Pologne : Une Juive gagne son combat contre l’église pour des terres volées
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Pologne : Une Juive gagne son combat contre l’église pour des terres volées

La Cour suprême polonaise a statué en faveur de l'Australienne Ann Drillich, qui affirmait qu'un voisin, qui avait aidé sa mère, avait ensuite trahi sa famille et cédé ses biens

Une image de Tarnow, Pologne (Capture d'écran YouTube)
Une image de Tarnow, Pologne (Capture d'écran YouTube)

La Cour suprême a statué cette semaine en faveur d’une femme juive australienne qui avait porté plainte contre l’église polonaise en raison d’une parcelle de terre qui appartenait à sa famille près de Cracovie et qui, affirmait-elle, avait été volée par des voisins avant d’être cédée à la paroisse catholique de la ville après la Shoah.

La Chambre a confirmé, lundi, un jugement émis il y a six ans en faveur d’Ann Drillich, qui affrontait les autorités religieuses polonaises depuis de nombreuses années.

La famille de Drillich vivait à Tarnow depuis des siècles. Elle a quitté cette ville lorsque l’occupation nazie l’a obligée à rejoindre un ghetto – où tous les membres de la famille sont morts. Toutefois, la mère d’Ann, Blanka, était parvenue à se cacher dans l’habitation de la famille Poetschke pendant toute la guerre. Le fils de la famille, Jerzy Poetschke, a ensuite été reconnu comme Juste parmi les nations.

Après la guerre, Blanka est retournée chez elle mais l’antisémitisme, dans la communauté, est resté fort. Elle est donc partie pour l’Australie, laissant Jerzy Poetschke gérer ses affaires.

Mais Drillich a expliqué que la famille avait découvert, des décennies plus tard, que Jerzy avait trahi leur confiance. Après le suicide de Blanka, il avait vendu une partie des terres et donné l’autre à l’église.

Ann Drillich se battait depuis 2010 pour récupérer ces terres.

L’église n’a cessé de dire que les documents présentés par Drillich, ainsi que ses revendications sur les parcelles, étaient frauduleuses. Elle a aussi fait appel au gouvernement, le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro utilisant ses pouvoirs particuliers pour faire rouvrir le dossier.

Ziobro est membre du parti du Droit et de la Justice, une formation controversée en raison de son attitude à l’égard des antécédents du pays pendant la Shoah, et connu pour encourager l’indignation populaire à l’encontre des Juifs qui réclament de pouvoir récupérer ce qui a été volé à leurs familles pendant le génocide.

Le jugement de lundi est venu conforter un jugement précédent qui avait transféré la propriété des terres à Drillich, fermant le dossier une nouvelle fois et empêchant d’autres demandes de l’église à l’avenir.

Drillich avait expliqué au Guardian, l’année dernière, que sa revendication des terres familiales avait entraîné des abus antisémites répétés de la part de Polonais sur les réseaux sociaux, ainsi que la parution d’informations diffamatoires à son encontre dans les médias locaux. Elle avait toutefois précisé au journal qu’elle ne regrettait pas d’avoir consacré une si grande partie de sa vie, ces dernières années, à ce combat judiciaire.

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