Netanyahu tente de bénéficier de crédits d’impôt sur des dépenses personnelles
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Netanyahu tente de bénéficier de crédits d’impôt sur des dépenses personnelles

Benny Gantz renonce, de son côté, à son droit à une résidence en tant que Premier ministre d'alternance ainsi qu'au remboursement des frais induits par son rôle

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 juin 2020. (Crédit : capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 juin 2020. (Crédit : capture d'écran)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherche actuellement à bénéficier d’avantages fiscaux rétroactifs pour une somme atteignant des centaines de milliers de shekels dans le cadre de l’accord d’unité signé avec le Premier ministre d’alternance Benny Gantz, selon des détails de cet arrangement qui ont été présentés dimanche pour approbation devant une commission parlementaire.

Netanyahu tente ainsi de bénéficier de crédits d’impôt sur différentes dépenses personnelles, notamment sur des améliorations qu’il avait apporté à sa voiture, des rénovations effectuées à son domicile privé de Césarée, et autres frais remontant à 2009.

Selon un projet de document, présenté devant la commission des Finances de la Knesset, toutes ces taxes pourront être payées par l’Etat. Elles s’élèveraient à un total de centaines de milliers de shekels.

Gantz, pour sa part, a indiqué à la commission qu’il renonçait à son droit à une résidence officielle, un droit qui lui a été accordé en tant que Premier ministre d’alternance, annonçant qu’il continuerait à vivre dans son domicile privé.

La commission devait approuver les coûts induits par l’accord d’unité, qui a accordé au nouveau poste de Premier ministre d’alternance les mêmes avantages qu’au Premier ministre.

Le leader du parti Kakhol lavan jette un ballon pendant une séance de photos dans son jardin, à Rosh Haayin, le 13 septembre 2019 (Crédit : Oded Balilty/AP)

Le gouvernement d’unité a été critiqué pour avoir placé un fardeau financier supplémentaire sur l’Etat à un moment où l’économie du pays est en grave difficulté, en raison de l’impact de l’épidémie de coronavirus et des mesures de confinement adoptées pour stopper sa propagation.

Le Likud a répondu aux informations portant sur cette clause fiscale en disant que Netanyahu ne réclamait pas davantage que ce qui avait été octroyé aux chefs de gouvernement précédents.

« Le Premier ministre ne réclame aucune faveur », a affirmé le parti dans un communiqué. « La commission des Finances exigera de Netanyahu qu’il s’acquitte de ses impôts exactement comme ont dû le faire les anciens chefs de gouvernement. Il n’y aura pas une loi pour Netanyahu et une autre pour les anciens Premier ministres », ont-ils estimé.

Dans un courrier, Gantz, qui est ministre de la Défense également, a informé le président de la commission Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, qu’il renonçait à « une équipe de collaborateurs, aux dépenses induites par la résidence elle-même et par sa maintenance et aux dépenses relatives à l’hébergement ». Il a ajouté qu’il ne voulait pas non plus profiter des avantages économiques qui étaient proposés pour son épouse et les membres de sa famille, ajoutant qu’il ne demanderait pas davantage que lui soient remboursés les frais de stockage ou de transport de ses objets personnels.

Le chef de l’opposition Yair Lapid à son bureau de Tel Aviv, Israël, le 21 mai 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Le leader de l’opposition, le député Yair Lapid, chef de Yesh-Atid-Telem, a écrit sur Twitter que « la fête aux frais du public continue ».

« Bibi [Netanyahu] et Benny continuent à gaspiller des dizaines de millions de shekels appartenant aux contribuables pour assurer leur confort et maintenir leur hédonisme », a-t-il écrit.

Selon un reportage qui a été diffusé au début du mois par la Treizième chaîne, Netanyahu doit actuellement une somme d’environ 600 000 shekels à l’Autorité fiscale pour la période de 2013 à 2018. Ces dettes concernent des factures de jardinage, d’eau, d’électricité et autres dans son habitation privée de Césarée.

Ces factures fiscales datent d’avant l’adoption d’une loi défendue en 2018 par le parti du Likud du Premier ministre, un texte qui l’exonérait dorénavant du paiement de taxes futures concernant ses domiciles privés. Cette loi avait permis de donner à Netanyahu, qui est l’un des députés les plus riches de la Knesset, une augmentation effective de 200 000 shekels par an.

L’accord de coalition conclu entre Netanyahu et Gantz, après plus d’une année d’impasse politique, a donné lieu au gouvernement le plus large de toute l’histoire d’Israël. Jamais les ministres n’ont été aussi nombreux.

Selon cet accord, le bureau du Premier ministre d’alternance sera occupé par Netanyahu pendant 18 mois puis il sera transféré à Gantz dans le cadre d’un arrangement de partage de pouvoir, qui a été mis en place pour permettre à Netanyahu de conserver le titre de chef du gouvernement même après avoir quitté ce poste.

Gantz prendra alors le contrôle du pays, Netanyahu étant libre de s’occuper des trois dossiers pour corruption dans lesquels il a été mis en examen – son procès a commencé le mois dernier.

Contrairement aux autres ministres, un Premier ministre peut être maintenu à sa fonction même après son inculpation dans des affaires pénales.

Une clause présente dans l’accord d’unité octroie au Premier ministre d’alternance les mêmes avantages que le chef de gouvernement en place en ce qui concerne son bureau, sa sécurité et son lieu de résidence. Les deux parties semblent néanmoins avoir convenu que Netanyahu resterait à la résidence officielle de la rue Balfour, à Jérusalem, même après la rotation – Gantz ayant l’intention de rester à son domicile, situé dans la ville de Rosh Haayin, dans le centre d’Israël.

Au début du mois, des informations parues dans les médias en hébreu ont fait savoir que Gantz devrait bénéficier de la même escorte de sécurité que Netanyahu en raison de son nouveau rôle de Premier ministre d’alternance.

Ces nouveaux arrangements sécuritaires devraient coûter la somme de 23 millions de shekels par an, a annoncé la Douzième chaîne.

Comme le budget de l’Etat actuel n’a pas compris les frais relatifs à cette nouvelle escorte, son financement devra s’effectuer à partir de coupes faites ailleurs, a précisé la chaîne.

Le bureau de Gantz, pour sa part, a nié s’intéresser à de tels arrangements sécuritaires, affirmant ne pas les avoir demandés. Néanmoins, le reportage diffusé par la chaîne a souligné que cette escorte avait accompagné l’octroi de son titre de Premier ministre d’alternance, ce qui nécessite une gestion de la sécurité, par le Shin Bet, identique à celle réservée à Netanyahu, Gantz n’ayant finalement que peu d’influence sur cette décision.

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