Payer les juifs américains non-orthodoxes pour qu’ils fassent l’alyah ?
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Payer les juifs américains non-orthodoxes pour qu’ils fassent l’alyah ?

L'ancien envoyé aux Etats-Unis Michael Oren a expliqué que les mouvements réformé et conservateur ont échoué à empêcher l'assimilation et veut en faire venir 10 000 par an

Michael Oren lors d'un débat politique à l'Université Hébraïque de Jérusalem, en mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Michael Oren lors d'un débat politique à l'Université Hébraïque de Jérusalem, en mars 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député israélien Michael Oren aurait avancé une proposition visant à payer des milliers de jeunes Juifs non-orthodoxes aux Etats-Unis pour qu’ils immigrent en Israël, expliquant qu’ils sont enclins à l’assimilation.

« Nous devons créer une situation dans laquelle 10 000 Juifs non-orthodoxes immigrent chaque année en Israël », a expliqué Oren au quotidien Makor Rishon dans un article publié vendredi.

Oren, qui a lui-même fait son alyah en provenance des Etats-Unis et qui a été ambassadeur de Jérusalem à Washington, a présenté son plan au Premier ministre avec pour objectif avoué d’empêcher les Juifs d’épouser des non-Juifs, avec des enfants qui seraient éduqués hors du judaïsme.

« Si Israël appréhende avec sérieux sa propre identité en tant qu’Etat-nation du peuple juif, nous avons un intérêt primordial à préserver les Juifs qui se trouvent hors des frontières d’Israël », a dit Oren, ajoutant que les projets actuellement financés par le gouvernement – comme Taglit-Birthright – ne sont pas suffisants.

Interrogé sur l’intérêt qu’il porte aux Juifs non-orthodoxes, le député du parti Koulanou a répondu : « Parce que quelqu’un qui fait son alyah, qui s’établit ici, qui se marie ici et qui fonde une famille sera plus enclin à avoir des enfants Juifs ».

De jeunes adultes juifs venus du monde entier participant au programme Taglit Birthright célèbrent les 10 ans du programme lors d’un événement au Centre de conférence international à Jérusalem (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« C’est également un investissement qui vaut le coup dans la mesure où les immigrants et leurs enfants contribueront à l’économie israélienne en payant des impôts et en faisant leur service militaire au sein de l’armée », a ajouté Oren, vice-ministre de la Diplomatie au bureau du Premier ministre, qui assume également la fonction d’envoyé spécial de Netanyahu sur différents sujets.

Il n’est pas entré dans les détails de son plan mais a précisé qu’il incluait des « incitations financières » qui « coûteraient beaucoup d’argent, mais dont chaque shekel serait utile ».

« Lorsque je me suis installé à Tel Aviv, j’ai rencontré de nombreux jeunes Juifs anglophones qui étaient venus en Israël en raison de la vie agréable dans la ville, pas nécessairement par sionisme ou par rapport à l’identité juive », a-t-il poursuivi.

« Pourquoi ne pas inciter les jeunes Juifs qui débutent dans la vie professionnelle à faire leur alyah ? C’est globalement l’idée ».

Evoquant les mouvements réformé et conservateur, il a déclaré que « ces mouvements ont un objectif, préserver la population juive, son nombre et ses valeurs, au vu des défis du monde contemporain. Au vu des données publiées sur le rythme de l’assimilation, on ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint ».

Interrogé sur le réalisme de son programme, Oran a répondu que « si nous avons fait venir un million de Juifs depuis l’ex-Union soviétique, alors nous réussirons également cette mission ».

Il a ajouté que Netanyahu était « très intéressé » par sa proposition.

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