Plusieurs dirigeants de l’UE et du P5+1 seraient mécontents de l’accord iranien
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Plusieurs dirigeants de l’UE et du P5+1 seraient mécontents de l’accord iranien

Selon un leader juif americain, des Premiers ministres européens s’opposent à de nombreux éléments de l’accord mais "n'osent pas" le dire publiquement

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique  Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l'UE pour le Service d'action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l'ambassadeur d'Iran à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar/AFP)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l'UE pour le Service d'action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l'ambassadeur d'Iran à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

NEW YORK — Des dirigeans européens ont des réserves et des préoccupations au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien, mais ont suivi avec réticence le leadership enthousiaste de Washington, à en croire Malcolm Hoenlein, le vice président de la Conférence des présidents des Organisations Juives Américaines.

Hoenlein, qui rencontre fréquemment des chef d’Etats du monde entier, a déclaré jeudi lors d’une rencontre avec l’Association des Correspondants Diplomatiques d’Israël qu’il sait en source directe qu’Israël et les Etats du Golfe ne sont pas seuls dans leur appréhension de l’accord sur l’Iran.

Des Premiers ministres européens et des ministres des Affaires étrangères, y compris de pays faisant partie du groupe P5+1 (les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne) qui a négocié l’accord, sont « très mal à l’aise avec cet accord », a-t-il soutenu.

Selon Hoenlein, ces dirigeants lui ont déclaré lors de rencontres privées qu’ils s’opposaient à de nombreux éléments de l’accord mais les Etats-Unis ont pris la tête des opérations et ils ont suivi. « Malheureusement, ils n’ont pas été assez courageux, évidemment, pour le dire lors des négociations », a-t-il déclaré.

« Ce que les Européens disent c’est qu’essentiellement ils ont laissé les Etats-Unis régler la question. Les Etats-Unis ont pris la direction des négociations et ils sont responsables, a-t-il ajouté. Cet accord semble soutenu par tout le monde, mais en privé ils expriment des réserves ».

Malcolm Hoenlein (Photo credit: Yossi Zamir/Flash 90)
Malcolm Hoenlein (Photo credit: Yossi Zamir/Flash 90)
Malcolm Hoenlein, the executive vice chairman of the Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations (photo credit: Yonatan Sindel/Flash90)
Malcolm Hoenlein, le vice president de la Conférence des Présidents (Crédit photo : Yonatan Sindel/Flash90)
Malcolm Hoenlein, le vice president de la Conférence des Présidents (Crédit photo : Yonatan Sindel/Flash90)

Pourtant, Hoenlein explique que l’opposition à l’accord doit être menée très prudemment, de peur qu’elle n’agrandisse les tensions entre Israël et les Etats-Unis.

« Le fait est que cela n’a plus d’importance parce que l’accord est signé, nous devons gérer le fait qu’il existe et il faut être prudent dans la manière de le faire. Nous ne voulons pas une rupture des relations entre les Etats-Unis et Israël là dessus », a-t-il précisé.

Le président américain Barack Obama, dans un discours qu’Hoenlein a qualifié de « très troublant », a déclaré mercredi qu’Israël était le seul pays dans le monde à s’opposer publiquement à l’accord, insistant que le Conseil de Sécurité des Nations Unies l’avait soutenu à l’unanimité.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry est arrivé vendredi dernier pour une visite au Moyen-Orient afin de rassurer les Etats du Golfe qui perçoivent l’Iran comme une menace à la fois contre leur sécurité nationale et la stabilité d’un Moyen-Orient déjà fragile.

Jeudi, le Département d’Etat américain a publié une déclaration expliquant que 10 États membres de l’Asssociation des Nations d’Asie du Sud Est et l’Australie, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Nouvelle Zélande « accueillait » positivement l’accord avec l’Iran à l’occasion d’un sommet international avec la Malaysie.

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