Netanyahu met en garde contre le retour des US dans l’accord sur le nucléaire
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Netanyahu met en garde contre le retour des US dans l’accord sur le nucléaire

A l'approche de l'investiture de Joe Biden, le Premier ministre a salué le travail de l'administration Trump ; le président est sous le feu des critiques après l'assaut du Capitole

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le président américain Donald Trump, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendent à une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 27 janvier 2020. (AP Photo/ Evan Vucci)
Le président américain Donald Trump, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendent à une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 27 janvier 2020. (AP Photo/ Evan Vucci)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué l’administration Trump pour sa politique au Moyen-Orient jeudi, alors que le président américain fait face à une vague de critiques aux Etats-Unis après l’assaut du Capitole par des centaines de ses sympathisants la veille.

« Je veux remercier le président Trump et tous les membres de l’administration pour tout ce que vous avez fait et faites en faveur de la paix. Vous avez fait la différence, accomplissement après accomplissement, intégrant les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan dans le cercle de la paix. Je n’ai aucun doute que d’autres pays arabes et musulmans suivront », a déclaré Netanyahu.

Ces derniers mois, l’administration Trump a négocié des accords de normalisation entre Israël, les EAU, Bahreïn et le Maroc. Le Soudan, qui a récemment connu un changement de régime en faveur d’un gouvernement plus aligné sur les États-Unis, a également accepté de normaliser ses liens avec Israël, bien qu’aucun accord n’ait été signé entre les deux pays.

Le Premier ministre s’est exprimé aux côtés du secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, qui s’est rendu en Israël mercredi et jeudi après une visite au Soudan, où les responsables ont convenu de poursuivre leurs efforts de normalisation des relations avec Israël, et avant de s’envoler pour le Qatar, le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis pour des rencontres.

Netanyahu a réitéré son opposition à ce que les États-Unis rejoignent l’accord nucléaire avec l’Iran, officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, comme le président américain élu Joe Biden a indiqué qu’il comptait le faire si l’Iran se remettait à respecter l’accord.

Le président américain Donald Trump, au centre, avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed Al Khalifa, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison blanche, mardi 15 septembre 2020, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Trump a retiré les États-Unis de l’accord en 2018 – à la demande de Netanyahu – réimposant des sanctions économiques à l’Iran et incitant Téhéran à commencer à violer les termes de l’accord en enrichissant davantage d’uranium et à des niveaux plus élevés. Cette semaine, l’Iran a annoncé qu’il commencerait à enrichir de l’uranium à 20 %, ce qui n’est qu’un petit pas technique par rapport aux 90 % nécessaires pour une bombe nucléaire.

Biden a déclaré que si l’Iran respectait à nouveau les termes de l’accord, il y adhérerait à nouveau, levant ainsi les sanctions économiques écrasantes qui ont ravagé l’économie iranienne ces deux dernières années.

Netanyahu, un opposant acharné de l’accord, a averti que le retour à l’accord entraînerait une nouvelle prolifération nucléaire dans la région. Cette affirmation se fondait sur la critique selon laquelle l’accord nucléaire confère une légitimité au programme nucléaire iranien, en permettant à des éléments de ce programme d’opérer librement après un certain temps, bien que techniquement, l’accord stipule que Téhéran accepte de ne jamais chercher à se doter d’armes nucléaires.

« Si nous revenons au JCPOA, ce qui se passera et ce qui se passe peut-être déjà, c’est que de nombreux autres pays du Moyen-Orient se précipiteront pour se doter d’armes nucléaires. C’est un cauchemar et c’est de la folie. Cela ne devrait pas se produire », a déclaré Netanyahu.

Le Premier ministre a remercié Mnuchin pour son rôle dans l’imposition de sanctions économiques à l’Iran et a appelé à la poursuite de cette stratégie – connue sous le nom de « pression maximale ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) s’adressant aux médias aux côtés du Secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin à Jérusalem, le 7 janvier 2021. (Crédit : GPO)

« Je tiens également à saluer la campagne de pression maximale sur l’Iran. Sous votre direction, le Trésor américain a joué un rôle crucial dans l’application et l’exécution des sanctions contre le régime iranien », a déclaré Netanyahu.

« Il doit être prolongé pour empêcher l’Iran de poursuivre sa campagne d’agression et de terrorisme dans toute la région et pour empêcher l’Iran de se doter d’un arsenal nucléaire », a-t-il ajouté.

Au cours de ses remarques, Netanyahu a également condamné l’assaut mené contre le Capitole américain à Washington, DC, par une foule de loyalistes de Trump qui ont cherché à interrompre la certification de la victoire de Biden aux élections de novembre.

Le Premier ministre a qualifié l’attaque de « scandaleuse » et a déclaré qu’elle était « contraire aux valeurs que nous savons que les Américains et les Israéliens chérissent ».

Les partisans du président américain Donald Trump manifestent dans le Capitole, le 6 janvier 2021, à Washington. (Crédit : ROBERTO SCHMIDT / AFP)

Mnuchin a également condamné l’attaque du Capitole et a indiqué qu’il ne démissionnerait pas de son poste à la lumière de l’attaque du Capitole, que les législateurs républicains et démocrates ont attribué aux encouragements du président, comme l’a fait mercredi le conseiller adjoint pour la sécurité nationale Matt Pottinger.

« La violence qui s’est produite la nuit dernière au Capitole à Washington, DC, était totalement inacceptable. Le temps est venu pour notre nation de s’unir et de respecter le processus démocratique aux États-Unis », a déclaré le secrétaire au Trésor.

« Je suis impatient de retourner à Washington, DC, avec notre travail continu sur la transition », a-t-il ajouté.

Le bureau de Mnuchin a déclaré que lors de sa visite en Israël, il a rencontré Netanyahu et le ministre des Finances Israel Katz pour discuter des opportunités économiques présentées par les accords d’Abraham et de l’amélioration des liens d’Israël avec le Golfe Persique.

Son porte-parole a déclaré que les trois hommes ont également parlé des « questions de sécurité nationale, y compris les efforts de coopération pour lutter contre le financement du terrorisme ».

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