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Naftali Bennett s’entretient avec le roi Abdallah II de Jordanie

Le Premier ministre, inquiet d'éventuelles violences pendant le mois du Ramadan, a remercié le monarque pour sa condamnation des récents attentats en Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett et le roi de Jordanie Abdallah. (Crédit : Composite/AP)
Le Premier ministre Naftali Bennett et le roi de Jordanie Abdallah. (Crédit : Composite/AP)

Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu au téléphone avec le roi Abdallah II de Jordanie, dimanche. Les deux dirigeants ont évoqué l’importance d’apaiser les tensions entre Israéliens et Palestiniens pendant le mois sacré du Ramadan.

Il s’agissait du premier entretien téléphonique depuis qu’Abdallah a reçu discrètement Bennett à Amman, au mois de juillet dernier.

Pendant l’appel, le roi a souligné l’importance de parvenir à un apaisement général afin d’éviter toute escalade dans les territoires palestiniens », a fait savoir un communiqué de la cour royale.

Abdallah a demandé de « lever tous les obstacles à la prière musulmane au complexe de la mosquée al-Aqsa, en particulier avec le début du Ramadan », appelant à « cesser les provocations susceptibles d’entraîner une escalade ».

Onze personnes au total sont mortes dans des attentats au sein de l’État juif depuis le 22 mars, des attaques qui ont été notamment par des terroristes liés ou inspirés par le groupe de l’État islamique.

Le Ramadan a commencé samedi soir, avec quelques affrontements mineurs entre Palestiniens et policiers à la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Le bureau de Bennett a noté dans un communiqué que le Premier ministre israélien « a remercié le roi de Jordanie pour sa déclaration ferme condamnant les attaques terroristes qui ont eu lieu ces derniers jours en Israël », en référence à des propos tenus par Abdallah, la semaine dernière, lors d’une visite en Jordanie du président israélien Isaac Herzog.

Le président Isaac Herzog, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, au palais Al Husseiniya d’Amman, en Jordanie, le 30 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Les deux hommes ont aussi évoqué « l’importance de la coopération entre les pays et la continuation de la relation et du dialogue en cours », selon le bureau du Premier ministre israélien.

L’année dernière, pendant le Ramadan, les affrontements qui avaient éclaté entre forces israéliennes et Palestiniens, à Jérusalem, avaient entraîné onze jours de conflit dévastateur entre Israël et les dirigeants islamistes du Hamas, dans la bande de Gaza.

Mercredi, le roi Abdallah II avait accueilli Herzog à Amman et il avait condamné « la violence sous toutes ses formes ».

Une rencontre qui avait eu lieu après le déplacement de Benny Gantz, le ministre de la Défense, qui s’était entretenu avec le roi. Ce dernier avait demandé de « lever tous les obstacles susceptibles d’empêcher les musulmans de faire la prière » à al-Aqsa.

Abdullah avait aussi fait une visite rare à Ramallah, lundi dernier, pour y rencontrer le président de l’Autorité israélienne Mahmoud Abbas, lui transmettant également un appel au calme.

La Jordanie et Israël ont signé un traité de paix en 1994 et le royaume hachémite est gardien des lieux saints de Jérusalem-Est – partie de la ville capturée par les Israéliens en 1967 et ultérieurement annexée par l’État juif, une initiative qui n’est toutefois pas reconnue par la plus grande partie de la communauté internationale.

Dimanche également, le ministère égyptien des Affaires étrangères a émis une condamnation « de l’escalade israélienne survenue ces derniers jours dans les territoires palestiniens » avec notamment de récentes visites de Juifs au mont du Temple.

Le mont du Temple est le site le plus saint du Judaïsme. Les musulmans, pour leur part, vénèrent la mosquée al-Aqsa, le troisième site le plus sacré de l’Islam. Un statu-quo fragile a été mis en place au mont du Temple, qui autorise la présence des Juifs sur le site mais qui leur interdit d’y prier.

Les autorités israéliennes continuent, pour leur part, à permettre à des visiteurs juifs de se rendre au lieu saint pendant le mois sacré du Ramadan qui a commencé samedi dernier. Le député d’extrême-droite juif israélien Itamar Ben-Gvir s’est ainsi rendu jeudi sur le mont du Temple, entraînant la colère des Palestiniens.

Le Caire a condamné « les incursions continues de colons israéliens qui bénéficient de la protection de la police israélienne dans le périmètre de la mosquée al-Aqsa ».

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a ajouté que « toute escalade doit être évitée – en particulier pendant le mois sacré du Ramadan et pendant les fêtes chrétiennes et juives – de manière à ne pas glisser dans de nouveaux cycles de violences ».

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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