Plainte à la CPI : Washington veut sanctionner la mission palestinienne
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Plainte à la CPI : Washington veut sanctionner la mission palestinienne

Un officiel US a déclaré que la tentative palestinienne de saisir la CPI pour crimes de guerre contre Israël pourrait avoir des répercussions sur le statut de l’ambassade de l’OLP

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump (à gauche) est accueilli par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au palais présidentiel dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Thomas Coex/AFP)
Le président américain Donald Trump (à gauche) est accueilli par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au palais présidentiel dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Thomas Coex/AFP)

WASHINGTON — La Maison Blanche envisage une action contre les diplomates palestiniens à Washington après que Ramallah a demandé mardi à la Cour Pénale Internationale (CPI) d’enquêter sur les soi-disant crimes israéliens, a appris le Times of Israël.

Selon une loi américaine adoptée en décembre 2015, l’Autorité palestinienne est sujette à des sanctions si elle engage des poursuites contre des Israéliens à la Cour pénale internationale basée à La Haye. L’une des sanctions comprend la fermeture de leur ambassade aux Etats-Unis, qui est dirigée par l’Organisation de Libération de la Palestine.

« Nous examinons ce dernier développement pour déterminer s’il est nécessaire d’effectuer des changements dans le statut du bureau de l’OLP à Washington D.C., qui a été limité aux activités liées à l’obtention d’une paix globale et durable entre les Israéliens et les Palestiniens depuis novembre 2017 », a déclaré un porte-parole du Conseil de Sécurité Nationale (CSN).

En novembre dernier, le Secrétaire d’Etat américain de l’époque Rex Tillerson a refusé de certifier que les Palestiniens respectaient le mandat du Congrès, entraînant une spéculation forte quant à savoir si le bâtiment palestinien dans le quartier de Georgetown de la capitale fermerait.

La mesure donne au président 90 jours pour décider si les Palestiniens sont impliqués dans des « négociations directes et concrètes avec Israël ».

Si le président américain Donald Trump considère que c’est le cas, les Palestiniens peuvent garder leur bureau. Sinon, il a le droit de le faire fermer.

Le bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, DC, le 21 novembre 2017. (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Les 90 jours sont déjà passés, et si le processus de paix direct entre Israéliens et Palestiniens demeure moribond, l’ambassade palestinienne reste ouverte.

La Maison Blanche a incité mardi les deux camps à reprendre des négociations de paix pour un statut final et a considéré que la saisie du CPI n’aidait pas à obtenir le but ultime d’un arrangement négocié.

« Les Etats-Unis continuent de croire que des négociations directes entre les deux parties sont le seul moyen d’obtenir une paix globale et durable, a dit l’officiel du CSN. Impliquer le CPI ne nous rapproche pas de la paix ».

Lors d’une rencontre avec le procureur en chef du CPI Fatou Bensouda, mardi, le ministre des Affaires étrangères de l’AP Riyad al-Maliki a cité les politiques d’implantations d’Israël avec les récentes violences à Gaza comme la base pour une enquête, la qualifiant de « test » important de responsabilité pour le CPI.

Israël a rejeté la démarche comme étant « cynique » et « absurde ». Les Etats-Unis, dans le même temps, ont défendu les actions militaires d’Israël dans l’enclave côtière comme des mesures nécessaires d’auto-défense.

Depuis que Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël en décembre, les négociations de paix sont au point mort. Le président de l’AP Mahmoud Abbas a refusé de rencontrer les envoyés de Trump et a déclaré que les Etats-Unis ont perdu leur capacité d’agir comme un intermédiaire honnête pour résoudre le conflit.

Les tensions se sont vraiment renforcées la semaine dernière quand les Etats-Unis ont inauguré leur ambassade à Jérusalem alors que les émeutes de la « Marche du Retour » orchestrées par le Hamas se sont déroulées à Gaza. Les forces israéliennes ont tué plus de 60 Palestiniens dans ces affrontements, selon le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas.

Husam Zomlot, envoyé de l’OLP à Washington, s’adresse aux journalistes à Washington le 17 août 2017 (Crédit : Ron Kampeas)

Abbas a rappelé à Ramallah l’ambassadeur palestinien auprès de Washington la semaine dernière dans le sillage de la décision. On ne s’est pas encore si Husam Zomlot est depuis retourné aux Etats-Unis.

Au cours de six dernières semaines, des dizaines de milliers de Gazaouis, avec les encouragements du groupe terroriste du Hamas qui contrôle Gaza, ont conduit des manifestations hebdomadaires à la barrière de la frontière avec Israël. Certains émeutiers ont essayé d’endommager et de traverser la frontière de sécurité pour infiltrer Israël, tandis que d’autres ont lancé des bombes incendiaires et des pierres, et des pneus brûlés.

Le Hamas a reconnu que 50 des 62 victimes de la semaine dernière étaient des membres du groupe terroriste islamiste.

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