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Netanyahu : Rafah est la clé de la victoire ; le Hamas menace de torpiller les négociations

Washington et de hauts diplomates UE s’inquiètent mais pour le Premier ministre, ne pas procéder à cette opération revient à dire à Israël "perdez la guerre, maintenez le Hamas en place"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des Palestiniens cherchant des survivants après une frappe aérienne israélienne sur un immeuble résidentiel, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 10 février 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)
Des Palestiniens cherchant des survivants après une frappe aérienne israélienne sur un immeuble résidentiel, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 10 février 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté dimanche les nombreux appels lancés à Israël pour qu’il évite de mener une opération militaire à Rafah, alors que l’armée semble prête à se tourner vers la ville la plus méridionale de la bande de Gaza, un objectif crucial dans la guerre puisqu’elle sert de refuge de contrebande pour les groupes terroristes de l’enclave.

Malgré l’inquiétude de nombreux alliés face au risque de carnage dans une ville où vivent plus d’un million de Palestiniens déplacés, le Premier ministre a déclaré lors de l’émission « This Week with George Stephanopoulos », diffusée sur ABC News, que l’incursion est cruciale pour écraser le Hamas, le groupe terroriste palestinien qui dirige Gaza depuis plus de 16 ans.

« Ceux qui disent qu’il ne faut en aucun cas entrer dans Rafah disent en réalité qu’il faut perdre la guerre. Maintenir le Hamas sur place », a-t-il ajouté.

La guerre a éclaté lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 253 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle. La plus jeune victime avait 10 mois tandis que le plus jeune otage a un an.

Rafah est devenu le foyer d’un grand nombre de Palestiniens déplacés, qui ont été poussés vers le sud de la bande de Gaza par la guerre qui dure depuis des mois.

Netanyahu a garanti qu’Israël assurera « un passage sécurisé pour la population civile » avant l’incursion, et a exclu tout risque de « catastrophe ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une discussion et d’un vote sur le budget de l’État, à la Knesset, à Jérusalem, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous sommes en train d’élaborer un plan détaillé pour le faire », a ajouté Netanyahu. « Nous ne sommes pas, nous ne sommes pas cavaliers quant à ce sujet. »

« La victoire est à portée de main. Nous allons y parvenir. Nous allons atteindre les bataillons terroristes restants du Hamas et Rafah, qui est le dernier bastion, mais nous allons y parvenir », a-t-il déclaré.

Toutefois, l’extension de l’opération dans Rafah pourrait compromettre les chances des pourparlers en cours sur la libération des otages en échange d’une trêve.

« Toute incursion terrestre israélienne à Rafah, à la frontière de Gaza, fera ‘échouer’ les négociations sur l’échange d’otages », a déclaré dimanche un haut responsable du Hamas cité par la chaîne de télévision Aqsa, gérée par le groupe terroriste palestinien.

132 des otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.
Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

L’armée a confirmé le décès de 29 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Outre les 132 otages, le Hamas détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.

Un haut responsable de l’administration Biden a déclaré dimanche à NBC News « qu’il y a un fossé grandissant entre les États-Unis et Israël », notamment au sujet d’une éventuelle opération à Rafah.

Les familles des otages détenus par les terroristes du Hamas à Gaza et leurs soutiens pendant une manifestation appelant à leur libération, « Place des Otages », à Tel Aviv, le 10 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)

La Maison Blanche et le Département d’État ont déclaré la semaine dernière qu’ils ne soutiendraient pas une opération de Tsahal dans la ville avant que la protection des civils n’ait fait l’objet d’une planification approfondie.

De hauts diplomates européens ont également exprimé samedi leur inquiétude quant au risque de catastrophe humanitaire à Rafah en cas d’incursion. Netanyahu aurait estimé que, compte tenu de la pression internationale, Israël n’a plus qu’un mois pour mener à bien l’opération, soit avant le mois du Ramadan, qui commence aux alentours du 10 mars et tend à être une période de tensions accrues dans la région.

Le responsable des Affaires étrangères de l’Union européenne, Josep Borrell, a déclaré samedi qu’un assaut sur Rafah serait une « catastrophe humanitaire indescriptible » et a averti qu’il pourrait déclencher de « graves tensions avec l’Égypte ».

« La reprise des négociations pour libérer les otages et suspendre les hostilités est le seul moyen d’éviter un bain de sang », a-t-il écrit sur X.

De la fumée lors de frappes israéliennes sur Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, sur une photo prise à Rafah le 11 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron s’est dit « profondément préoccupé » par la perspective d’une opération militaire israélienne à Rafah.

Sur X, Cameron a déclaré que les combats devaient cesser immédiatement pour que l’aide puisse entrer et que les otages puissent être libérés, et qu’il fallait ensuite « progresser vers un cessez-le-feu durable et permanent ».

La ministre des Affaires étrangères néerlandaise, Hanke Bruins Slot, a déclaré dans deux tweets que la situation dans la ville était « très préoccupante ».

« Il est difficile de voir comment des opérations militaires de grande envergure dans une zone aussi densément peuplée ne conduiraient pas à de nombreuses victimes civiles et à une plus grande catastrophe humanitaire. C’est injustifiable », a-t-elle écrit, ajoutant qu’une trêve suivie d’un cessez-le-feu à long-terme est nécessaire et demandant la libération des otages.

L’opération est davantage compliquée par les préoccupations de l’Égypte, qui craint que les Palestiniens fuyant Rafah ne tentent de passer dans le Sinaï. Le Wall Street Journal a rapporté vendredi que des responsables égyptiens avaient averti que le traité de paix conclu il y a dix ans entre l’Égypte et Israël pourrait être suspendu dans un tel cas.

À LIRE : Clé pour renverser le Hamas, Rafah est un défi bien plus grand que ce qu’il aurait dû être

Alors que les troupes de Tsahal attendaient l’ordre d’opérer sur le terrain à Rafah, les troupes de la 98e division ont continué à combattre le Hamas dans le sud de la bande de Gaza, à Khan Younès, tandis que la 162e division a mené des raids de moindre envergure dans le centre et le nord de la bande de Gaza.

Simultanément, l’armée de l’air et la marine israéliennes ont mené des frappes sur diverses cibles du groupe terroriste palestinien dans la bande de Gaza, a indiqué Tsahal dans un communiqué.

Dans une mise à jour de l’opération terrestre, l’armée a déclaré que la Brigade Nahal a repéré et tué un terroriste du Hamas qui observait les soldats et qui a tiré un missile anti-char vers eux dans le centre de Gaza.

La Brigade Nahal a également dirigé plusieurs autres frappes aériennes sur des sites du Hamas dans le centre de Gaza, dont un entrepôt d’armes, a indiqué Tsahal.

Dans le même temps, à Khan Younès, l’armée a déclaré que la Brigade des Parachutistes et l’unité de commando Egoz ont effectué des raids sur plusieurs sites du Hamas, tuant un certain nombre de terroristes et localisant des armes.

À Khan Younès, la 7e Brigade Blindée a tué plusieurs terroristes armés du Hamas et la 646e Brigade de Parachutistes de réserve a localisé des armes, a indiqué Tsahal.

Toujours à Khan Younès, des frappes aériennes ont été menées contre trois dépôts d’armes et une cellule du Hamas qui avait tiré sur les troupes, a ajouté l’armée.

Tsahal a déclaré que la Brigade Givati a « accentué » les dégâts causés au bataillon occidental du Hamas à Khan Younès, et a renforcé son « contrôle opérationnel » dans cette zone du sud de la bande de Gaza.

Au cours des deux dernières semaines, les troupes de Tsahal ont tué une centaine de terroristes du Hamas lors de combats rapprochés, de bombardements de chars, de tirs de snipers et en faisant appel à des frappes aériennes.

Des images diffusées par Tsahal montrent l’une des frappes aériennes contre trois terroristes du Hamas qui avaient été repérés par les troupes de Givati et qui transportaient un gros engin explosif sur une moto.

Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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