Phrase sur la « fournée » en 2014 : jugement le 29 octobre pour Jean-Marie Le Pen
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Phrase sur la « fournée » en 2014 : jugement le 29 octobre pour Jean-Marie Le Pen

Le terme n'avait "évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles", avait soutenu Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen fondateur du Front national, en conférence de presse à Marignane, le 31 mai 2017. (Crédit : Franck Pennant/AFP)
Jean-Marie Le Pen fondateur du Front national, en conférence de presse à Marignane, le 31 mai 2017. (Crédit : Franck Pennant/AFP)

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 29 octobre sa décision concernant Jean-Marie Le Pen, jugé mercredi en son absence pour provocation à la haine raciale, plus de sept ans après ses propos antisémites sur la « fournée ».

Les avocats ont plaidé dans une atmosphère tendue en l’absence du cofondateur du Front National, 93 ans, et de son co-prévenu l’eurodéputé Jean-François Jalkh, alors directeur de publication du site internet du parti – rebaptisé depuis Rassemblement National (RN).

La chambre de la presse a visionné la vidéo du 366e « journal de bord » de Jean-Marie Le Pen, diffusé le 6 juin 2014 et dans lequel il s’en était pris aux artistes engagés contre le FN, comme Yannick Noah, Guy Bedos et Madonna.

Alors que son interlocutrice lui avançait le nom du chanteur juif Patrick Bruel il avait commenté dans un rire : « Ça ne m’étonne pas. Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois ! »

Ces mots avaient déclenché une pluie de critiques, y compris au sein du FN. « Ne pas avoir anticipé l’interprétation » de cette phrase est une « faute politique », avait taclé sa fille Marine Le Pen, présidente du parti.

Le terme n’avait « évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles », avait soutenu Jean-Marie Le Pen qui, après d’autres déclarations polémiques, avait été exclu de la présidence du parti à l’été 2015.

« Bien sûr, ça n’a rien à voir avec les fours crématoires… de qui se moque-t-on ? » a plaidé Marc Bensimhon, avocat avec Julien Bensimhon du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui avait porté plainte en 2014.

Accolé au nom d’un homme dont les origines juives sont connues, « nécessairement le parallèle est fait par le commun des mortels », a-t-il poursuivi, parlant d’une phrase au « caractère véritablement antisémite ».

Y voyant un exemple du « lexique habituel » de Jean-Marie Le Pen, qui l’a « déjà mené très souvent devant vos juridictions », le procureur a estimé qu’il était « certain » que « l’usage du terme ‘fournée’ n’avait absolument rien d’innocent ». Parlant d’une « grave faute morale », il ne s’est cependant pas prononcé sur la qualification pénale de ces mots.

L’avocat de Jean-Marie Le Pen a dénoncé un « raccourci malhonnête » et un « procédé orwellien ». Il a parlé d’un mot utilisé « au sens figuré » dans le contexte particulier de l’émission hebdomadaire.

S’insurgeant contre une « déviance du raisonnement » sur le thème « il n’est pas coupable, mais il en est capable », Frédéric Joachim a demandé la relaxe pour une homme qui a « terminé sa carrière politique ».

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