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Salah Hamouri, Franco-Palestinien, à nouveau détenu pour des soupçons de terrorisme

L'avocat, dont les groupes de défense des droits affirment que son téléphone a été piraté par le logiciel espion Pegasus, a publié un éditorial critiquant "l’apartheid israélien"

Salah Hamouri, un Franco-palestinien embrasse son père Hassan chez lui, dans le village de Dahyat al-Barid, près de Jérusalem, en Cisjordanie, après avoir été libéré d'une prison israélienne le 30 septembre 2018. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Salah Hamouri, un Franco-palestinien embrasse son père Hassan chez lui, dans le village de Dahyat al-Barid, près de Jérusalem, en Cisjordanie, après avoir été libéré d'une prison israélienne le 30 septembre 2018. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Un tribunal militaire israélien a condamné jeudi Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, à quatre mois de prison sans inculpation ni procès, affirmant qu’il constituait une menace sécuritaire.

L’homme, 36 ans, a été arrêté lundi et sera placé en détention administrative – une mesure controversée permettant à Israël d’incarcérer des suspects pour une durée de six mois renouvelables indéfiniment sans accusation.

Le tribunal l’a accusé d’être membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et a déclaré qu’il « mettait en péril la sécurité dans la région ».

Le FPLP a été impliqué dans plusieurs attaques mortelles contre des Israéliens et est considéré par Israël, les États-Unis et l’Union européenne comme un « groupe terroriste ».

Un jour avant son arrestation, Hamouri avait publié un éditorial dans le magazine socialiste Jacobin dans lequel il écrivait que « ce que le régime d’apartheid d’Israël a fait vise à me faire taire et à m’encourager à abandonner et à quitter le pays ».

L’année dernière, des organisations de défense des droits humains avaient affirmé que son téléphone portable (ainsi que celui de plusieurs autres militants palestiniens) avait été piraté par le logiciel espion israélien Pegasus de la société NSO.

Hamouri a été arrêté et emprisonné par les autorités israéliennes à plusieurs reprises.

Il avait été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 pour participation à la tentative d’assassinat d’Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shas.

La justice militaire israélienne l’a condamné jeudi à quatre mois de détention car « militant du FPLP, il menace la sécurité de la région », est-il écrit sur son acte d’accusation, consulté par l’AFP.

Le président français Emmanuel Macron a discuté de son cas à plusieurs reprises avec le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu.

Il avait été libéré en 2011 peu avant le terme de sa peine dans le cadre d’un échange de prisonniers libérant le soldat franco-israélien Gilad Shalit. Il a de nouveau été arrêté en 2017 et emprisonné pendant 18 mois sans procès pour des allégations non précisées.

« Le système de détention dans les prisons israéliennes est souvent dur. Les Israéliens tentent tout pour emprisonner notre volonté, pour nous isoler de notre société et de notre famille », avait alors déclaré Hamouri, niant l’association avec le FPLP et la tentative d’assassinat.

Considérée comme attentatoire aux droits fondamentaux par ses détracteurs privant les prisonniers d’une procédure régulière, Israël affirme que la détention administrative permet de mettre à l’écart des individus présumés dangereux, selon ses partisans qui invoquent l’impossibilité, pour des raisons de sécurité, de rendre publiques certaines preuves retenues contre eux.

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