Notre voyage à Ryad, « grand pas » pour Israël – représentants juifs américains
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Notre voyage à Ryad, « grand pas » pour Israël – représentants juifs américains

Après leur 1ère visite dans le royaume saoudien, les dirigeants du groupe de coordination des Juifs américains déclarent qu'il s'agit du début d'une "relation longue et productive"

Les membres de la Conférence des présidents : Malcolm Hoenlein (G), Arthur Stark (C) et William Daroff lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 16 février 2020 (Crédit : Avi Hayoun)
Les membres de la Conférence des présidents : Malcolm Hoenlein (G), Arthur Stark (C) et William Daroff lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 16 février 2020 (Crédit : Avi Hayoun)

Les dirigeants de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines ont déclaré dimanche que la visite d’une délégation du groupe de coordination juif américain en Arabie saoudite la semaine dernière représentait un « grand pas en avant » dans le réchauffement des liens du royaume avec Israël.

« Nous venons de rentrer d’un voyage très important en Arabie saoudite. C’était notre premier voyage de ce type dans le royaume, et nous pensons qu’il a été très productif. C’est très encourageant », s’est réjoui le numéro un de la Conférence des présidents, Arthur Stark, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, aux côtés du vice-président exécutif Malcolm Hoenlein et du PDG William Daroff.

Si des délégations de la Conférence des présidents se sont rendus dans un certain nombre de pays arabes, il s’agissait du premier déplacement en Arabie saoudite, et il s’agirait de la première visite officielle d’une organisation juive américaine dans le royaume depuis 1993.

La visite, qui s’est déroulée de lundi à jeudi, comprenait des réunions avec de hauts fonctionnaires saoudiens et avec Mohammed al-Issa, secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale qui a récemment conduit une délégation à Auschwitz. Al-Issa est considéré comme proche de Mohammed ben Salmane, le prince héritier.

Les entretiens entre la délégation de la conférence et les responsables saoudiens ont porté sur la lutte contre le terrorisme et les facteurs d’instabilité au Moyen-Orient. L’Arabie saoudite et Israël partagent une préoccupation commune concernant les activités de l’Iran dans la région et tous deux craignent que Téhéran ne développe un programme d’armes nucléaires.

Soulignant que les réunions en Arabie saoudite étaient officieuses, M. Stark a déclaré dimanche : « Nous avons eu un dialogue ouvert. Nous avons rencontré des responsables de haut niveau et leur avons fait part de nos préoccupations. Ils nous ont fait part de leurs inquiétudes, et nous croyons fermement qu’il s’agit là d’une étape dans une relation longue et productive. »

Jared Kushner aux côtés d’un membre de la délégation saoudienne lors d’une réunion de la Maison Blanche entre le président Donald Trump et le prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie Saoudite, le 20 mars 2018. (Crédit : Kevin Dietsch / Pool / Getty Images via JTA)

« Nous nous sommes beaucoup engagés auprès des États du Golfe durant plusieurs années. Je pense que c’est un grand pas en avant », a-t-il déclaré, ajoutant que « cela reflète d’autres visites que nous avons faites dans des pays du Golfe où l’étreinte d’Israël est clairement déjà là ».

Malcolm Hoenlein, refusant de répondre aux questions destinées à savoir si le voyage reflétait une volonté saoudienne d’accepter le plan de paix récemment publié par le président américain Donald Trump, a suggéré de « lire les feuilles de thé ».

« Cette semaine, le secrétaire Mike Pompeo sera en Arabie saoudite. Vous pouvez lire les déclarations publiques des responsables saoudiens concernant le plan de paix et leurs autres déclarations. Nous espérons donc que les choses vont continuer à évoluer dans une direction qui nous satisfera », a indiqué M. Hoenlein.

Cette visite est le signe de ce qui pourrait être un réchauffement des liens entre certains grands groupes juifs américains et l’Arabie saoudite.

Cette dernière a été critiquée ces dernières années pour sa répression des dissidents. En 2018, des agents saoudiens ont brutalement assassiné Jamal Khashoggi, un résident américain et ressortissant saoudien devenu critique envers le régime, alors qu’il était en visite à Istanbul.

Mais Ryad a également tissé des liens informels plus étroits avec Israël ces dernières années.

En 1993, le Congrès juif américain a envoyé une délégation dans le royaume, alors que le processus de paix d’Oslo était en cours.

Il est peu probable que la visite de la semaine dernière ait eu lieu sans la bénédiction et les encouragements de l’administration Trump et du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, est proche de Ben Salmane. Kushner cherche à faire avancer le plan de paix israélo-palestinien qu’il a dévoilé le mois dernier et qui a été accueilli avec scepticisme par la plupart des pays de la communauté internationale.

Netanyahu est également favorable à ce plan et cherche à se montrer tel un acteur mondial avant les élections en Israël du mois prochain – les troisièmes en moins d’un an.

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