Netanyahu : Crédit d’impôts de 1M de NIS justifié, mais ce n’était pas le moment
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Netanyahu : Crédit d’impôts de 1M de NIS justifié, mais ce n’était pas le moment

Lapid a déclaré que le Premier ministre ne doit pas bénéficier de l'argent de l'Etat en temps de crise financière, avec des centaines de milliers de chômeurs

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion de cabinet à la Knesset le 24 mai 2020, dans la salle d'État Chagall. (Abir Sultan/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion de cabinet à la Knesset le 24 mai 2020, dans la salle d'État Chagall. (Abir Sultan/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que bien que l’approbation par la Knesset d’avantages fiscaux rétroactifs pour lui d’une valeur estimée à un million de shekels (environ 250 000 euros) soit justifiée, le moment était mal choisi.

« L’audition de la Commission des finances la semaine dernière était justifiée mais au mauvais moment », a tweeté Netanyahu. « Il est exact que je n’aurais pas dû être taxé d’une taxe personnelle qui n’a jamais été imposée à aucun autre Premier ministre… Mais le moment n’était pas opportun, et pour ça je suis désolé. »

Le gouvernement d’union a fait l’objet de critiques pour avoir fait peser des charges financières supplémentaires sur l’État alors que l’économie est en difficulté en raison de l’impact de l’épidémie de coronavirus et des mesures de confinement visant à enrayer sa propagation.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, du parti Yesh Atid, a critiqué le Premier ministre à propos de ce remboursement, alors que le chômage et les difficultés financières sont élevés.

Le député Yair Lapid de Kakhol lavan s’exprime lors de la conférence de presse de « Maariv » à Herzliya, le 26 février 2020. (Miriam Alster/Flash90)

« La discussion n’était pas justifiée car vous ne devriez pas recevoir un million de shekels des caisses de l’Etat alors qu’il y a des centaines de milliers de chômeurs et que de nombreux travailleurs indépendants sont menacés de faillite », a déclaré M. Lapid. « Cependant, le moment est justifié parce qu’il a rappelé à tout le monde à quel point lui et le gouvernement sont détachés [du peuple] ».

La commission des Finances de la Knesset a voté la semaine dernière pour approuver les avantages fiscaux rétroactifs controversés pour Netanyahu.

Les prestations couvrent le coût de l’impôt sur le revenu que Netanyahu doit payer en raison des améliorations apportées à son véhicule, des rénovations effectuées à son domicile privé de Césarée et d’autres dépenses remontant à 2009.

Cette clause signifie effectivement que Netanyahu sera exonéré de tous les impôts qui ne sont pas liés à son salaire ou à son indemnité, la Douzième chaîne faisant remarquer que cela pourrait potentiellement inclure l’imposition des bénéfices qu’il a réalisés grâce à des opérations boursières et d’autres entreprises privées.

La résidence privée du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Césarée. (Capture d’écran : Dixième chaîne)

Le parti Likud a nié que Netanyahu demanderait le remboursement des impôts qu’il a payés sur les investissements privés et a insisté sur le fait que les avantages fiscaux ne concerneraient que les dépenses qu’il a engagées dans l’exercice de ses fonctions de Premier ministre.

En 2018, la Knesset a adopté une loi qui exonère le Premier ministre des impôts pour nombre de ses dépenses privées. Cette loi a permis à Netanyahu, l’un des députés les plus riches de la Knesset, de collecter effectivement 200 000 NIS (50 000 euros) par an.

Les dernières clauses législatives se rapportent à la période précédant l’adoption de cette législation.

Le Likud a déjà répondu à des rapports sur la clause fiscale de Netanyahu en disant que le Premier ministre ne demandait rien qui n’avait pas été accordé aux précédents titulaires du poste.

Cependant, le journal The Marker a noté que de telles questions n’auraient pas du tout été soulevées par les Premiers ministres précédents, car ils n’ont jamais fait de telles demandes de financement de l’Etat pour des résidences privées, et certainement pas à l’échelle des demandes de Netanyahu.

Les protestations concernant l’approbation des avantages fiscaux, ainsi qu’une augmentation du nombre de cas de coronavirus, ont entraîné le report des discussions de la commission des Finances de la Knesset sur les avantages accordés au Premier ministre d’alternance Benny Gantz.

Les discussions devaient avoir lieu dimanche, après que le député Moshe Gafni, président du parti Yahadout HaTorah, a mis fin aux discussions de mardi, suite à un vote qui a permis d’adopter les réductions d’impôts de Netanyahu.

Le parti Kakhol lavan de Gantz a déclaré qu’il était inapproprié que les discussions aient lieu alors que le pays se trouve dans une situation économique délicate en raison de la pandémie de coronavirus, aggravée par l’augmentation du nombre de cas.

Gantz a précédemment exprimé son refus de recevoir des avantages en tant que Premier ministre d’alternance ; tout avantage accordé à Gantz maintenant serait probablement transféré à Netanyahu s’il assume le poste de Premier ministre suppléant en 2021 comme convenu.

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