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Le député d’extrême-droite Ben Gvir sur le mont du Temple avec l’accord de la police

L'approbation a été donnée après un examen de la situation, jeudi matin, avec la crainte que le législateur provocateur n'entraîne de nouvelles violences en pleine crise terroriste

Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir s’est rendu, jeudi matin, sur le mont du Temple après avoir été autorisé par la police à visiter ce lieu saint de Jérusalem. Des informations qui avaient évoqué, au début de la semaine, la visite programmée par ce législateur provocateur avaient entraîné des inquiétudes sur le fait que ce déplacement n’entraîne un renforcement des tensions déjà accrues et de nouvelles violences.

L’approbation de la police a été donnée suite à un examen de la situation, jeudi matin.

Cet accord des forces de l’ordre a été condamné par les politiciens, qui tentent actuellement d’apaiser les craintes sécuritaires et de calmer les tensions alors que s’approche le mois sacré du ramadan. Les responsables redoutent une répétition des violences qui avaient opposé Juifs et Arabes au mois de mai 2021.

Dans un communiqué, la Liste arabe unie a accusé la police d’être autant un problème que l’est « le pyromane Ben Gvir ».

« C’est le gouvernement qui devra assumer la responsabilité d’une escalade des violences qui serait entraînée par les provocations de Ben Gvir », a noté la formation, accusant le député et les forces de l’ordre d’avoir été à l’origine des violences du mois de mai dernier qui avaient commencé quand le Hamas avait lancé des roquettes en direction du territoire israélien en réponse à l’expulsion de familles palestiniennes de leurs habitations à Jérusalem.

Israël connaît, depuis une semaine, une vague d’attentats terroristes meurtriers qui a fait onze morts et qui laisse craindre de nouvelles violences prolongées. Mardi, cinq personnes ont été tuées par un terroriste palestinien qui a ouvert le feu sur des passants à Bnei Brak – après deux attaques perpétrées, le week-end dernier, à Beer Sheva et à Hadera par des partisans de l’État islamique et qui ont fait six morts.

Malgré ces violences, Ben Gvir, membre du parti Sionisme religieux d’extrême-droite, avait juré de se rendre sur le Mont du Temple, le site le plus saint du Judaïsme, pour marquer le début du mois hébreu. Il avait préalablement annoncé que l’empêcher d’y aller transmettrait « un message de capitulation devant le terrorisme, ce qui ne ferait qu’attiser davantage l’incendie ».

Mais nombreux sont ceux qui considèrent Ben Gvir comme un provocateur et ses visites antérieures sur des sites sensibles ont ont souvent fait grimper les tensions et les affrontements.

Le mont du Temple est le site le plus saint du judaïsme et il est également sacré pour les musulmans dans la mesure où il accueille la mosquée al-Aqsa – ce qui en fait une poudrière. Les Juifs ne sont pas autorisés à y prier, mais les visites sont permises dans des circonstances limitées.

Doron Turgeman, commandant du district du Jérusalem, a indiqué que les visites juives sur le mont du Temple seraient autorisées pendant le Ramadan mais qu’elles seraient soumises à des restrictions.

Des fidèles brandissent le drapeau palestinien et le drapeau du Hamas pendant les prière de l’Aïd al-Adha sur le mont du Temple, le 20 juillet 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

« Notre objectif est de maintenir un bon ordre de la vie de chacun pendant les fêtes pour toutes les religions, de permettre la liberté de culte pour toutes les religions tout en assurant la sécurité des citoyens », a-t-il déclaré suite à une rencontre avec des responsables de l’armée, de la police, du Shin Bet et de la municipalité de Jérusalem.

La chaîne Kan a fait savoir que la police avait émis une ordonnance qui interdit aux membres du groupe terroriste du Hamas ayant purgé des peines de prison pour des activités au sein de l’organisation de venir dans la Vieille Ville et dans d’autres secteurs de la capitale.

La Jordanie, qui assure la tutelle des lieux saints musulmans dans la Vieille Ville, a vivement demandé à Israël de ne pas restreindre l’accès des musulmans à la mosquée, alors que des officiels et Washington et Jérusalem ont, pour leur part, courtisé le royaume de manière à ce qu’il aide à apaiser les tensions autour du ramadan.

Dans des réunions à Amman avec le ministre de la Défense Benny Gantz et avec le président israélien Isaac Herzog, cette semaine, le roi Abdallah de Jordanie « a souligné que le maintien du calme exige de respecter le droit des musulmans à se livrer à leurs rites religieux à la mosquée al-Aqsa bénie », selon le palais.

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