Netanyahu célèbre, les Palestiniens fustigent l’accord Israël/Bahreïn
Rechercher

Netanyahu célèbre, les Palestiniens fustigent l’accord Israël/Bahreïn

Cet accord de normalisation est le deuxième en un mois avec un pays du Golfe, et le quatrième avec un pays arabe après l'Egypte (1979) et la Jordanie (1994)

Cette photo du 3 octobre 2011 montre un tour de bureau à Madame, au Bahreïn, qui porte une image du roi du Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa, au centre, du Premier ministre Khalifa bin Salman Al Khalifa, à gauche,  et du prince couronné Salman bin Hamad Al Khalifa, à droite. (AP Photo/Hasan Jamali, File)
Cette photo du 3 octobre 2011 montre un tour de bureau à Madame, au Bahreïn, qui porte une image du roi du Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa, au centre, du Premier ministre Khalifa bin Salman Al Khalifa, à gauche, et du prince couronné Salman bin Hamad Al Khalifa, à droite. (AP Photo/Hasan Jamali, File)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est félicité vendredi soir d’un nouvel accord de normalisation des relations entre Israël et un pays arabe, Bahreïn, une initiative aussitôt fustigée par la classe politique palestinienne.

« Citoyens d’Israël, je suis ému de vous informer que ce soir, nous parviendrons à un autre accord de paix avec un autre pays arabe, Bahreïn. Cet accord s’ajoute à la paix historique avec les Emirats arabes unis », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué et un message vidéo en hébreu.

Depuis le début de soirée, les rumeurs se multipliaient dans les médias israéliens sur cet accord de normalisation, le deuxième en un mois avec un pays du Golfe, et le quatrième avec un pays arabe après l’Egypte (1979) et la Jordanie (1994).

« Il nous a fallu 26 ans pour parvenir d’un deuxième à un troisième accord de paix (…) mais 29 jours pour parvenir à un accord de paix entre le troisième et le quatrième État arabe. Et il y en aura d’autres. C’est une nouvelle ère de paix », a ajouté M. Netanyahu.

Israël et les Emirats arabes unis avaient annoncé le 13 août un accord de normalisation de leur relation qui doit être signé mardi à Washington, parrain de ce rapprochement entre l’Etat hébreu et des monarchies du Golfe qui partagent une inimité commune à l’encontre de l’Iran.

L’accord entre Israël et les Emirats vise à rapprocher ces deux économies du Moyen-Orient avec à la clé des vols commerciaux entre les deux pays, et des investissements croisés dans les secteurs des hautes technologies, de l’agriculture, du tourisme et de l’énergie.

Dans la foulée de cet accord, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait fait une tournée régionale afin de convaincre d’autres pays comme Oman, le Soudan ou Bahreïn de suivre l’exemple des Emirats arabes unis.

Une source israélienne de haut rang avait indiqué cette semaine à l’AFP que Bahreïn était le candidat le plus près d’un accord avec Israël.

Petite monarchie pétrolière du Golfe, Bahreïn était notamment représenté à Washington fin janvier lors de la cérémonie d’annonce du plan de l’administration Trump pour le Moyen-Orient, qui prévoit la normalisation des relations entre des pays arabes et Israël, l’annexion de pans de la Cisjordanie et la création d’un Etat palestinien sur un territoire réduit.

« Coup de poignard »

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, (à gauche), écoute le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed al-Khalifa lors d’une session d’urgence de la Ligue arabe au Caire, en Égypte, le 28 mai 2016. (AP Photo/Amr Nabil)

Saeb Erekat, le négociateur en chef des Palestiniens, a annoncé le rappel de l’ambassadeur palestinien à Bahreïn.

« L’accord entre Bahreïn et Israël est un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien », a déclaré à l’AFP Ahmad Majdalani, ministre des Affaires sociales de l’Autorité palestinienne.

« Il s’agit d’une agression contre notre peuple (…) qui constitue un grave préjudice à la cause palestinienne », a renchéri le mouvement terroriste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, territoire palestinien de deux millions d’habitants.

Cet accord avec Bahreïn n’aurait pas été possible sans l’appui de l’Arabie saoudite, a affirmé à Ramallah, un haut responsable palestinien requérant l’anonymat.

Chef de file des monarchies arabes du Golfe, l’Arabie saoudite n’a pas annoncé de normalisation de ses relations avec Israël mais a confirmé début septembre qu’elle allait permettre aux vols entre les Emirats et Israël de traverser son espace aérien.

Par le passé, la résolution du conflit israélo-palestinien était considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël et le reste du monde arabe.

Mais ces dernières années, Israël et les Etats-Unis ont tenté de convaincre des acteurs de la région de renverser l’équation et de normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu sans paix préalable israélo-palestinienne, ce qui ulcère le leadership palestinien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...