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Netanyahu cherche à maintenir l’unité du parti haredi Yahadout HaTorah

Les factions Degel HaTorah et Agudat Yisrael étant en désaccord sur plusieurs points, le chef de l'opposition craint qu'elles ne se divisent et ne passent sous le seuil électoral

Dossier : Le député Moshe Gafni du parti Yahadut HaTorah tentant de s'entretenir avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Dossier : Le député Moshe Gafni du parti Yahadut HaTorah tentant de s'entretenir avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après avoir négocié un accord pour que le parti Sionisme religieux et Otzma Yehudit se présentent ensemble aux élections législatives de novembre, le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu s’efforce de maintenir le parti haredi Yahadout HaTorah uni.

Dans l’espoir de remporter les 61 sièges de la Knesset qui lui permettront de retrouver la fonction de Premier ministre, Benjamin Netanyahu met tout en œuvre pour que ses partisans religieux de droite maximisent leur potentiel électoral. Une scission de Yahadout HaTorah, qui a remporté sept sièges lors des dernières élections, pourrait bien conduire l’une des factions, voire les deux, à passer sous le seuil électoral de quatre sièges, ce qui pourrait contrecarrer la tentative de Netanyahu de revenir au pouvoir.

Yahadout HaTorah se compose de deux factions : le parti hassidique Agudat Yisrael et le parti non-hassidique Degel HaTorah. Les partis se présentent sur une liste commune depuis 1992. Cependant, cette alliance a récemment été ébranlée par des désaccords entre les parties.

L’un des problèmes est de savoir qui dirigera le parti. Gafni a pris la tête de Yahadout HaTorah en 2019, succédant au président de longue date Yaakov Litzman d’Agudat Yisrael, qui a démissionné de la Knesset dans le cadre d’un accord de plaidoyer après avoir abusé de sa position pour contrecarrer l’extradition de la pédophile présumée Malka Leifer. Agudat Yisrael a annoncé que Yitzhak Goldknopf allait prendre la tête de la faction.

Selon les médias, Gafni s’oppose à ce que Goldknopf, qui n’a jamais été député, dirige la liste combinée de Yahadout HaTorah.

Degel HaTorah serait également irrité par l’accord conclu par les Hassidim de Belz, qui font partie d’Agudat Yisrael, pour autoriser l’étude de certaines matières laïques dans leurs écoles en échange d’une augmentation des fonds publics. Le chef spirituel de Degel HaTorah, le rabbin Gershon Edelstein, âgé de 99 ans, est farouchement opposé à toute implication de l’État dans l’enseignement haredi ou à l’introduction de matières laïques dans les classes pour garçons.

Le rabbin Yitzchak Goldknopf, président d’Agudat Yisrael, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 28 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La chaîne publique israélienne Kan a rapporté dimanche que Netanyahu avait tenu une réunion avec Goldknopf et Moti Babchik d’Agudat Yisrael pour tenter de surmonter les désaccords. Mais la chaîne a également cité un haut responsable de Yahadout HaTorah qui a critiqué, sous couvert d’anonymat, l’intervention de Netanyahu, affirmant qu’il « prenait parti dans un débat idéologique dont il devrait rester en dehors ».

Un sentiment similaire a été exprimé par une source anonyme du parti citée par le site d’information Ynet, qui a déclaré que les responsables « n’aiment pas du tout l’ingérence de Bibi ».

« Ce sont des questions idéologiques qui n’ont rien à voir avec lui et qu’il ne comprend pas », a déclaré le responsable. « Ce n’est pas une question politico-personnelle, mais un argument idéologique de principe. »

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