Netanyahu aurait demandé au Shin Bet de mettre sur écoute Tsahal et le Mossad
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Netanyahu aurait demandé au Shin Bet de mettre sur écoute Tsahal et le Mossad

Selon l'émission "Uvda", le Premier ministre aurait demandé au chef du Shin Bet en 2011, de mettre sur écoute les hauts gradés craignant qu'ils ne divulguent des informations

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les responsables en poste en 2014 : le chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le chef du Shin Bet Yoram Cohen, le directeur du Mossad Tamir Pardo et le Conseiller à la sécurité nationale (NSC) Yossi Cohen au ministère de la Défense à Tel Aviv, pour discuter de la disparition de trois adolescents juifs près d'Hébron, en Cisjordanie, le 14 juin 2014. (Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les responsables en poste en 2014 : le chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le chef du Shin Bet Yoram Cohen, le directeur du Mossad Tamir Pardo et le Conseiller à la sécurité nationale (NSC) Yossi Cohen au ministère de la Défense à Tel Aviv, pour discuter de la disparition de trois adolescents juifs près d'Hébron, en Cisjordanie, le 14 juin 2014. (Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait demandé au service de sécurité du Shin Bet de mettre sur écoute téléphonique les chefs du Mossad et de l’armée israélienne en 2011, par crainte, non fondée, qu’ils ne divulguent des informations sensibles à des tiers, selon le reportage d’une émission d’investigation israélienne jeudi soir.

Le bureau du Premier ministre a démenti le reportage de l’émission de télévision Uvda, affirmant qu’il s’agissait d’une « distorsion totale » des efforts déployés pour protéger les secrets d’Etat.

Selon le reportage, Netanyahu aurait demandé à l’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen, d’utiliser les « capacités spéciales » de son service de sécurité pour surveiller les communications des hauts responsables de la défense, y compris l’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz et l’ancien chef de l’agence d’espionnage du Mossad Tamir Pardo.

Il n’y avait aucune preuve ou crainte particulière que Gantz et Pardo divulguent des secrets d’État. Selon les sources de l’émission d’information, l’écoute a été pensée comme une « mesure préventive ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), et le chef du Shin Bet Yoram Cohen au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, en juillet 2014 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

Cohen aurait refusé la demande du Premier ministre d’écouter les conversations téléphoniques de ses collègues, disant à Netanyahu que le « Shin Bet n’est pas censé utiliser une mesure aussi drastique contre les dirigeants de l’armée et du Mossad ».

Pardo, qui a été interviewé par Ilana Dayan, l’animatrice d’Uvda, a dit avoir été choqué par cette révélation.

« Je ne veux pas croire que dans l’État d’Israël, qui est un pays démocratique, le Premier ministre puisse demander au chef du Shin Bet de mettre sur écoute le chef d’état-major ou moi-même. Si [Netanyahu] ne nous faisait pas confiance, il aurait pu nous faire démissionner de nos fonctions en moins de 10 minutes », a expliqué M. Pardo.

L’ancien chef espion a ajouté que la supposée demande de Netanyahu révélait un « manque de confiance ».

L’ancien directeur du Mossad Tamir Pardo participe à la Conférence Meir Dagan pour la stratégie et la défense, au Netanya College, le 21 mars 2018. (Meir Vaaknin/Flash90)

Pardo a ajouté que s’il avait su que le Premier ministre avait fait cette demande à l’époque, « je me serais levé, et j’aurais dit en sortant : ‘Jouez sans moi' ».

L’ancien chef du Mossad a précisé que s’il avait été à la tête du Shin Bet et avait reçu une telle demande, il aurait dit au Premier ministre d’“aller en enfer”, ce qui, selon lui, est « ce que [Cohen] a fait ».

Le bureau de Netanyahu a déclaré que le reportage était « totalement infondé », mais a également semblé reconnaître qu’au moins certains aspects étaient exacts.

« L’affirmation selon laquelle le Premier ministre a demandé au chef du Shin Bet de mettre sur écoute le chef d’état-major et le chef du Mossad est totalement infondée. C’est une distorsion totale des efforts systémiques qui sont faits occasionnellement pour protéger des informations sensibles de la plus haute importance pour la sécurité d’Israël », a déclaré le Bureau du Premier ministre dans un communiqué.

« La décision sur les mesures à utiliser et contre quels individus est du ressort des services autorisés », a déclaré le bureau de Netanyahu.

La révélation sur la prétendue demande de mise sur écoute du Premier ministre faisait partie d’un reportage plus large diffusé par Uvda jeudi soir sur les discussions et les décisions du cabinet de sécurité en 2011 alors qu’Israël envisageait de lancer une frappe sur les installations nucléaires iraniennes afin d’empêcher la République islamique d’acquérir une bombe atomique.

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