Nucléaire iranien : Trump maintient la levée des sanctions décidée par Obama
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Nucléaire iranien : Trump maintient la levée des sanctions décidée par Obama

A 2 jours de la présidentielle iranienne, les Etats-Unis ont toutefois décidé de nouvelles sanctions ciblées contre des responsables liés au programme balistique

Le président américain Donald Trump pendant un discours prononcé devant l'assemblée plénière du Congrès juif mondial à New York, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Maison Blanche)
Le président américain Donald Trump pendant un discours prononcé devant l'assemblée plénière du Congrès juif mondial à New York, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Maison Blanche)

Les Etats-Unis vont poursuivre la politique de levée des sanctions contre l’Iran dans le cadre de l’accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran signé en 2015 par Barack Obama et que Donald Trump avait promis de « déchirer ».

A deux jours d’une élection présidentielle en Iran où Hassan Rouhani brigue un second mandat, la diplomatie américaine a annoncé une prolongation de l’allègement des sanctions économiques contre Téhéran tel qu’il est prévu par l’accord international sur le nucléaire du 14 juillet 2015.

En revanche, le Trésor américain maintient une ligne de fermeté et a rendu publiques de nouvelles sanctions ciblées contre des responsables iraniens liés au programme de missiles balistiques.

Pour le nucléaire, l’exécutif américain a informé le Congrès que « les Etats-Unis allaient continuer d’alléger les sanctions comme l’exigent les engagements américains de lever ces sanctions liées au Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) », l’accord mis en œuvre depuis le 16 janvier 2016 entre l’Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique  Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l'UE pour le Service d'action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l'ambassadeur d'Iran à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar/AFP)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l’UE pour le Service d’action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l’ambassadeur d’Iran à l’AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Ce JCPOA prévoit un contrôle international de la nature purement civile et pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions qui ont étranglé l’économie de la puissance régionale.

Même les détracteurs du texte – caciques républicains conservateurs aux Etats-Unis, responsables israéliens ou de pays arabes – ont reconnu que l’Iran avait tenu jusqu’à présent ses engagements. Le mois dernier, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avait admis devant le Congrès que Téhéran avait bien ouvert ses sites nucléaires aux inspections internationales et cessé ses activités d’enrichissement.

Le prédécesseur de Tillerson, John Kerry, architecte de l’accord sur le nucléaire, vient de fonder avec d’anciens conseillers un groupe de pression, Diplomacy Works. Dans un communiqué, l’association a insisté sur « la nécessité de préserver le JCPOA, meilleure solution pour protéger la sécurité et la prospérité de l’Amérique ».

La décision de l’administration du républicain Trump s’inscrit donc dans la continuité de la politique de l’équipe du démocrate Obama qu’elle avait pourtant tant décriée.

Durant sa campagne, le milliardaire avait promis de « déchirer » ce texte négocié pendant des années par les Etats-Unis et l’Iran.

Une fois élu, Donald Trump avait mis de l’eau dans son vin, peut-être sensibilisé à l’équilibre régional entre la République islamique chiite et les monarchies sunnites du Golfe que Barack Obama avait tenté de rétablir.

Le président Trump n’en avait pas moins décrété que l’accord nucléaire était l’un des « pires » jamais signés par Washington.

Le président iranien Hassan Rouhani lors d'une conférence de presse à Téhéran le 17 janvier 2017 pour marquer le premier anniversaire de la mise en œuvre de l'accord nucléaire (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani lors d’une conférence de presse à Téhéran le 17 janvier 2017 pour marquer le premier anniversaire de la mise en œuvre de l’accord nucléaire (Crédit : Atta Kenare/AFP)

La prolongation de l’allègement des sanctions intervient avant la présidentielle iranienne du 19 mai où concourt le sortant Hassan Rouhani, favorable au JCPOA et qui avait amorcé un très timide rapprochement avec Obama.

Mais Téhéran et Washington, qui n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980 dans la foulée de la Révolution islamique, sont de nouveau dans une phase de tensions depuis l’arrivée de Trump au pouvoir. Samedi, jour de la présidentielle iranienne, le président américain commencera d’ailleurs son tout premier voyage à l’étranger, avec une visite en Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et grande rivale sunnite de l’Iran chiite.

Signe des tensions, le Trésor américain a ainsi annoncé simultanément des sanctions ciblées contre « des responsables de la Défense iranienne, une entité iranienne et un réseau basé en Chine », en raison de leurs liens présumés avec le programme de missiles balistiques. En violation de « la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », selon le Trésor.

Pour le département d’Etat, « l’Iran continue de chercher des technologies de missiles capables de transporter une arme nucléaire » et « les Etats-Unis n’accepteront jamais que le régime iranien se dote d’une arme » atomique.

En outre, l’administration Trump a promis de « nouvelles actions » pour répondre aux « atteintes aux droits de l’homme dont l’Iran est tenu pour responsable »

La diplomatie américaine a enfin réaffirmé sa « détermination à contrecarrer les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région, qu’il s’agisse de son soutien au régime [du président syrien Bashar] el-Assad, à des organisations terroristes comme le Hezbollah » chiite libanais ou « à des milices violentes qui fragilisent les gouvernements en Irak et au Yémen ».

Le patron du groupe de pression conservateur Foundation for Defense of Democracies, Mark Dubowitz, s’est félicité de ces nouvelles sanctions, affirmant même dans un communiqué que « le JCPOA ne fonctionnait pas » et que le « régime iranien trichait ».

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