Nucléaire: mise en demeure par Israël, l’AIEA insiste sur son indépendance
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Nucléaire: mise en demeure par Israël, l’AIEA insiste sur son indépendance

Yukiya Amano affirme que l'Agence internationale de l'énergie atomique a jusqu'ici pu mener les inspections "sur tous les sites et lieux qu'elle avait besoin de visiter"

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique AIEA, le Japonais Yukiya Amano, s'exprime lors d'une conférence de presse après une réunion du conseil d'administration de l'Agence au centre international de Vienne, en Autriche, le 4 juin 2018 (Crédit :  Ronald Zak/AP)
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique AIEA, le Japonais Yukiya Amano, s'exprime lors d'une conférence de presse après une réunion du conseil d'administration de l'Agence au centre international de Vienne, en Autriche, le 4 juin 2018 (Crédit : Ronald Zak/AP)

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sommé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de dépêcher des inspecteurs sur un site iranien accusé par Israël d’activités nucléaires illégales, a répliqué mardi que « l’indépendance » du gendarme nucléaire de l’ONU n’était pas négociable.

« Afin de préserver sa crédibilité, l’indépendance de l’agence s’agissant des activités de vérification revêt une importance primordiale », a déclaré le patron de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, dans un communiqué.

Lors de l’assemblée générale de l’ONU, Benjamin Netanyahu avait jeudi accusé l’Iran, cartes à l’appui, d’abriter un « site de stockage atomique secret » à Téhéran et mis au défi M. Amano d’envoyer des équipes pour « inspecter immédiatement ce site avant que les Iraniens ne le vident ».

Sans faire référence explicitement aux mises en cause lancées par le Premier ministre israélien, le communiqué du directeur de l’agence onusienne insiste sur le travail « impartial, factuel et professionnel » mené par l’AIEA en matière de vérification des activités nucléaires.

Benjamin Netanyahu à l’Assemblée générale de l’ONU, le 27 septembre 2018. (Crédit : Stephanie Keith/Getty Images/AFP)

L’AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, est chargée de vérifier que l’Iran respecte ses engagements au titre de l’accord passé en 2015 avec les grandes puissances pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique.

« Les évaluations concernant l’absence de matériels et d’activités nucléaires non déclarés pour l’Iran se poursuivent », écrit encore M. Amano qui ajoute que l’AIEA a jusqu’ici pu mener les inspections prévues par l’accord, « sur tous les sites et lieux qu’elle avait besoin de visiter ».

Israël et les Etats-Unis, qui se sont retirés de l’accord nucléaire en mai, ont plusieurs fois mis en doute la capacité de l’AIEA à inspecter l’ensemble des sites nécessaires.

Toujours sans référence directe aux allégations de M. Netanyahu sur l’existence d’un « site de stockage atomique secret » à Téhéran, Yukiya Amano indique que l’AIEA « ne prend aucune information pour argent comptant » et que « toutes les informations obtenues, y compris celles de tiers, font l’objet d’un examen rigoureux et sont examinées en même temps que les autres informations disponibles pour parvenir à une évaluation indépendante ».

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire âprement négocié par les grandes puissances, l’AIEA a toujours attesté, au fil de ses rapports trimestriels, que l’Iran remplissait ses engagements.

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