Netanyahu fustige ‘l’hypocrisie’ d’Erdogan pour ses critiques sur le mont du Temple
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Netanyahu fustige ‘l’hypocrisie’ d’Erdogan pour ses critiques sur le mont du Temple

Le Premier ministre israélien affirme 'ne pas avoir à recevoir de leçons' du président turc, interpellant le président turc sur son traitement des habitants de Chypre du nord et des Kurdes

Le Premier ministre  Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse avec son homologue géorgien, dans ses bureaux de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit :  Jack Guez/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse avec son homologue géorgien, dans ses bureaux de Jérusalem, le 24 juillet 2017. (Crédit : Jack Guez/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié d’hypocrite le président turc Recep Tayyip Erdogan après que ce dernier a condamné Israël pour un usage excessif de la force dans sa gestion des manifestations autour du mont du Temple.

« Cela serait intéressant de voir ce que pourrait dire Erdogan aux habitants de Chypre du nord ou aux Kurdes. Erdogan est la dernière personne à pouvoir donner des leçons à Israël », a fait savoir le bureau du Premier ministre.

Cette déclaration se référait aux 33 années d’occupation en Chypre du nord et la répression, depuis des décennies, du combat pour l’indépendance de la minorité ethnique kurde en Turquie.

Erdogan avait critiqué, quelques heures auparavant, Israël pour son usage « excessif de la force » contre les fidèles musulmans durant les affrontements qui ont eu lieu à cause des mesures de sécurité adoptées au mont du Temple.

« Les soldats israéliens souillent Al-Aqsa avec leurs bottes de combat en utilisant de simples excuses pour faire couler plus facilement le sang là-bas », a-t-il déclaré lors d’une réunion de sa faction, se référant à la mosquée qui se dresse sur le mont aux côtés du Dôme du Rocher.

Israël a installé des détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple suite à un attentat terroriste commis le 14 juillet, au cours duquel deux policiers ont été tués aux abords du complexe par trois Arabes israéliens qui avaient utilisé des armes à feu qu’ils avaient introduites clandestinement dans le lieu saint.

Suite à l’attaque, Israël avait pris l’initiative rare de fermer le mont du Temple aux fidèles musulmans un vendredi – le jour le plus saint de la semaine dans l’islam – pour chercher d’éventuelles armes sur le site. Ce dernier a été rouvert deux jours plus tard, après l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux entrées du complexe. De tels portiques ne pouvaient auparavant se trouver qu’à la porte Moughrabi, qui est l’entrée pour les visiteurs musulmans.

L’initiative avait suscité la colère des musulmans, qui ont boycotté la prière sur le site pour protester contre les détecteurs de métaux et ont déclenché une série d’affrontements violents avec les forces de sécurité, durant lesquels cinq palestiniens ont été tués.

Les tensions qui entourent le lieu saint ont également été évoquées par des terroristes lors de deux attentats récents, notamment la semaine dernière, par le Palestinien qui a poignardé à mort trois membres de la famille Salomon dans l’implantation de Halamish, en Cisjordanie, alors qu’ils célébraient l’arrivée d’un petit-fils ce Shabbat.

Tard dans la nuit de lundi, des employés israéliens ont ôté les caméras de surveillance ainsi que les détecteurs de métaux qui avaient été installés aux abords du mont du Temple, une tentative visant à apaiser les tensions rampantes qui ont enflammé Jérusalem et la Cisjordanie ces derniers jours. De nouvelles barrières en métal sont toutefois restées en place pour canaliser les visiteurs vers les portes d’entrée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours sur les tensions diplomatiques avec les Pays-Bas, à Istanbul, le 12 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours sur les tensions diplomatiques avec les Pays-Bas, à Istanbul, le 12 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Erdogan a accueilli cette initiative avec satisfaction mais a indiqué que la Turquie n’accepterait pas des mesures qui traitent les musulmans désireux de prier comme des « terroristes ».

« Ce qu’il se passe en ce moment, c’est l’utilisation de la lutte contre le terrorisme comme prétexte pour retirer la mosquée Al-Aqsa des mains des musulmans. Il n’y a aucune autre explication », a-t-il dit.

Pour sa part, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a qualifié dans un communiqué de « hallucinantes, fausses et déformées » les déclarations d’Erdogan, invitant ce dernier à « s’occuper des problèmes de son pays ».

« Jérusalem est une ville dont le gouvernement est attaché à la sécurité, à la liberté de culte et au respect des droits de toutes les minorités », poursuit le communiqué du porte-parole.

« Ceux qui vivent dans des maisons en verre ne devraient pas jeter des pierres », ajoute le communiqué, faisant allusion au traitement des dissidents par le gouvernement turc depuis une tentative de coup d’état en juillet 2016.

Nahshon affirme également que le gouvernement israélien est désireux de protéger la liberté de culte de tous les visiteurs dans les lieux saints de Jérusalem « contrairement au [gouvernants ottomans] dans le passé ».

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