Nucléaire : l’Iran dit « ne pas être obligé » d’admettre l’AIEA sur certains sites
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Nucléaire : l’Iran dit « ne pas être obligé » d’admettre l’AIEA sur certains sites

Le régime iranien estime ne plus être tenu de s'expliquer sur ses agissements dans les années qui ont précédé cet accord historique, aujourd'hui menacé de délitement complet

Kazem Gharib Abadii, l'ambassadeur de l'Iran auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique, AIEA, attend le début d'une réunion du comité des gouverneurs de l'AIEA au Centre international à Vienne, en Autriche, le jeudi 22 novembre 2018. (AP Photo / Ronald Zak)
Kazem Gharib Abadii, l'ambassadeur de l'Iran auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique, AIEA, attend le début d'une réunion du comité des gouverneurs de l'AIEA au Centre international à Vienne, en Autriche, le jeudi 22 novembre 2018. (AP Photo / Ronald Zak)

L’Iran n’a « aucune obligation » d’accorder aux inspecteurs de l’AIEA « l’accès complémentaire » qu’ils demandent sur des sites suspectés d’avoir hébergé des activités nucléaires clandestines dans le passé, a déclaré mercredi l’ambassadeur iranien auprès des organisations internationales en Autriche.

L’ambassadeur Kazem Gharib Abadi a réagi au lendemain d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) faisant état du récent refus de Téhéran de laisser l’agence onusienne inspecter deux sites.

« Toute demande de clarification ou d’accès complémentaire de l’Agence fondée sur (…) les informations fabriquées par des services de renseignement, y compris ceux du régime israélien, (…) ne crée aucune obligation pour l’Iran d’examiner ces demandes », assure-t-il dans un communiqué.

Dans son rapport, consulté par l’AFP, l’AIEA explique que les deux sites inaccessibles comptent parmi un total de trois positions identifiées par l’agence comme posant « un certain nombre de questions en lien avec la possibilité de matériel nucléaire et d’activités nucléaires non déclarés ».

Une source diplomatique a précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’éventuelles activités de l’Iran antérieures à la signature, en 2015, de l’accord international visant à limiter les capacités nucléaires de Téhéran.

Une image satellite de l’installation nucléaire de Fordo en Iran, prise le 15 septembre 2017. (Google Earth)

Le régime iranien estime ne plus être tenu de s’expliquer sur ses agissements dans les années qui ont précédé cet accord historique, aujourd’hui menacé de délitement complet.

L’ambassadeur iranien reproche aux Etats-Unis et au gouvernement israélien d’avoir fourni à l’AIEA des « informations fabriquées », relatives aux sites visées: « Une fois de plus, les régimes américain et israélien tentent de faire pression sur l’Agence pour la faire dévier de ses fonctions statutaires afin de fausser la coopération et les relations proactives et constructives entre l’Agence et l’Iran ».

Dans un entretien à l’AFP mardi, le directeur de l’AIEA avait tiré « la sonnette d’alarme », reprochant à l’Iran son manque de transparence sur ses activités nucléaires passées et exigeant des « clarifications ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente des documents dont il dit qu’ils ont été obtenus par les services de renseignement israéliens à partir des archives sur les armes nucléaires de l’Iran, à Tel Aviv, le 30 avril 2018. (Amos Ben-Gershom (GPO))

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, depuis 2018, plusieurs fois accusé l’Iran, ennemi juré d’Israël, d’avoir dissimulé à la communauté internationale des sites de fabrication d’armes nucléaires affirmant disposer d’archives iraniennes étayant sa dénonciation et transmises à l’AIEA.

Ces crispations sur l’historique du programme nucléaire iranien s’ajoutent à la forte tension autour des activités actuelles du régime.

L’accord de 2015 ne tient plus qu’à un fil depuis que les Etats-Unis l’ont dénoncé unilatéralement en 2018. Téhéran, asphyxié par des sanctions économiques, a riposté depuis mai 2019, en intensifiant sa production de matériel nucléaire, sans visée militaire selon Téhéran.

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