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Pegasus : Salah Hamouri porte plainte en France contre NSO

Hamouri ayant la nationalité française et son téléphone ayant été "infiltré" alors qu'il se trouvait en France, deux organisations estiment la justice française "compétente"

Salah Hamouri. (Crédit : Wikimedia Commons/Alain Bachellier)
Salah Hamouri. (Crédit : Wikimedia Commons/Alain Bachellier)

Le franco-palestinien Salah Hamouri, actuellement détenu par Israël, a déposé mardi une plainte en France contre la société israélienne de cybersécurité NSO pour avoir « illégalement infiltré » son téléphone portable avec le logiciel espion Pegasus.

Condamné début mars à quatre mois de détention administrative par la justice militaire israélienne qui le considère comme une « menace à la sécurité », il figure sur une liste de Palestiniens dont les smartphones ont été infiltrés par le logiciel Pegasus, avaient indiqué en novembre dernier des groupes de défense des droits humains.

Ces organisations avaient mené des tests sur les appareils des membres de six ONG palestiniennes qui venaient d’être placées sur la liste israélienne des groupes terroristes, notamment l’organisation de défense des prisonniers Addameer pour laquelle travaille Hamouri, et avaient conclu que six d’entre eux avaient été infectés par Pegasus.

Mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la ligue des droits de l’Homme (LDH) et Hamouri ont déposé plainte devant la procureure de la république du tribunal judiciaire de Paris contre NSO pour « avoir infiltré illégalement le téléphone du défenseur des droits » Salah Hamouri, ont-ils indiqué dans un communiqué transmis au bureau de l’AFP à Jérusalem.

« Evidemment c’est une opération qui s’inscrit dans un cadre largement politique compte tenu du harcèlement dont fait l’objet Hamouri depuis des années et des atteintes portées vis-à-vis des défenseurs des droits de l’homme en Israël », a déclaré à l’AFP l’avocat Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH.

Les organisations ont porté plainte pour des « délits », tels la « violation de l’intimité et des correspondances » et la « divulgation » sans consentement de données à une tierce partie, en espérant l’ouverture d’une information judiciaire.

M. Hamouri ayant la nationalité française et son téléphone ayant été « infiltré » par Pegasus alors qu’il se trouvait en France, du « 27 avril 2021 au 13 mai 2021 », elles estiment la justice française « compétente » pour juger l’affaire, a précisé M. Baudouin.

Le logiciel d’espionnage Pegasus. (capture d’écran YouTube – The Guardian)

Le groupe NSO a été pointé du doigt en juillet 2021 après des enquêtes publiées par un consortium de médias internationaux révélant que son logiciel Pegasus avait permis d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques, de militants ou de chefs d’entreprises de différents pays, incluant le président français Emmanuel Macron.

M. Hamouri est accusé par Israël d’être membre du Front populaire de libération de la Palestinien (FPLP), organisation terroriste.

l a été une nouvelle fois arrêté le 7 mars à son domicile et condamné trois jours plus tard à quatre mois de détention administrative, une mesure controversée permettant d’incarcérer des suspects sans accusation.

Israël lui a retiré mi-octobre son statut de résident permanent à Jérusalem, ouvrant la voie à son expulsion. Le Quai d’Orsay avait alors affirmé que la France était « pleinement mobilisée » pour qu’il puisse continuer à vivre à Jérusalem.

Hamouri avait été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 pour participation à la tentative d’assassinat du rabbin Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shas.

Il avait été libéré en 2011 peu avant le terme de sa peine dans le cadre d’un échange de prisonniers libérant le soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Né d’une mère française et d’un père palestinien, M. Hamouri est marié à une Française, Elsa Lefort, fille de l’ex-député communiste Jean-Claude Lefort, qui a été interdite de rentrer en Israël en 2016, pour une période de 10 ans.

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