Pays-Bas : Un rabbin appelle le Premier ministre à s’excuser pour la collaboration avec les nazis
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Pays-Bas : Un rabbin appelle le Premier ministre à s’excuser pour la collaboration avec les nazis

Pour le rabbin Binyomin Jacobs, le temps est venu de présenter des « excuses complètes » pour la collaboration policière dans la traque des Juifs

Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)
Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)

Le Grand Rabbin néerlandais Binyomin Jacobs a appelé le Premier ministre des Pays-Bas à présenter des excuses officielles pour la collaboration des autorités avec l’Allemagne nazie dans l’assassinat des Juifs pendant l’Holocauste.

S’invitant dans un débat polarisant sur cette question dans le royaume, alors que les pays voisins ont tous offert de telles excuses, Jacobs a déclaré dans une interview avec JTA la semaine dernière que, suite à des expressions de regret de certaines unités de l’armée et de la police et d’autres institutions, « il est temps que le chef d’Etat néerlandais présente des excuses complètes ».

Environ 75 % des 140 000 Juifs qui vivaient aux Pays-Bas avant l’Holocauste ont été assassinés par les nazis allemands et leurs collaborateurs locaux dans le génocide : il s’agit du taux de mortalité le plus élevé dans toute l’Europe occidentale occupée par les nazis.

La police néerlandaise sous l’occupation nazie et la compagnie nationale de chemin de fer ont été largement complices dans la traque des Juifs et dans leur transport vers les camps de la mort et de concentration.

Dans le même temps, les Pays-Bas ont abrité un important mouvement de résistance et possèdent le deuxième plus grand nombre mondial de Justes parmi les nations, une appellation réservée pour les non-Juifs qui ont été reconnus par Israël comme ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs de l’Holocauste.

Le pays avec le plus grand nombre de Justes est la Pologne, qui comptait 30 millions de citoyens et plus de trois millions de Juifs pendant l’Holocauste.

Mais le grand nombre de Néerlandais Justes « pourrait tout simplement venir d’une meilleure documentation de ces actions aux Pays-Bas par rapport à d’autres pays », a minimisé Jacobs dans une interview tenue avant une cérémonie organisée ce mois et honorant ses 40 ans de service de la communauté.

La France, la Belgique et le Luxembourg ont officiellement présenté des excuses pour la participation de leurs autorités dans l’anéantissement systémique des Juifs, à l’occasion de déclarations émises respectivement en 1995, 2012 et 2015.

Mais les Pays-Bas, sous le Premier ministre Mark Rutte, ont résisté aux incitations à présenter des excuses, y compris à l’appel du politicien néerlandais Geert Wilders du Parti pour la liberté.

Rutte a cité en 2012 l’absence d’ « informations largement partagées ou objectives » qui mériteraient des excuses.

Un débat public sur la question a commencé avec la publication en 2012 d’un livre de Manfred Gerstenfeld, un chercheur israélien néerlandais né à Vienne travaillant sur l’antisémitisme, et intitulé « Juger les Pays-Bas : le renouveau du processus de restitution de l’Holocauste ».

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