ONU : 163 voix contre 5 pour l’Etat palestinien et la fin de « l’occupation »
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ONU : 163 voix contre 5 pour l’Etat palestinien et la fin de « l’occupation »

Un projet de solution à 2 Etats a été adopté en 3e Commission de l'AG parmi d'autres résolutions annuelles pro-palestiniennes qui, selon Israël, montrent un parti pris contre lui

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Sur cette photo des Nations unies, Volkan Bozkir, président de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies, est montré sur des moniteurs vidéo alors qu'il prononce son discours de clôture, le 29 septembre 2020, au siège des Nations unies. (Loey Felipe/UN Photo via AP)
Sur cette photo des Nations unies, Volkan Bozkir, président de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies, est montré sur des moniteurs vidéo alors qu'il prononce son discours de clôture, le 29 septembre 2020, au siège des Nations unies. (Loey Felipe/UN Photo via AP)

NEW YORK – Les Nations unies ont approuvé à une écrasante majorité un projet de résolution en faveur de l’autodétermination des Palestiniens, Israël et les États-Unis ayant voté contre.

La proposition présentée jeudi à la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations unies – la commission qui s’occupe des droits de l’homme et des affaires humanitaires – a été adoptée à 163 voix contre 5, avec 10 abstentions. Le Canada, qui vote généralement aux côtés d’Israël dans ces résolutions, faisait partie de la majorité.

La résolution souligne « le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, y compris le droit à son État indépendant de Palestine » et « insiste sur l’urgence de mettre fin sans délai à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 et de parvenir à un règlement de paix juste, durable et global entre les parties palestinienne et israélienne », sur la base d’une solution à deux États.

Elle fait partie d’un vaste ensemble de 20 résolutions pro-palestiniennes qui sont adoptées par l’Assemblée générale chaque année, ce qui, selon la mission israélienne auprès des Nations unies, prouve depuis longtemps la partialité du forum international.

Outre Israël et les États-Unis, les îles Marshall, la Micronésie et Nauru ont également voté contre la résolution. L’Australie, le Cameroun, le Guatemala, le Honduras, Kiribati, Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Rwanda, le Togo et les Tonga se sont tous abstenus.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël David Friedman (à gauche) et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo ( 2e à gauche) lors d’une visite à la cave viticole de Psagot en Cisjordanie, le 19 novembre 2020. (Département d’État/Twitter)

L’année dernière, le Canada a voté en faveur d’une résolution presque identique, son envoyé justifiant cette démarche comme une réponse à la décision du secrétaire d’État américain Mike Pompeo de rejeter un avis juridique du Département d’État qui considérait les implantations israéliennes comme illégales. Les années précédentes, le Canada avait voté aux côtés d’Israël, mais son refus de le faire pour une deuxième année consécutive indiquait que le vote était une position de principe.

« Le vote du Canada aujourd’hui reflète notre engagement de longue date en faveur du droit à l’autodétermination des Israéliens et des Palestiniens », a déclaré l’envoyé canadien Bob Rae dans un discours à l’Assemblée générale, notant le soutien du projet pour une solution à deux États – un cadre que le gouvernement israélien n’a pas officiellement rejeté.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, a salué ce vote, le qualifiant de « réponse naturelle de la communauté internationale aux violations de l’occupation israélienne, ainsi que de réponse à la visite du secrétaire d’État américain Mike Pompeo dans les colonies israéliennes ».

Jeudi, Pompeo a visité une cave près de l’implantation de Psagot. C’est la première visite de ce type effectuée par un diplomate américain de haut niveau. Il y a annoncé de nouvelles directives américaines exigeant que toutes les exportations américaines en provenance des zones contrôlées par Israël en Cisjordanie soient étiquetées comme « made in Israel », dans un renversement de la politique vieille de plusieurs décennies qui différenciait les deux côtés de la Ligne verte.

Jusqu’à présent, la politique américaine exigeait que les produits fabriqués en Cisjordanie soient étiquetés comme tels. Mais avec les nouvelles règles annoncées par Pompeo, qui, selon lui, sont « conformes à notre approche de politique étrangère basée sur la réalité », tous les producteurs dans les zones où Israël exerce son autorité – notamment la zone C des accords d’Oslo – seront tenus de marquer les produits comme « Israël », « Produit d’Israël » ou « Fabriqué en Israël » lorsqu’ils exportent vers les États-Unis.

Une étiquettes du vin portant le nom du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo attend d’être placée sur une bouteille au domaine viticole de Psagot, dirigé par Yaakov Berg, dans le parc industriel de Shaar Binyamin, près de l’implantation de Psagot, en Cisjordanie, le 18 novembre 2020. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

Pompeo a insisté sur le fait que les Etats-Unis restent engagés à parvenir à une « paix durable » et « continueront à s’opposer aux pays et aux institutions internationales qui délégitiment ou pénalisent Israël et les producteurs israéliens en Cisjordanie par des mesures malveillantes qui ne tiennent pas compte de la réalité sur le terrain ».

La remarque finale de la déclaration semblait viser directement l’Union européenne, qui a mené une politique obligeant les 28 États membres à étiqueter les exportations produites dans les villes israéliennes au-delà de la Ligne verte comme ayant été faites dans les implantations israéliennes.

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