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Netanyahu fustige la composition du « Conseil de Paix », incluant Erdogan

Le bureau du Premier ministre affirme avoir été exclu des discussions sur les membres du Comité exécutif, qui comprend de hauts responsables turcs et qataris ; un responsable US répond : "C'est notre spectacle, pas le sien"

Le président américain Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors d'un sommet sur Gaza, à Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/POOL/AFP)
Le président américain Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors d'un sommet sur Gaza, à Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/POOL/AFP)

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi que la présentation par la Maison Blanche du Comité exécutif de l’organe international de surveillance de Gaza, le « Conseil de Paix », n’avait pas été coordonnée avec Israël et qu’elle contrevient à sa politique.

Cette déclaration rompt de manière inhabituelle avec l’administration du président américain Donald Trump, ce qui lui a valu une vive critique de la part d’un haut responsable américain.

Netanyahu a exprimé son opposition à la création d’un nouvel organe, le « Comité exécutif », dans lequel siégeront des hauts responsables du Qatar et de la Turquie, deux pays qui ont vivement critiqué Israël pour sa conduite de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Même s’il fonctionnera techniquement sous l’égide du « Conseil de Paix » – présidé par Trump et composé de dirigeants mondiaux – le Comité exécutif sera plus directement impliqué dans la supervision de la gestion d’après-guerre à Gaza, jouant un rôle crucial contrairement au « Conseil de Paix », de nature plus symbolique.

Dans un communiqué, le bureau de Netanyahu a déclaré que le Premier ministre avait chargé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, de faire part de l’opposition d’Israël à la composition du Comité exécutif à son homologue américain, Marco Rubio.

Saar a été largement tenu à l’écart de toute implication directe dans les relations entre Israël et les États-Unis, qui ont été gérées par le bureau de Netanyahu et ses principaux conseillers.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se saluant lors d’une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Jim Watson/AFP)

À la suite de la déclaration de Netanyahu, le média Axios a cité un haut responsable américain anonyme qui a vivement critiqué le dirigeant israélien.

« C’est notre spectacle, pas le sien », aurait déclaré le responsable.

« Nous avons réussi à faire à Gaza ces derniers mois ce que personne ne pensait possible, et nous allons continuer à avancer. S’il veut que nous nous occupions de Gaza, ce sera à notre manière. Nous avons travaillé plus dur que lui. Qu’il se concentre sur l’Iran et qu’il nous laisse gérer Gaza. Nous n’allons pas discuter avec lui. Il mènera sa politique et nous continuerons à avancer selon notre plan. Il ne peut pas vraiment s’opposer à nous. »

« Nous lui rendons service. Si cela échoue, il pourra dire : ‘Je vous l’avais bien dit.’ Nous savons que si cela réussit, il s’en attribuera le mérite », a-t-il ajouté.

La Maison Blanche a dévoilé vendredi la composition du Comité exécutif, la Turquie étant représentée par son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, et le Qatar par son diplomate de haut rang, Ali al-Thawadi. Ils seront rejoints par le chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad ; la ministre de la Coopération internationale des Émirats arabes unis, Reem Al-Hashimy ; l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair ; l’envoyé spécial américain, Steve Witkoff ; le principal conseiller de Trump, Jared Kushner ; le PDG d’Apollo Global Management, Marc Rowan ; l’homme d’affaires israélo-chypriote, Yakir Gabay ; l’ancienne coordinatrice humanitaire des Nations unies, Sigrid Kaag ; et l’ancien envoyé de l’ONU au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov.

Mladenov, qui dirigera officiellement le comité, a été nommé haut représentant pour Gaza et servira de lien entre le « Conseil de Paix » et le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), panel de technocrates palestiniens chargé de contrôler la gestion quotidienne des affaires dans la bande de Gaza.

Baptisé « Comité national pour l’administration de Gaza » par la Maison Blanche, le NCAG sera en réalité subordonné au « Conseil de Paix » et au Comité exécutif intermédiaire.

Composé de quinze membres, le NCAG est présidé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne de la Planification. Il a tenu sa première réunion au Caire, en présence de Mladenov, samedi.

Le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) tenant sa première réunion, au Caire, le 15 janvier 2026. (Crédit : Capture d’écran/X)

La liste des dirigeants du « Conseil de Paix » n’a pas encore été dévoilée, mais les invitations aux membres potentiels ont été envoyées vendredi. Samedi, les dirigeants de la Turquie, du Canada et de l’Argentine ont publiquement confirmé en avoir reçu une, ce qui semble indiquer leur intention d’accepter l’offre.

Selon une source proche du dossier, Israël ne s’est pas opposé avec vigueur à l’inclusion du président turc Recep Tayyip Erdogan au sein du « Conseil de Paix », reconnaissant que le Comité exécutif était l’instance la plus importante.

Jérusalem avait tenté d’empêcher la participation d’un représentant turc au « Conseil de Paix », mais a manifestement perdu cette bataille, ce qui démontre l’importance d’Ankara aux yeux de Trump. Ce dernier a en effet maintes fois fait l’éloge d’Erdogan, y compris devant Netanyahu, et a salué le succès de la Turquie et du Qatar qui ont persuadé le Hamas d’accepter l’accord de cessez-le-feu en octobre.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’il avait l’intention d’accepter l’invitation de Trump à rejoindre le « Conseil de Paix », tandis qu’en Turquie, un porte-parole d’Erdogan s’est contenté de confirmer qu’il avait été invité à devenir un « membre fondateur » du « Conseil de Paix ».

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré que Le Caire « étudiait » une demande visant à faire participer le président Abdel Fattah al-Sisi à ce panel. Le président argentin Javier Milei a partagé une photo de la lettre d’invitation sur le réseau social X, écrivant qu’il serait « un honneur » de participer à cette initiative.

La lettre était accompagnée de la Charte du « Conseil de Paix », qui ne mentionne nullement le mot « Gaza ».

Ce document exprime le souhait que cet organe remplace au moins partiellement l’ONU, soulignant la nécessité d’un « organe international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace », et ajoutant qu’une paix durable exige « le courage de s’éloigner des institutions qui ont trop souvent échoué ».

Plus tôt ce mois-ci, le Times of Israel rapportait que les États-Unis souhaitaient également utiliser le « Conseil de Paix » pour aider à résoudre d’autres conflits à travers le monde.

Le président américain Donald Trump accueillant le président argentin, Javier Milei, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 octobre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Selon des responsables proches du dossier cités par le Times of Israel, les États-Unis ont l’intention d’organiser la première réunion du « Conseil de Paix » en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, mercredi.

Si la Charte exprime le souhait d’une implication au-delà de Gaza, la résolution du Conseil de sécurité relative au « Conseil de Paix » adoptée le mois dernier limite toutefois son mandat à la bande de Gaza, et ce jusqu’à la fin de l’année 2027 seulement.

Samedi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, ont emboîté le pas à Netanyahu dans sa critique de la composition des différents panels chargés de superviser Gaza.

« Je félicite le Premier ministre pour son importante déclaration. La bande de Gaza n’a pas besoin d’un ‘conseil de gouvernement’ pour superviser sa ‘réhabilitation’ – elle doit être débarrassée des terroristes du Hamas, qui doivent être éliminés, tout en encourageant l’émigration volontaire à grande échelle, conformément au plan initial du président Trump », a écrit Ben Gvir sur X, faisant référence à une proposition présentée en février 2025 visant à relocaliser de manière permanente l’ensemble de la population de Gaza, que Washington a depuis abandonnée.

Des Gazaouis déplacés marchant parmi les décombres dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 janvier 2026. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Ben Gvir a appelé Netanyahu « à ordonner à l’armée israélienne de se préparer à reprendre les combats dans la bande de Gaza avec une force écrasante, afin d’atteindre l’objectif central de la guerre : la destruction du Hamas ».

De son côté, le Jihad islamique palestinien a déclaré être « surpris par la composition du soi-disant ‘Conseil de Paix’ », ajoutant que les membres choisis « répondent aux spécifications israéliennes et servent les intérêts de l’occupation ».

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