Nayib Bukele : nouveau dirigeant d’El Salvador et proche d’Israël
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Interview

Nayib Bukele : nouveau dirigeant d’El Salvador et proche d’Israël

Son père était un imam, sa femme a des racines juives et son grand-père était un chrétien palestinien

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Nayib Bukele, alors maire de la capitale San Salvador, au mur Occidental en février 2018. (Congrès américain juif)
Nayib Bukele, alors maire de la capitale San Salvador, au mur Occidental en février 2018. (Congrès américain juif)

Ses grands-parents paternels étaient des chrétiens palestiniens de Jérusalem et de Bethléem. Ses grands-parents maternels étaient aussi des chrétiens ; sa grand-mère était catholique et son grand-père était un orthodoxe grec. Son père s’est converti à l’islam et est devenu imam. Et sa femme a des racines juives.

On vous présente Nayib Bukele, le président fraichement élu d’El Salvador.

Dimanche, le politicien de centre droit âgé de 37 ans, qui lui-même n’est pas très religieux mais affirme croire en Jésus, a remporté les élections présidentielles du pays d’Amérique latine avec 53 % des suffrages. Il prendra ses fonctions le 1 juin.

El Salvador, un pays d’une taille similaire à celle d’Israël, avec environ 7,5 millions d’habitants, n’est pas considéré comme un acteur majeur dans la diplomatie internationale. Pourtant, Israël voit se féliciter du réchauffement potentiel des relations bilatérales entre les deux pays.

« Nous voulons renforcer les relations entre nos deux pays, qui sont amicales depuis longtemps », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Times of Israël mercredi.

En 2015, l’ambassadeur israélien à El Salvador avait salué Bukele comme étant « un partenaire pour la coopération », même si on ne sait pas grand chose sur ses positions au sujet de l’Etat juif et les différents conflits au Moyen-Orient.

Pourtant, Bukele, qui occupera la fonction de maire de la capitale San Salvador jusqu’en avril 2018, est venu en Israël l’année dernière lors d’un voyage organisé par le gouvernement, et il n’a pas peur d’en parler.

Après avoir remporté l’élection dimanche, il a retweeté une photo le montrant dans une réflexion profonde au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem. A l’époque, il avait aussi posté une vidéo de sa visite au lieu saint sur son compte Instagram :

Alors maire, Bukele était en Israël pour participer à la 32ème Conférence internationale des Maires, en février 2018, ayant reçu une invitation officielle de la part de l’assistante du ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely.

La conférence, qui était en partie sponsorisée par le gouvernement israélien, l’a conduit à se rendre à Tel Aviv et à Jérusalem afin de « construire des relations, de découvrir la technologie et l’innovation israéliennes », selon un communiqué de presse publié par le Congrès juif américain, qui co-organise la conférence.

Dans la capitale, il avait aussi visité le centre mémoriel de la Shoah de Yad Vashem.

Bukele avait présenté sa femme Gabriele, psychologue et éducatrice, au maire de Jérusalem de l’époque Nir Barkat, en lui expliquant qu’elle « a du sang juif sépharade ».

Même si le couple a posté des photos de familles avec un sapin de Noël sur les réseaux sociaux, le nouveau président a indiqué qu’il n’était pas un homme profondément religieux.

Son père défunt, Armando Bukele Kattán, qui était né à El Salvador après que ses parents avaient quitté la Palestine, s’est converti à l’islam et est devenu un imam bien connu. Il a « toujours considéré [les Juifs] comme ses frères », a dit le président élu au sujet de Kattán.

Ses grands-parents sont arrivés à El Salvador depuis la Palestine, « la terre où Jésus est né », alors qu’ils étaient enfants, a déclaré Bukele dans un entretien de 2015, après qu’il a été accusé par un blogger anonyme d’essayer de cacher son passé.

« Adulte, mon père a décidé de se convertir à l’islam. Tout le monde sait qu’il est le chef de la communauté musulmane à El Salvador ; il a aussi de très bonne relations avec les communautés juives, chrétiennes, luthériennes, anglicanes et bouddhistes », avait-il souligné.

« Personnellement, je ne suis pas quelqu’un qui croit beaucoup dans la liturgie des religions, avait-il ajouté. Je crois néanmoins en Dieu, en Jésus-Christ. Je crois sa parole, et je crois à sa parole révélée dans la Sainte Bible. Je sais que Dieu ne rejette personne à cause de ses origines ».

Plus tôt cette année, dans une longue publication sur Facebook consacrée à ses points de vue religieux, il avait réitéré qu’il respectait toutes les fois. Il avait souligné que lui-même n’était « pas religieux parce que je suis sûr qu’il y a des prières plus sincères dans les couloirs des hôpitaux que dans la plupart des églises ».

Posted by Nayib Bukele on Monday, 7 January 2019

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