ONU: le Conseil des droits de l’homme crée une commission permanente anti-Israël
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ONU: le Conseil des droits de l’homme crée une commission permanente anti-Israël

"Vous ne pouvez pas être pro-palestinien si vous ne condamnez pas le Hamas", a rappelé Meirav Eilon Shahar; Israël ne coopérera pas avec la commission

Résultat du vote au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour la création d'une "commission d'enquête internationale indépendante et permanente" chargée d'examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l'homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes (Crédit : capture d'écran Twitter)
Résultat du vote au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU pour la création d'une "commission d'enquête internationale indépendante et permanente" chargée d'examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l'homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes (Crédit : capture d'écran Twitter)

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé jeudi de lancer une « commission d’enquête internationale indépendante et permanente » chargée d’examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l’homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes.

La résolution a été adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui avait été demandée par le Pakistan, en tant que coordinateur de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), et les autorités palestiniennes.

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit.

Le texte demande que la commission étudie « toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».

L’enquête doit se concentrer sur l’établissement des faits et collecter les preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et, dans la mesure du possible, identifier les coupables pour qu’ils puissent être jugés.

Meirav Eilon Shahar (Crédit : capture d’écran ministère des Affaires étrangères israélien)

L’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève Meirav Eilon Shahar a rappelé que le groupe terroriste palestinien du Hamas avait « initié ce conflit », ajoutant qu’Israël « a tout fait pour désamorcer les tensions ».

« Vous ne pouvez pas être pro-palestinien si vous ne condamnez pas le Hamas », a-t-elle dit.

La résolution « n’a rien à voir avec la réalité, n’a rien à voir avec les droits et n’a certainement rien à voir avec la promotion du dialogue entre Israël et les Palestiniens », a-t-elle estimé juste avant le vote.

Lors de l’annonce de la réunion, l’ambassadrice d’Israël avait dénoncé une convocation qui « prouve que cette instance a un programme anti-israélien ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fustigé la décision « honteuse » du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Netanyahu a déclaré que l’adoption de la résolution était un autre exemple de « l’obsession flagrante anti-israélienne » du Conseil.

« Une fois de plus, une majorité automatique immorale au Conseil blanchit une organisation terroriste génocidaire qui cible délibérément des civils israéliens tout en transformant les civils de Gaza en boucliers humains », a-t-il écrit sur Twitter, en référence au Hamas.

« Ceci tout en dépeignant comme le ‘coupable’ une démocratie agissant légitimement pour protéger ses citoyens contre des milliers d’attaques à la roquette aveugles. Cette parodie tourne en dérision le droit international et encourage les terroristes du monde entier. »

« La décision ne contient aucune référence à l’organisation terroriste du Hamas et ignore complètement les 4 300 roquettes dirigées contre les citoyens israéliens », a déclaré le ministère des Affaires étrangères israélien dans un communiqué.

Le ministère a qualifié cette décision de « tache morale sur la communauté internationale et l’ONU ».

Le ministère a souligné que l’armée avait agi conformément au droit international lorsqu’elle a défendu ses citoyens, tandis que le Hamas avait tiré des roquettes de façon indiscriminée sur des non-combattants.

« Le véritable objectif de la commission d’enquête est de blanchir les crimes de l’organisation terroriste du Hamas et d’incriminer Israël pour ses actions de défense à l’égard de ses citoyens », a-t-il indiqué.

Le ministère a également indiqué qu’Israël ne coopèrerait pas avec la commission et a remercié les neuf pays qui ont voté contre la décision.

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« Le monde a été mis sens dessus dessous. Au lieu d’entendre le monde libre s’exprimer clairement contre l’organisation terroriste du Hamas et ses dirigeants, qui sont des exemples parfaits de ce que sont des criminels de guerre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU prend une décision inexplicable contre des citoyens israéliens qui ont fait face au tir criminel de milliers de missiles contre des civils innocents », a dénoncé le président israélien Reuven Rivlin dans un communiqué.

« Même après ces décisions malheureuses et inacceptables, Israël continuera à s’engager – toujours et avant tout – pour assurer la sécurité de ses citoyens et garantir leur protection. »

C’est en effet la première fois que le Conseil met sur pied une commission d’enquête avec un mandat sans durée fixée à l’avance.

Le mandat d’autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans.

Certains pays, comme la France (qui s’est abstenue), ont déploré que le mandat de la commission soit « trop large » et son objectif « trop indéterminé », mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

Israël est en effet le seul pays avec un point fixe à l’ordre du jour de chaque session du Conseil, une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient quitté l’organisation. Le nouveau président Joe Biden a fait revenir les Etats-Unis en tant que pays observateur.

Neuf des trente sessions extraordinaires organisées par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU depuis sa création en juin 2006 ont porté sur Israël.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki s’exprime lors d’une conférence de presse organisée par la Geneva Association of United Nations Correspondents (ACANU) le 26 février 2020 au Bureau des Nations unies à Genève. (Photo par Fabrice COFFRINI / AFP)

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki, qui s’est adressé à l’assemblée en ligne, a accusé Israël d’avoir instauré « un régime d’apartheid basé sur l’oppression du peuple palestinien » et son « déplacement forcé ».

Il a revendiqué « le droit (des Palestiniens ndlr) de résister à l’occupation », reprenant un vocable cher au Hamas et a affirmé que « les colons doivent être mis sur la liste des terroristes ».

« Il est clair que la pleine responsabilité de la récente escalade incombe au Hamas. Tout autre pays confronté à des menaces similaires contre ses citoyens aurait répondu comme Israël l’a fait. Le Conseil de sécurité a ignoré le fait que le Hamas a lancé plus de 4 300 roquettes sur des civils israéliens depuis des zones peuplées de Gaza. Ou même que 680 de ces roquettes ont échoué et sont retombées sur Gaza, tuant et blessant des dizaines de Palestiniens. Les membres du Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent condamner le Hamas et exprimer leur soutien au droit d’Israël de défendre ses citoyens. Il doit également appeler au désarmement immédiat du Hamas et veiller à ce que l’assistance envoyée au peuple palestinien ne tombe pas entre les mains de ces terroristes et leur permette de se réarmer, » a déclaré jeudi Noa Furman, représentante permanente adjointe d’Israël à l’ONU au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil des Droits de l’Homme, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza pouvaient constituer des crimes de guerre « s’il s’avère » que les civils ont été touchés « sans distinction ».

Mme Bachelet avait également souligné que les tirs de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas « ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ».

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