ONU : Moscou ne soutient pas le projet français de cessez-le-feu à Alep
Rechercher

ONU : Moscou ne soutient pas le projet français de cessez-le-feu à Alep

Le texte appelle à rétablir un cessez-le-feu afin de permettre un accès humanitaire sans entraves à la population assiégée à Alep

Un Syrien réagit alors que les secouristes recherchent des victimes sous les décombres d'un bâtiment effondré suite à une frappe aérienne sur le quartier rebelle de Sakhur dans la ville du nord, Alep, le 19 juillet, 2016 (Crédit : AFP / Thaer Mohammed)
Un Syrien réagit alors que les secouristes recherchent des victimes sous les décombres d'un bâtiment effondré suite à une frappe aérienne sur le quartier rebelle de Sakhur dans la ville du nord, Alep, le 19 juillet, 2016 (Crédit : AFP / Thaer Mohammed)

La Russie a indiqué lundi qu’elle ne soutenait pas un projet français à l’ONU de résolution sur la Syrie visant à instaurer un cessez-le-feu à Alep, actuellement étudié par les quinze pays du Conseil de sécurité.

« Nous ne soutenons pas, par principe, ce genre de mesures politisées destinées à utiliser le Conseil de sécurité pour accentuer la pression sur la Syrie et la Russie », a affirmé un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par les agences de presse russes, sans dire cependant si Moscou allait mettre son veto.

La ville d’Alep est bombardée sans relâche par le régime syrien et son allié russe depuis l’échec de la trêve prévue par l’accord américano-russe du 9 septembre.

Les 15 membres du Conseil de sécurité pourraient voter cette semaine sur ce texte, obtenu lundi par l’AFP, selon des diplomates.

Il s’agit de la dernière tentative en date pour que Damas et Moscou cessent leurs frappes sur Alep, où le plus grand hôpital de la partie rebelle de la ville a été complètement détruit lundi selon des ONG.

« C’est notre responsabilité de tenter tout ce qui est humainement possible » pour obtenir l’accord du Conseil autour d’un texte qui vise à « mettre un terme au martyre d’Alep », a déclaré à l’AFP l’ambassadeur français à l’ONU François Delattre.

Les cinq membres permanents du Conseil, qui ont un droit de veto (Etats-Unis, Russie, Royaume-uni, France, Chine), se sont déjà réunis vendredi pour discuter de cette proposition.

La Russie a été mise en accusation au Conseil de sécurité pour sa participation au bombardement d’Alep et les relations entre Américains et Russes, qui se rejettent mutuellement la responsabilité de l’échec de la trêve, se sont nettement détériorées.

Le texte appelle à rétablir un cessez-le-feu, conformément à l’accord américano-russe, afin de permettre un accès humanitaire sans entraves à la population assiégée des quartiers rebelles d’Alep, et à interrompre les survols de la ville par des appareils militaires.

Il menace de prendre d’ « autres initiatives » s’il n’est pas respecté mais il n’évoque pas le chapitre 7 de la charte de l’ONU autorisant l’usage de la force et l’adoption de sanctions.

Un « mécanisme de supervision » de la trêve est aussi prévu, auquel participeraient des experts venus de plusieurs des pays membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS).

Le GISS est né à l’automne 2015 à Vienne et se compose de 17 pays et trois organisations multilatérales, soutiens de l’opposition syrienne et du régime de Damas. Ce groupe est co-présidé par les Etats-Unis et par la Russie et comprend aussi l’Iran, l’Arabie saoudite et les puissances européennes.

Les Etats-Unis ont annoncé de leur côté lundi qu’ils interrompaient leurs pourparlers avec la Russie à propos d’un cessez-le-feu en Syrie, même si les deux pays continueront à échanger des informations à travers le mécanisme de « deconfliction » qui vise à éviter un incident entre leurs avions respectifs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...