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Neuf vautours retrouvés mort – un nouveau coup porté à cette population en péril

L'Autorité de la nature et des parcs soupçonne un empoisonnement après avoir découvert les rapaces à côté d'une carcasse de chèvre, dans le désert de Judée

Des vautours morts dans le désert de Judée suite à ce qui serait, selon l'Autorité de la nature et des parcs, un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2021. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)
Des vautours morts dans le désert de Judée suite à ce qui serait, selon l'Autorité de la nature et des parcs, un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2021. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)

Neuf vautours fauves ont été retrouvés morts, dimanche, dans le désert de Judée. L’Autorité de la nature et des parcs soupçonne un empoisonnement malveillant.

Les corps des rapaces ont été retrouvés dans les secteurs des lits des rivières Kina et Kamrir sur la base d’informations émanant des émetteurs que portaient les oiseaux.

A côté des vautours, une chèvre morte qui aurait été apparemment empoisonnée et mangée par ces oiseaux charognards.

Les rapaces ont été emmenés à l’institut vétérinaire de Beit Dagan, dans le centre d’Israël, pour être autopsiés et des inspecteurs de l’Autorité de la nature et des parcs continuent, pour leur part, à examiner le secteur avec l’aide d’un chien renifleur. Ils ratissent la zone jusqu’à Sde Boker et Hamakhtesh Hakatan (le petit cratère).

Les neuf vautours étaient âgés d’un à 16 ans. Un jeune rapace de trois ans qui se trouvait parmi eux avait déjà été blessé deux fois dans le passé, en Grèce et en Italie.

Une enquête a été ouverte suite à ce grave coup porté à la population des vautours en Israël, d’ores et déjà en péril. Les conclusions des investigations seront transmises à la police israélienne.

Des vautours morts dans le désert de Judée suite à ce qui serait, selon l’Autorité de la nature et des parcs, un empoisonnement malveillant, le 24 octobre 2021. (Crédit : Eyal Ben Giat, INPA)

Le directeur de l’Autorité des parcs et de la nature, Shaul Goldstein, s’est rendu sur le site et il a expliqué que les vautours, dans le pays, vivaient sous la menace des empoisonnements, de l’électrification des fils à haute-tension, de la disparition des habitats et du manque d’eau.

L’Autorité a fait beaucoup pour tenter de protéger la population de vautours fauves, a-t-il ajouté, déléguant même des équipes sur le terrain – principalement formées de bénévoles – pour protéger les œufs de ces rapaces quand ils se trouvent dans les nids.

« Nous patrouillons avec les gardes-frontières, avec la police, nous effectuons de la collecte d’information, nous faisons tout ce qui est possible, en fin de compte – et quelque chose comme cela arrive », a-t-il déploré. « Si des personnes devaient boire de l’eau avec ce poison, elles mourraient immédiatement ».

« Il y a aujourd’hui 200 vautours en Israël environ. Neuf vautours représentent presque 5 % de la population entière de vautours dans le pays. Les empoisonnements continuent et à chaque fois, le choc est le même pour nous », a continué Goldstein. « Mais tant que la loi ne changera pas, il sera très difficile de retrouver les auteurs de ces empoisonnements et, même s’ils sont retrouvés, il reste douteux qu’ils soient poursuivis pour devoir répondre de leurs actes devant la justice ».

Le directeur de l’Autorité de la nature et des parcs Shaul Goldstein sur le site du désert de Judée où neuf vautours ont été retrouvés morts suite à un empoisonnement malveillant présumé, le 24 octobre 2021. (Crédit :INPA)

L’organisation a noté qu’elle allait faire avancer un amendement législatif qui a été proposé par le député du Meretz Mossi Raz, il y a un an, qui faciliterait les poursuites judiciaires pour empoisonnement de la faune sauvage et renforcerait les sanctions appliquées dans ce type de dossier.

Dans de nombreux cas, les vautours sont empoisonnés en mangeant la carcasse d’un prédateur tué par des agriculteurs soucieux de protéger leur bétail. Dans ce cas précis, la chaîne des événements reste indéterminée.

Au début de l’année, environ 20 animaux sauvages – et notamment un Pygargue à queue blanche, une espèce rare et en péril – avaient été retrouvés morts à proximité de Kadita, dans le centre de la Galilée, apparemment empoisonnés à l’aide de pesticides.

Au mois de mai 2019, huit vautours fauves avaient été retrouvés sans vie sur le plateau du Golan suite à un empoisonnement et deux avaient pu être pris en charge – cet incident avait été considéré comme dévastateur pour la survie de l’espèce dans la région. Les oiseaux avaient apparemment mangé une carcasse de vache qui avait été elle-même empoisonnée. Un renard et deux chacals morts avaient aussi été découverts dans le secteur.

Un Vautour fauve en captivité avec un œuf. (Yigal Miller, Direction de la Nature et des Parcs d’Israël)

Ces dernières années, l’Autorité de la nature et des parcs a livré tous les efforts possibles pour conserver et redynamiser la population locale de vautours.

Au mois d’août dernier, elle avait annoncé que cette population avait augmenté à un niveau sans précédent depuis huit ans, même si les vautours étaient encore considérés comme une espèce en péril dans le pays.

Ainsi, les gardes forestiers avaient décompté 206 oiseaux au mois de juin 2021 – contre 146 pendant l’été 2012, un chiffre qui avait été dangereusement bas.

La population des vautours est comptée pendant l’hiver et au printemps dans les zones de reproduction et l’alimentation, dans le cadre d’un projet appelé « Déployer les ailes ».

Cette année, 48 sites de nidification ont été identifiés contre seulement 33 il y a huit ans.

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