentiels.

Maïmonide. (Credit : Wikimedia commons)

« Il y a des tribunaux rabbiniques qui sont très stricts, exigent que les convertis observent les 613 mitzvoth, leur posent des questions indécentes et bizarres, rejettent de nombreux convertis même s’ils ont étudié et sont prêts [à se soumettre au processus] », a déclaré Nissim, un ancien ministre de la Justice. C’est pourquoi de nombreuses personnes qui aspirent à se convertir évitent de se présenter devant ces tribunaux, parce qu’elles disent : « Nous ne sommes pas en mesure d’accomplir tout ce qui est exigé de nous ».

« Cela va à l’encontre de la politique halakhique tout au long de l’histoire », a-t-il accusé, en citant le célèbre érudit du 12e siècle, Maïmonide. « Maïmonide a établi des règles pour ce qui est exigé des convertis, et les juges rabbiniques d’aujourd’hui exigent 100 fois plus que ce que Maïmonide exigeait. Comme si Maïmonide était un Réformé, à tel point qu’ils n’acceptent pas ses jugements halakhiques ».

Il a dénoncé le fait que la situation actuelle poussait les gens à quitter le judaïsme en raison des exigences strictes, et a qualifié ce phénomène de « problème principal » auquel est confronté le judaïsme moderne.

Nissim est le fils de l’ancien grand rabbin séfarade Isaac Nissim. Il a servi pour la première fois comme membre de la Knesset en 1959, à l’âge de 24 ans, le plus jeune député de l’histoire d’Israël.

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