Israël en guerre - Jour 143

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Nouvelles attaques de navires en mer Rouge et au large de l’Inde, Washington accuse l’Iran

Un responsable des Gardiens de la Révolution iraniens a averti que d'autres voies de navigation deviendront impraticables si la guerre entre Israël et le Hamas se poursuit

Une photo du pétrolier Chem Pluto tel qu'il apparaît sur le site Internet du port de Hambourg, en Allemagne, le 23 décembre 2023. (Crédit : Autorisation du port de Hambourg)
Une photo du pétrolier Chem Pluto tel qu'il apparaît sur le site Internet du port de Hambourg, en Allemagne, le 23 décembre 2023. (Crédit : Autorisation du port de Hambourg)

Un navire chimiquier a été touché samedi au large de l’Inde par un « drone d’attaque tiré depuis l’Iran », et deux pétroliers et un destroyer américain naviguant en mer Rouge ont également été visés par des drones lancés par les rebelles Houthis au Yémen, selon l’armée américaine.

L’attaque du chimiquier s’est produite samedi à 10H00 locales (06H00 GMT). Elle a causé un incendie à bord, qui a été éteint, et n’a pas fait de blessé, a indiqué le ministère américain de la Défense. Le navire, le MV Chem Pluto, navigue sous le pavillon du Libéria, appartient à une entreprise japonaise et est opéré par une compagnie néerlandaise, a-t-il précisé.

Selon la firme de sécurité maritime Ambrey, le navire « est affilié à Israël » et navigue entre l’Arabie saoudite et l’Inde, le Wall Street Journal affirmant pour sa part que la compagnie néerlandaise opérant le MV Chem Pluto « est liée au magnat israélien du transport maritime Idan Ofer ».

L’attaque s’est produite en mer d’Arabie, à 200 milles nautiques au sud-ouest du port indien de Veraval, dans l’Etat du Gujarat, ont indiqué Ambrey et l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

La marine indienne a dit avoir dépêché un avion et un navire de guerre pour assister le MV Chem Pluto.

Si la responsabilité de cette frappe n’a pas été établie dans l’immédiat, elle fait suite à une série d’attaques de drones et de missiles menées ces dernières semaines en mer Rouge par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, et en soutien aux terroristes palestiniens du Hamas dans la bande de Gaza.

Un partisan des chiites Houthis, avec une ceinture de munitions placée sur sa tête, assiste à une célébration à Sanaa, au Yémen, le 9 novembre 2019. (Crédit : Hani Mohammed/AP)

En novembre, un cargo israélien avait par ailleurs été endommagé dans l’océan Indien par une attaque de drone, dont Washington a aussi accusé l’Iran.

Deux pétroliers attaqués

Samedi, un pétrolier gabonais battant pavillon indien, le MV Saibaba, a lancé un appel de détresse après avoir été touché en mer Rouge par un drone tiré depuis des zones contrôlées par les Houthis au Yémen, a annoncé le Commandement central américain (Centcom) en précisant qu’il n’y avait pas eu de blessés.

Un autre pétrolier, le MV Blaamanen, battant pavillon norvégien, a également été visé par un drone houthi, qui l’a manqué de peu, a ajouté le Centcom, selon qui il s’agit de la 14e et de la 15e attaque de navires commerciaux par les rebelles yéménites en mer Rouge depuis le 17 octobre.

Et un destroyer américain patrouillant en mer Rouge, l’USS Laboon « a abattu quatre drones aériens sans pilote provenant de zones contrôlées par les Houthis au Yémen qui se dirigeaient » vers le vaisseau américain, a indiqué le Centcom sur X (ex-Twitter), en précisant qu’il n’y avait « ni blessés ni dégâts ».

Ces attaques visant des navires commerciaux depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre ont incité les grandes compagnies maritimes à réorienter leurs navires vers la pointe sud de l’Afrique, malgré les coûts de carburant plus élevés pour des voyages beaucoup plus longs.

Des partisans des Brigades du Hezbollah irakien en uniforme défilent à l’occasion de la Journée d’Al-Qods à Bagdad, en Irak, le 23 juin 2017. (Crédit : Hadi Mizban/AP)

Les Houthis, qui contrôlent des pans entiers du territoire yéménite dont la capitale Sanaa, répètent qu’ils continueront leurs attaques tant que la nourriture et les médicaments ne rentreront pas en quantité suffisante dans la bande de Gaza.

Les Houthis font partie de ce qu’ils appellent « l’axe de la résistance » contre Israël, qui compte d’autres groupes terroristes soutenus par l’Iran, comme le Hamas ou le Hezbollah libanais.

« Fermeture de la Méditerranée »

Samedi, un responsable des Gardiens de la Révolution iraniens, Mohammad Reza Naqdi, a averti que d’autres voies de navigation deviendront impraticables si la guerre entre Israël et le Hamas se poursuit.

« Avec la poursuite des crimes, l’Amérique et ses alliés doivent s’attendre à la naissance de nouveaux pouvoirs de résistance et à la fermeture d’autres voies navigables », a affirmé ce responsable cité par l’agence de presse iranienne Tasnim.

« Ils devront bientôt s’attendre à la fermeture de la mer Méditerranée, de Gibraltar et d’autres voies navigables contre eux », a-t-il dit.

Fichier : Une corvette Saar 5 de la marine israélienne s’approche d’un pétrolier de ravitaillement de la cinquième flotte américaine en mer Rouge, le 5 avril 2022. (Crédit : Armée israélienne)

La mer Rouge est une « autoroute » reliant la Méditerranée à l’océan Indien, et donc l’Europe à l’Asie. Environ 20 000 navires y transitent chaque année via le canal de Suez, ce qui représente environ 40 % du commerce mondial.

La Maison Blanche a accusé l’Iran d’être « très impliqué dans la planification » des attaques des Houthis en leur livrant « des équipements militaires sophistiqués » et une « aide en matière de renseignement », sans laquelle les rebelles yéménites « auraient du mal à repérer et frapper » les bateaux.

L’Iran admet son soutien politique aux Houthis, en guerre depuis 2014 contre le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Mais Téhéran assure ne pas fournir du matériel militaire aux rebelles.

Les Etats-Unis ont annoncé le 18 décembre la formation d’une coalition pour défendre le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, à laquelle se sont ralliés depuis une vingtaine de pays.

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