Netanyahu : Moscou n’entravera pas les frappes israéliennes en Syrie
Rechercher

Netanyahu : Moscou n’entravera pas les frappes israéliennes en Syrie

Après avoir passé une journée avec Poutine, le Premier ministre israélien a rappelé "le droit et le devoir" de Jérusalem à faire son possible pour assurer la défense d’Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Netanyahu (à gauche) et le président russe Poutine au Kremlin, le 9 mai 2018 (Amos Ben Gerschom/GPO)
Le Premier ministre Netanyahu (à gauche) et le président russe Poutine au Kremlin, le 9 mai 2018 (Amos Ben Gerschom/GPO)

Au terme d’une visite d’une journée à Moscou, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi soir qu’il n’y avait aucune raison de penser que le Kremlin tenterait de limiter la liberté d’opération d’Israël dans la région, une référence apparente aux frappes que mènerait Israël en Syrie.

A la suite de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, Netanyahu a réitéré la détermination de Jérusalem à continuer d’agir militairement contre l’enracinement progressif de l’Iran en Syrie.

« J’ai dit au président Poutine que c’est notre droit et même notre devoir de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir nos intérêts sécuritaires », a annoncé le Premier ministre aux journalistes au cours d’un bref entretien téléphonique depuis l’aéroport de Moscou, quelques minutes avant de décoller vers Tel Aviv.

Dans le passé, on avait laissé entendre que Poutine chercherait à limiter ou à arrêter entièrement la liberté d’opération d’Israël dans le ciel syrien, mais ces prédictions ne se sont pas réalisées, a dit Netanyahu. « Je n’ai pas de raison de penser que les choses seront différents cette fois-ci ».

Netanyahu a refusé de fournir des détails sur la conversation qu’il a eue avec Poutine, se contentant de déclarer que ses discussions au Kremlin sont toujours « rigoureuses et efficaces ». Il n’a pas souhaité répondre à la question de savoir si Poutine avait demandé à l’armée de l’air israélienne de ne pas violer l’espace aérien syrien, comme le président russe l’a fait le mois dernier, à la suite d’une frappe aérienne attribuée à Israël qui visait des cibles iraniennes dans le pays déchiré par la guerre.

« J’ai dit que nous maintiendrons toujours notre droit et notre devoir à prendre toutes les actions nécessaires pour nous défendre contre l’agression iranienne. Je pense que ce message a été transmis de manière sérieuse, minutieuse et profonde », a-t-il déclaré.

Netanyahu est parti pour Moscou tôt mercredi matin et a passé près de 10 heures en compagnie de Poutine – pour une série de discussions bilatérales mais aussi pour participer à plusieurs événements de célébration du 73e anniversaire de la victoire alliée contre l’Allemagne nazie.

« Nous avons participé à des événements très émouvants – le défilé marque la victoire sur les Nazis et d’autres événements, et bien sûr il y a eu des échanges bons et utiles », a dit Netanyahu.

Dans ses discussions avec Poutine, Netanyahu a détaillé les incroyables découvertes d’Israël sur les archives secrètes des armes nucléaires de l’Iran. Des officiers du renseignement russe vont bientôt se rendre en Israël pour examiner plus en détail les matériaux, a indiqué Netanyahu.

« J’ai souligné l’obligation et le droit d’Israël à se défendre contre l’agression iranienne, menée depuis le territoire syrien. Les Iraniens ont déclaré leur intention de nous attaquer. Ils essaient de transférer des forces et des armes mortelles avec l’objectif explicite d’attaquer l’Etat d’Israël dans le cadre de leur stratégie pour détruire l’Etat d’Israël », a-t-il dit.

« J’ai dit au président Poutine que tout État a le droit, et bien sûr le droit d’Israël, de prendre les mesures nécessaires pour se défendre contre cette agression. Je pense que ces éléments ont été présentés de manière directe et précise. Ces questions sont très importantes pour la sécurité d’Israël en tout temps et tout particulièrement en ce moment ».

Netanyahu a aussi déclaré qu’il était très ému d’être le premier Premier ministre israélien à être invité à participer au défilé du Jour de la Victoire sur la Place Rouge à Moscou, où il a observé, entre autres choses, les équipements militaires que l’armée russe utilise pour soutenir le régime Assad dans sa lutte contre les groupes rebelles syriens.

Le président russe Vladimir Poutine, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahou (à droite) assistent au défilé militaire du Jour de la Victoire sur la Place Rouge à Moscou le 9 mai 2018. La Russie marque le 73e anniversaire de la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. (AFP/Pool/Maxim Shipenkov)

« Assis à côté de moi, entre nous, se trouvait un vétéran qui était parmi les libérateurs d’Auschwitz », a déclaré Netanyahu lors de sa rencontre avec Poutine, se souvenant de sa participation au défilé militaire.

« Nous n’oublierons jamais le sens de votre sacrifice, de ces soldats, avec le demi-million de soldats juifs dans l’Armée Rouge, pour garantir l’avenir de la Russie, de l’humanité et de notre peuple, le peuple juif ».

Le peuple juif n’oubliera jamais non plus la leçon de la Seconde Guerre mondiale quant à la « nécessité de se dresser à temps contre l’idéologie meurtrière, a dit Netanyahu. C’est incroyable, mais 73 ans après l’Holocauste, il y a un pays au Moyen-Orient, l’Iran, qui appelle à la destruction de six millions de Juifs ».

Il a ajouté : la différence est qu’aujourd’hui nous avons un Etat et j’apprécie beaucoup l’opportunité de discuter des problèmes régionaux avec vous, les tentatives comme vous le dites, de résoudre les crises, de lever les menaces d’une manière prudente et responsable ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...