Netanyahu accuse le Hezbollah de tenter de saboter le cessez-le-feu
Le Premier ministre s'est exprimé publiquement près de 24 heures après l'annonce par Donald Trump d'une prolongation de 3 semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban

Près de 24 heures après l’annonce par le président américain Donald Trump d’une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait ses premiers commentaires publics vendredi, affirmant que le groupe terroriste chiite libanais tentait de saboter ce cessez-le-feu.
« Je vous avais promis que nous changerions le visage du Moyen-Orient », a déclaré Netanyahu dans une allocution vidéo diffusée juste avant Shabbat.
« Et c’est exactement ce que nous sommes en train de faire. »
Il a indiqué qu’il s’était entretenu par téléphone avec Trump au sujet des cessez-le-feu avec l’Iran et le Liban.
« J’ai eu une excellente conversation avec le président Trump », a déclaré Netanyahu.
« Il exerce une très forte pression sur l’Iran, tant sur le plan économique que militaire. Nous agissons en pleine coopération. »
« Il en va de même au Liban », a-t-il poursuivi.
« Nous avons entamé un processus visant à instaurer une paix historique entre Israël et le Liban, et il est clair pour nous que le Hezbollah tente de saboter cette initiative. Nous conservons une totale liberté d’action face à toute menace, y compris les menaces émergentes. Nous avons frappé hier, et nous avons frappé aujourd’hui. Nous sommes déterminés à rétablir la sécurité pour les habitants du nord. »
Jeudi, peu après avoir présidé la deuxième série de pourparlers entre les deux pays au niveau des ambassadeurs à la Maison Blanche, Trump a annoncé cette prolongation.
Trump a ensuite répondu aux questions des journalistes, affirmant qu’un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran devait inclure une clause interdisant à Téhéran de continuer à financer le Hezbollah. Il a également déclaré qu’Israël avait le droit de se défendre et a appelé à l’abrogation de la loi libanaise interdisant tout contact avec les Israéliens, même s’il a reconnu ne jamais en avoir entendu parler auparavant.
Le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre américano-israélienne contre le régime iranien dès le 2 mars, a violé à plusieurs reprises le cessez-le-feu initial de dix jours, qui devait expirer dans la nuit de lundi à mardi.
Après l’accord de cessez-le-feu conclu le 7 avril entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran a insisté pour qu’il s’étende également au Liban, tout en continuant à bloquer les navires dans le détroit d’Ormuz, tandis qu’Israël poursuivait ses frappes contre le Hezbollah.
Craignant que les tensions persistantes au Liban ne fragilisent le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, les États-Unis ont poussé Israël à réduire ses frappes contre le Hezbollah.
Afin d’éviter de légitimer l’influence de la République islamique au Liban, Washington a cherché à sécuriser ce cessez-le-feu par une voie distincte, en favorisant des pourparlers directs entre Jérusalem et Beyrouth, une première depuis des décennies.
L’administration Trump voit dans la position anti-Hezbollah du gouvernement libanais actuel une occasion unique de conclure un accord de paix.
Le groupe terroriste financé par l’Iran continue toutefois d’exercer une influence considérable au Liban, où environ un tiers de la population est chiite. Les précédentes tentatives du gouvernement pour désarmer le Hezbollah se sont soldées par un échec cuisant, le groupe terroriste ayant continué à tirer quasi quotidiennement sur le nord d’Israël.
Il n’est donc pas sûr – loin de là – qu’un accord entre Israël et le Liban conclu à Washington produise des effets concrets sur le terrain.
De plus, pour Beyrouth, les priorités semblent être le maintien du cessez-le-feu et le retrait de l’armée israélienne, qui a établi une zone tampon de cinq à dix kilomètres de large dans le sud du Liban.
Pour Israël, l’objectif principal demeure le désarmement du Hezbollah. Jérusalem s’est engagée à reprendre les combats si la diplomatie échouait.
De son côté, Trump cherche à ajouter un nouvel accord de paix à son palmarès, mais il a également indiqué qu’un tel accord aiderait les efforts de Washington pour parvenir à un cessez-le-feu permanent avec Téhéran.
« Ce serait formidable de régler cela en même temps que ce que nous faisons en Iran », a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale après la réunion.
Interrogé sur la date de la rencontre entre Netanyahu et Aoun, Trump a dit espérer qu’elle se tienne durant la période de prolongation du nouveau cessez-le-feu de trois semaines.
La semaine dernière, il avait toutefois évoqué un appel téléphonique imminent entre les deux dirigeants, un appel qui n’a finalement pas eu lieu.
Jusqu’à présent, Aoun a évité tout contact avec Netanyahu en raison de fortes pressions internes, notamment de la part du Hezbollah. Il est incertain qu’il accepte une rencontre tant que des troupes israéliennes sont déployées dans la zone tampon du sud du Liban.







