Netanyahu : le Liban doit « respecter son engagement » de désarmer le Hezbollah
Le Premier ministre libanais a déclaré que le groupe terroriste libanais « essayait de se réarmer et de récupérer »
Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que le Hezbollah cherchait à se réarmer et qu’Israël ferait en sorte de l’en empêcher.
« Le Hezbollah ne cesse de se prendre des coups mais il tente aussi de se réarmer et de se rétablir », a déclaré Netanyahu au début du Conseil des ministres.
« Nous attendons du gouvernement libanais qu’il respecte ses engagements, à savoir désarmer le Hezbollah. Mais il est clair que nous exercerons notre droit à l’autodéfense tel que stipulé dans le cessez-le-feu », a-t-il ajouté. « Nous ne laisserons pas le Liban devenir un nouveau front hostile, et nous ferons tout ce qu’il faudra pour cela. »
Dimanche matin, l’armée israélienne a revendiqué la mort de quatre membres de Radwan, la force d’élite du Hezbollah, lors d’une frappe aérienne dans le sud-Liban samedi soir. Un cinquième agent du Hezbollah avait été tué vendredi.
Conformément à l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre dernier, qui a mis fin à plus d’un an d’hostilités, le Hezbollah a dû se retirer du sud-Liban pour y laisser la place à l’armée libanaise.
Après être entré en territoire libanais fin septembre 2024, Israël a également dû se retirer, mais continue de frappe régulièrement ce qu’il qualifie de cibles du Hezbollah qui enfreignent le cessez-le-feu, tout en maintenant une présence militaire en cinq points stratégiques.
Dimanche, l’Égypte a déclaré son soutien à Beyrouth par la voix de son Premier ministre égyptien Mustafa Madbouly, qui a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe à Beyrouth, avec son homologue libanais Nawaf Salam, « nous rejetons toute présence israélienne en territoire libanais et nous vous soutenons quant-aux mesures prises pour stabiliser la situation au Liban ».
Avant cela, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait reproché au président libanais Joseph Aoun de « traîner des pieds » sur la question.
Pour autant, des sources proches de l’armée libanaise ont déclaré à Reuters, la semaine passée, qu’elles avaient dynamité tellement de caches d’armes du Hezbollah qu’elles se trouvaient à court d’explosifs et qu’elles prévoyaient d’achever le ratissage du sud du pays d’ici la fin de l’année.
« Israël est notre ennemi depuis des décennies »
Par ailleurs, des centaines de personnes se sont rassemblées à Nabatieh, dans le Sud-Liban, pour les funérailles de cinq membres du Hezbollah récemment tués.
Selon l’armée israélienne, quatre des agents tués par l’armée israélienne samedi étaient membres de Radwan, l’unité d’élite du Hezbollah, et le cinquième, tué vendredi, était un officier logistique du Hezbollah chargé de rétablir les infrastructures du Hezbollah dans le Sud-Liban.
Les cercueils des hommes étaient ceints du drapeau du Hezbollah et les membres du cortège lançaient des pétales en reprenant le slogan « A mort Israël, à mort l’Amérique ». Présents, des membres du Hezbollah en tenue militaire ont prêté allégeance à Hassan Nasrallah, le chef du groupe tué par Israël en septembre 2024, et au guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei.
Certains d’entre eux tenaient des photos de proches tués par Israël, selon un correspondant de l’AFP.
« C’est le prix que paie le sud au quotidien », a déclaré à l’AFP Rana Hamed, la mère de l’un des cinq hommes tués. « Nous savons qu’Israël est notre ennemi depuis des décennies. »
Le récent conflit entre Israël et le Hezbollah a éclaté le 8 octobre 2023 – un jour après que le Hamas, un autre groupe terroriste soutenu par l’Iran, a envahi le sud d’Israël, ce qui a déclenché la guerre à Gaza – lorsque le groupe terroriste a commencé à attaquer presque chaque jour le nord d’Israël.
Les attaques du Hezbollah ont forcé près 60 000 habitants du nord d’Israël à évacuer les lieux. Afin de garantir leur retour dans de bonnes conditions, en septembre 2024, Israël avait redoublé ses opérations au Liban pour décimer la direction du Hezbollah.
Autrefois parti politique dominant au Liban, le Hezbollah a été gravement affaibli par la guerre contre Israël.
Bien qu’il se soit officiellement engagé à respecter le cessez-le-feu, le Hezbollah précise que son désarmement, tel que mentionné dans le texte de l’accord, ne s’applique qu’au Sud-Liban. Le groupe terroriste a laissé entendre qu’un conflit pourrait éclater si l’État libanais prenait des mesures à son encontre.







