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« Marc Chagall, d’une rive à l’autre » : Une exposition au Chambon-sur-Lignon

L’évènement, ambitieux, proposera l’accrochage inédit de près d’une quarantaine de toiles, sculptures et dessins originaux issus de collections particulières

Marc Chagall et Bella Rosenfeld-Chagall, dans 'Au-dessus de la ville'. (Crédit : © Adagp, Paris 2017/Site Centre Pompidou)
Marc Chagall et Bella Rosenfeld-Chagall, dans 'Au-dessus de la ville'. (Crédit : © Adagp, Paris 2017/Site Centre Pompidou)

L’exposition « Marc Chagall, d’une rive à l’autre » se tiendra du 16 juin au 2 octobre 2022 au Lieu de Mémoire au Chambon-sur-Lignon.

L’évènement, ambitieux, proposera l’accrochage inédit de près d’une quarantaine de toiles, sculptures et dessins originaux issus de collections particulières, et ayant pour thématique la Bible, la guerre, l’espoir et la vie.

Le commissariat de l’exposition promet ainsi une « plongée dans l’univers magique d’un des plus grands peintres de son temps ».

L’entrée à l’exposition sera gratuite le 16 juin, journée d’ouverture, puis au tarif de 7 €.

Marc Chagall est né à Vitebsk, en Biélorussie en 1887, dans une famille juive modeste et pratiquante. Aîné d’une fratrie de neuf enfants, son enfance heureuse, marquée par l’amour de sa mère, est restée toute sa vie une source d’inspiration pour son œuvre.

Formé à la peinture dès son plus jeune âge, il a étudié à l’école des Beaux-Arts de Saint-Petersbourg, puis auprès du peintre Leon Bakst. C’est à cette époque qu’il a rencontré Bella Rosenfled, le grand amour de sa vie qui fut aussi sa muse. Après un bref passage à Paris, il est retourné avec elle et sa fille à Vitebks, au lendemain de la révolution russe, où il s’est occupé de l’école des Beaux-Arts.

Il y a renoué avec sa culture juive, sujet de nombre de ses toiles. De retour en France en 1925, Chagall s’est imposé comme une figure majeure de l’école de Paris, ce groupe d’artistes étrangers cherchant refuge, inspiration et marchands dans la capitale.

Naturalisé français en 1937, l’avènement du régime antisémite de Vichy et l’Occupation allemande le poussent à l’exil. Il ne reviendra en France qu’en 1948, sans Bella, décédée en 1944. Artiste prolifique jusqu’à la fin de sa vie, Chagall réalise de nombreux décors, dont le célèbre plafond de l’Opéra Garnier et les vitraux de l’église Saint-Étienne de Mayence, en Allemagne. Il s’est éteint en 1985 à Saint-Paul-de-Vence.

Artiste inclassable, il a nourri des influences des « fauves » qu’il a côtoyés à Paris. Chagall est resté toute sa vie profondément inspiré par la communauté juive de son enfance, et les thèmes bibliques au centre de la religion juive innervent l’ensemble de son œuvre, des premières aux dernières années. C’est avec une palette aux couleurs profondes et éclatantes qu’il en propose une interprétation pleine de vie et de poésie. Sous la commande de son ami, le marchand d’art Ambroise Vollard, il s’est lancé dans une illustration de la Bible. À travers cette œuvre monumentale, il a tissé des liens entre le passé et le présent des Juifs d’Europe, victimes des persécutions nazies.

Lorsqu’il délaissait les sujets religieux, Chagall peignait ce qu’il aimait : Bella, sa femme, Paris, sa ville, Vitebsk, ses racines. Son œuvre est avant tout profondément marquée par ce contraste entre ces sujets d’une grande douceur et ceux, beaucoup plus sombres, de la guerre et des persécutions antisémites. Cet oscillation perpétuelle entre la joie et la douleur, le présent et le passé a donné naissance à une œuvre qui ne peut être considérée que dans son ensemble. Le temps, thème essentiel chez Chagall, y dialogue avec le rêve. La couleur, chargée d’émotion et de symbolique, achève de créer le sentiment d’univers magique qui en émane.

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