« Par cet accord, nous plaiderons pour un État palestinien » – Ambassadeur des EAU
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« Par cet accord, nous plaiderons pour un État palestinien » – Ambassadeur des EAU

Dans un journal israélien, l'ambassadeur des EAU aux USA déclare que cet accord fournit à Abou Dhabi des outils "plus puissants" pour promouvoir les droits du peuple palestinien

L'ambassadeur des Émirats aux États-Unis, Yousef al-Otaiba, lors d'un événement avec le président de la Chambre des États-Unis de l'époque, Paul Ryan, à l'Académie diplomatique des Émirats, à Abu Dhabi, Émirats arabes unis, le 25 janvier 2018. (AP Photo / Jon Gambrell)
L'ambassadeur des Émirats aux États-Unis, Yousef al-Otaiba, lors d'un événement avec le président de la Chambre des États-Unis de l'époque, Paul Ryan, à l'Académie diplomatique des Émirats, à Abu Dhabi, Émirats arabes unis, le 25 janvier 2018. (AP Photo / Jon Gambrell)

Dans son deuxième éditorial pour un journal israélien, l’ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis a déclaré que le nouvel accord de normalisation des relations avec Israël permettrait de plaider « directement » pour la cause palestinienne, notamment pour la création d’un État souverain, désormais avec des outils « plus puissants ».

« Comme nous l’avons fait pendant cinquante ans, nous défendrons avec force ces objectifs », a écrit Yousef Al-Otaiba dans son texte pour le Yedioth Ahronoth. « Désormais, nous allons le faire directement, face à face et dotés de mesures incitatives plus fortes, d’options politiques et d’outils diplomatiques.

« Les EAU resteront un partisan ardent et constant du peuple palestinien – de sa dignité, ses droits et son État souverain. Ils doivent bénéficier aussi des avantages de la normalisation », a-t-il écrit.

« Nous avons également fermé la porte à l’annexion et créé une nouvelle dynamique dans le processus de paix », a déclaré Al-Otaiba.

L’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington Yousef al-Otaiba, le 18 septembre 2014. (Site web de l’ambassade des Émirats arabes unis)

Dans son premier éditorial en juin, quelques semaines avant la conclusion de l’accord de normalisation, Al-Otaiba avait mis en garde Jérusalem contre son projet d’annexer unilatéralement des zones de Cisjordanie, affirmant qu’une telle décision détruirait tout espoir de rapprochement entre l’État juif et le monde arabe.

Al-Otaiba était l’un des trois ambassadeurs arabes à assister à la cérémonie de la Maison Blanche au cours de laquelle le président américain Donald Trump a dévoilé son plan de paix pour le Moyen-Orient.

Israël et les EAU ont annoncé la semaine dernière un accord pour l’établissement de relations pleinement normalisées. L’accord fait des Émirats arabes unis le troisième pays arabe, après l’Égypte et la Jordanie, à établir des relations diplomatiques complètes et actives avec Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a démenti les informations selon lesquelles l’accord incluait un feu vert pour que les États-Unis vendent à Abou Dhabi ses avions de combat et drones les plus avancés.

Dans le cadre de l’accord, qui officialise et consolide une relation secrète existante forgée sur l’opposition conjointe à l’Iran, Israël a accepté de suspendre le plan d’annexion d’environ 30 % de la Cisjordanie. Netanyahu a insisté sur le fait qu’il prévoyait toujours de poursuivre ces plans dans le futur, bien que les dirigeants des implantations doutent de cette affirmation.

Vue de l’implantation israélienne d’Ariel en Cisjordanie, le 1er juillet 2020. (Jack Guez / AFP)

Pendant ce temps, selon l’organisation à but non lucratif Ir Amim, les grands projets d’infrastructure dans le couloir E-1 près de Jérusalem sont toujours en cours de réalisation, ce qui pourrait entraver la création d’un État palestinien.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a condamné l’accord de normalisation lors d’une réunion conjointe des dirigeants palestiniens mardi soir, et a exhorté les autres pays à s’en tenir à une proposition de l’Arabie saoudite en 2002 qui conditionne les relations avec Israël à la création d’un État palestinien.

Alors que les responsables des EAU ont toujours décrit leur accord comme une étape vers l’aide à la création d’un État palestinien puisqu’il met fin aux plans d’annexion, Abbas a critiqué ceux pour qui « la question palestinienne commence et se termine par l’annexion ».

Raphael Ahren et Aaron Boxerman ont contribué à cet article.

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