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Plusieurs toiles inédites ou jamais exposées de Marc Chagall vendues aux enchères

Parmi les œuvres, vendue pour la première fois : "Le peintre et les mariés aux trois couleurs", peinture réalisée en 1984, vendue 1,86 million d’euros

« Le peintre et les mariés aux trois couleurs » (1984) de Marc Chagall. (Crédit : Christie’s)
« Le peintre et les mariés aux trois couleurs » (1984) de Marc Chagall. (Crédit : Christie’s)

La maison de vente aux enchères internationale Christie’s a vendu ce mardi 28 juin à Londres 20 œuvres du peintre Marc Chagall – des peintures inédites, jamais exposées ou mises en circulation sur le marché de l’art dans leur grande majorité, qui proviennent de la succession de l’artiste.

La vente, intitulée « Marc Chagall, Color of Life: Works Formerly from the Artist’s Estate », venait ainsi « célébrer le monde enchanteur de Marc Chagall ».

Parmi les œuvres, vendue pour la première fois : « Le peintre et les mariés aux trois couleurs », peinture réalisée en 1984, vendue 1,86 million d’euros (le montant le plus élevé de cette vente).

Sur ce tableau, l’artiste s’est représenté devant une toile sur laquelle des fleurs ont été peintes. Il ne regarde néanmoins pas sa peinture, observant le couple de mariés qui semblent allongés devant lui.

Âgé de 87 ans quand il réalisé cette œuvre, il semblait rendre là un hommage à l’amour, en se rappelant sa relation avec sa première femme qui lui servit de muse.

« Ses peintures sont généralement pleines d’éléments autobiographiques, Marc Chagall disait qu’un artiste doit tout mettre de lui dans son travail », a déclaré Michelle Mc Mullan, spécialiste de l’impressionnisme, commissaire de la vente.

Parmi les autres œuvres vendues : « Le peintre, la mariée et son tableau ou Couple et violoniste » (circa 1970-1975), vendue 1,58 million d’euros ; «
À Vava Chagall, citoyenne d’honneur des Collines à Vence » (1962), vendue 630 000 euros ; ou encore « L’inspiration du peintre au chevalet » (1977), vendue 615 000 euros.

La liste complète des œuvres vendues et leur présentations sont disponibles sur le site de Christie’s.

Christie’s organise également en ligne jusqu’à aujourd’hui une grande vente de 75 lithographies de Marc Chagall.

Une exposition de l’artiste est actuellement organisée au Chambon-sur-Lignon.

Le peintre Marc Chagall en 1969. (Crédit : AP)

Marc Chagall est né à Vitebsk, en Biélorussie en 1887, dans une famille juive modeste et pratiquante. Aîné d’une fratrie de neuf enfants, son enfance heureuse, marquée par l’amour de sa mère, est restée toute sa vie une source d’inspiration pour son œuvre.

Formé à la peinture dès son plus jeune âge, il a étudié à l’école des Beaux-Arts de Saint-Petersbourg, puis auprès du peintre Leon Bakst. C’est à cette époque qu’il a rencontré Bella Rosenfled, le grand amour de sa vie qui fut aussi sa muse. Après un bref passage à Paris, il est retourné avec elle et sa fille à Vitebks, au lendemain de la révolution russe, où il s’est occupé de l’école des Beaux-Arts.

Naturalisé français en 1937, l’avènement du régime antisémite de Vichy et l’Occupation allemande le poussent à l’exil. Il ne reviendra en France qu’en 1948, sans Bella, décédée en 1944. Artiste prolifique jusqu’à la fin de sa vie, Chagall réalise de nombreux décors, dont le célèbre plafond de l’Opéra Garnier et les vitraux de l’église Saint-Étienne de Mayence, en Allemagne. Il s’est éteint en 1985 à Saint-Paul-de-Vence.

Artiste inclassable, il a nourri des influences des « fauves » qu’il a côtoyés à Paris. Chagall est resté toute sa vie profondément inspiré par la communauté juive de son enfance, et les thèmes bibliques au centre de la religion juive innervent l’ensemble de son œuvre, des premières aux dernières années. C’est avec une palette aux couleurs profondes et éclatantes qu’il en propose une interprétation pleine de vie et de poésie. Sous la commande de son ami, le marchand d’art Ambroise Vollard, il s’est lancé dans une illustration de la Bible. À travers cette œuvre monumentale, il a tissé des liens entre le passé et le présent des Juifs d’Europe, victimes des persécutions nazies.

Lorsqu’il délaissait les sujets religieux, Chagall peignait ce qu’il aimait : Bella, sa femme, Paris, sa ville, Vitebsk, ses racines. Son œuvre est avant tout profondément marquée par ce contraste entre ces sujets d’une grande douceur et ceux, beaucoup plus sombres, de la guerre et des persécutions antisémites. Cet oscillation perpétuelle entre la joie et la douleur, le présent et le passé a donné naissance à une œuvre qui ne peut être considérée que dans son ensemble. Le temps, thème essentiel chez Chagall, y dialogue avec le rêve. La couleur, chargée d’émotion et de symbolique, achève de créer le sentiment d’univers magique qui en émane.

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