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Netanyahu suggère qu’il y aura des limites aux manifestations anti-gouvernement

Le Premier ministre a insisté sur le fait que la refonte du système judiciaire se fera de manière responsable

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonçant son projet de lutte contre le coût de la vie, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 11 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonçant son projet de lutte contre le coût de la vie, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 11 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu mercredi le projet de refonte du système judiciaire récemment dévoilé par son gouvernement, tout en laissant entendre qu’il pourrait y avoir des limites à la tolérance des protestations contre son gouvernement.

« Nous n’affaiblissons pas le système judiciaire, nous renforçons tous nos systèmes, la démocratie et l’État de droit qui dépendent tous du bon équilibre entre les institutions », a déclaré Netanyahu lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté les plans économiques de sa coalition.

« Cet équilibre que nous trouvons dans tous les pays du monde a été quelque peu rompu, comme vous le savez, en Israël, et nous devons le rétablir de manière responsable et c’est ce que nous ferons », a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la soirée de mercredi, le ministre de la Justice, Yariv Levin, a publié les premiers éléments d’un projet de loi visant à restructurer complètement le système judiciaire, comme annoncé la semaine dernière. Cette refonte accordera au gouvernement un contrôle total sur la nomination des juges, y compris ceux de la Haute Cour, limitera sévèrement la capacité de la Haute Cour à annuler des lois et permettra à la Knesset de légiférer à nouveau sur les lois que la Cour aura invalidées,  avec une majorité de seulement 61 députés sur un total de 120.

Depuis que les réformes prévues ont été annoncées la semaine dernière, les législateurs de l’opposition ont prévenu qu’elles risquaient de bouleverser la démocratie israélienne et ont exhorté les Israéliens à descendre dans la rue pour protester.

Ces appels ont suscité la colère des législateurs de la coalition, dont le député d’extrême-droite Otzma Yehudit, Zvika Fogel, qui a demandé que le leader de Yesh Atid, Yaïr Lapid, et celui du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, soient arrêtés pour trahison – une accusation très grave en Israël.

Le député Zvika Fogel arrivant au Parlement israélien, pour la session d’ouverture de la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mercredi, Netanyahu a de nouveau condamné les remarques de Fogel tout en semblant les assimiler à des pancartes vues lors d’une manifestation anti-gouvernement le week-end dernier, qui comparaient les ministres à des nazis. « Dans une démocratie, on n’arrête pas les chefs de l’opposition. Et dans une démocratie, l’opposition ne traite pas les chefs du gouvernement de nazis, ou le gouvernement élu de Troisième Reich. » Les députés qui s’opposent à la coalition n’ont jamais utilisé un tel langage.

« Je voudrais lancer un appel au calme dans le discours public. L’État ne sera pas détruit, la démocratie ne sera pas oblitérée », a estimé le Premier ministre.

Des panneaux blâmant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, pour des violences politiques et le ministre de la Justice, Yariv Levin, au centre, ainsi que le gouvernement lors d’une manifestation à Tel Aviv, le 7 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« L’essence de la démocratie est que les débats – y compris celui que nous avons aujourd’hui – ne se font pas avec des balles. Ils se décident dans les urnes et lors des votes à la Knesset. Nous pouvons être en désaccord, mais nous devons définir les limites du discours », a-t-il poursuivi, semblant s’inscrire en faux contre la rhétorique utilisée contre son gouvernement.

« Plus que tout, il ne peut y avoir de violence – pas de permis de violence, pas de permis de bloquer les routes ou de mener d’autres actions qui nuisent aux citoyens. »

Ces commentaires sont intervenus alors que Lapid a donné sa première interview mercredi soir depuis qu’il a été remplacé au poste de Premier ministre. Il a repoussé la tentative de Netanyahu de mettre sur le même plan les actions de ceux qui protestent contre le nouveau gouvernement et les remarques faites par les législateurs de la coalition eux-mêmes.

« Je déteste ces comparaisons », a déclaré Lapid à la Treizième chaîne. « Il y a une différence entre ceux qui essaient de piétiner notre démocratie et ceux qui essaient de la protéger. »

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s’exprimant lors d’une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 2 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce qu’ils font en incitant le matin et en demandant le soir à tout le monde de se calmer est une hypocrisie intolérable », a-t-il ajouté.

Lapid, qui est désormais le chef de l’opposition à la Knesset, a dénoncé les remarques de l’ancien député Meretz, Yaïr Golan, qui a appelé à un soulèvement civil contre le nouveau gouvernement. Le leader de Yesh Atid a déclaré que lui et Gantz n’ont pas appelé à une guerre civile, mais qu’ils avaient plutôt averti que les actions du gouvernement pourraient bien en déclencher une.

Lapid a également appelé le président Isaac Herzog à s’exprimer plus clairement contre la réforme judiciaire du gouvernement.

En outre, Lapid a déclaré avoir parlé avec Gantz et les deux hommes ont décidé de ne pas participer à la manifestation prévue samedi à Tel Aviv contre le gouvernement, afin d’éviter une politisation excessive.

Mercredi soir, une poignée de militants du parti de Netanyahu, le Likud, ont manifesté à Tel Aviv devant le domicile de l’ancien président de la Cour suprême, Aharon Barak, qui a mis en garde contre les changements judiciaires prévus dans une série d’interviews télévisées le week-end dernier.

« Vous êtes corrompu, vous êtes à la tête d’une organisation criminelle », peut-on entendre un activiste crier dans un mégaphone sur une vidéo de la manifestation, avant d’accuser les procureurs et le système judiciaire de fabriquer des accusations criminelles contre des politiciens de droite.

Ces affirmations faisaient référence au procès en cours de Netanyahu pour corruption, dans lequel il nie avoir commis des actes répréhensibles. Le Premier ministre a affirmé, sans preuve, que les accusations portées contre lui font partie d’un effort de ses rivaux politiques, des médias, des procureurs et des forces de l’ordre pour le démettre de ses fonctions.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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