Netanyahu bloque le vote du projet de loi sur les annexions d’implantations
Le Premier ministre veut coordonner cette mesure avec la Maison Blanche, mais le projet de loi sera débattu entre les chefs de la coalition lors de la rencontre prévue dimanche
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a bloqué jeudi une législation ayant pour objectif d’annexer les implantations israéliennes en Cisjordanie qui devait paraître devant une importante commission de la Knesset la semaine prochaine pour être votée.
Un porte-parole d’un haut-responsable de la commission des Lois a indiqué au Times of Israel que si le Premier ministre veut coordonner la mesure avec la Maison Blanche avant tout, le projet de loi serait tout de même débattu entre les leaders de la coalition lors de leur réunion prévue dimanche.
Ce projet, élaboré par Yoav Kisch (Likud) et Bezalel Smotrich (HabaYit HaYehudi) cherche à faire appliquer la souveraineté israélienne sur tous les secteurs d’implantations juives en Cisjordanie, qui sont actuellement placés sous autorité militaire.
« Dans la 70ème année de la renaissance de l’Etat d’Israël et après le 50ème anniversaire du retour du peuple juif dans son foyer historique en Judée et Samarie (dénomination biblique de la Cisjordanie)… Nous prenons l’initiative de définir le statut de ces territoires en tant que parties inséparables de l’Etat souverain d’Israël », dit la législation.
Cette mesure survient un peu plus d’un mois après que le comité central du Likud, le plus important organisme décisionnaire du parti, a adopté à l’unanimité une résolution similaire qui a appelé ses membres à agir en faveur de l’annexion de la Cisjordanie.
La décision prise par Netanyahu de reporter la législation pourrait provoquer des dissensions avec des ministres du gouvernement ainsi qu’avec les chefs pro-implantations qui ont prôné cette proposition avec agressivité.
Dix-huit présidents de conseils en Cisjordanie ont signé jeudi une lettre à l’initiative de l’organisation cadre pro-implantations du Conseil de Yesha appelant le Premier ministre à faire avancer le projet de loi de Kisch et de Smotrich.
« Nous reconnaissons cette opportunité historique d’accomplir cette importante démarche et nous demandons à ce que vous permettiez au projet de loi d’être discuté et approuvé lors de la prochaine rencontre de la Commission des lois », dit le courrier. Quelques heures après sa publication, Netanyahu aurait demandé le gel de la proposition.
Les leaders du mouvement pro-implantations ont toutefois la certitude qu’une telle proposition n’a jamais été aussi proche de l’adoption. « Aujourd’hui plus que jamais, les conditions sont réunies pour appliquer la souveraineté sur la Jurdée, la Samarie et sur la vallée du Jourdain », a déclaré le directeur-général de Yesha, Shiloh Adler, au Times of Israel.
Adler a expliqué que « le moment choisi, avec une administration américaine honnête, l’hypocrisie d’Abu Mazen (surnom du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas) qui est encore une fois sur le point de s’embarquer dans un processus de reconnaissance unilatéral d’Etat palestinien et le gouvernement de droite, offre une opportunité merveilleuse pour cette initiative ».
Mais la décision prise par Netanyahu de stopper l’avancée d’une telle mesure n’est pas nouvelle. Parmi des législations antérieures que le Premier ministre a empêché d’arriver au vote, une proposition d’annexion de la vallée du Jourdain ainsi que l’annexion de la ville-implantation de Maale Adumim. Il y avait eu également un projet de loi visant à absorber des implantations majeures au sein des frontières de Jérusalem qui avait été gelé au mois d’octobre.
Dans chacun de ces cas, le bureau du Premier ministre avait cité un désir d’éviter la confrontation avec Washington, qu’il s’agisse des administrations de l’ancien président Barack Obama ou du président actuel Donald Trump.
Les membres du gouvernement semblent toutefois perdre patience dans ce dossier après l’échec de plusieurs tentatives ratées.
« J’ai le sentiment que nous sommes arrivés à un moment où il est clair pour tous les ministres de la Commission des lois que cette proposition doit être adoptée », a déclaré Shuli Mualem-Refaeli, députée de HabaYit HaYehudi, lors d’une conférence des chefs religieux mardi.
« Au cours des six prochains mois, cela sera notre mission prioritaire », a-t-elle commenté. « Le cas échéant, je ne suis pas sûr que nous ayons une raison de rester au sein de ce gouvernement ».







