Pompeo : Trump veut arrêter le programme nucléaire iranien via la diplomatie
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Pompeo : Trump veut arrêter le programme nucléaire iranien via la diplomatie

A l'audience de confirmation, le secrétaire d'Etat déclare qu'il n'est « absolument pas » en faveur d'une frappe préventive sur les installations de Téhéran

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Mike Pompeo, directeur de la CIA, témoigne des menaces qui pèsent sur le monde entier lors d'une audience de la commission sénatoriale du renseignement au Capitole à Washington, DC, le 13 février 2018. (Crédit : AFP / SAUL LOEB)
Mike Pompeo, directeur de la CIA, témoigne des menaces qui pèsent sur le monde entier lors d'une audience de la commission sénatoriale du renseignement au Capitole à Washington, DC, le 13 février 2018. (Crédit : AFP / SAUL LOEB)

WASHINGTON — Avec l’échéance auto-imposée du président américain Donald Trump d’amender l’accord nucléaire iranien qui est dans moins d’un mois, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a expliqué aux législateurs du Capitole que l’objectif de l’administration était d’empêcher Téhéran d’acquérir des armes nucléaires par des moyens diplomatiques.

Depuis l’éviction de l’ancien secrétaire d’État Rex Tillerson et de l’ancien conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster, qui ont tous deux encouragé le président à travailler dans le cadre du pacte, des conjectures ont commencé à se répandre sur la manière dont la Maison Blanche envisage d’abroger l’accord.

Ces spéculations se sont encore plus intensifiées par la nomination de leurs remplaçants — Pompeo et l’ancien ambassadeur américain aux Nations Unies John Bolton — connus pour leurs penchants bellicistes.

Mais jeudi matin, Pompeo a cherché à apaiser les inquiétudes selon lesquelles Washington se dirigeait vers une confrontation militaire avec l’Iran. Lors de son audition de confirmation, l’ancien directeur de la CIA a déclaré à maintes reprises aux sénateurs que le but du président était de « régler » l’accord en s’attaquant à « trois défauts » et qu’il préférait le faire par la négociation.

« Il ne fait aucun doute que la politique de l’administration, et mon point de vue, est d’empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire par la diplomatie », a-t-il expliqué.

En octobre dernier, Tillerson a présenté les « trois faiblesses » que Washington veut amender avec le Congrès et ses alliés européens, notamment l’interdiction des essais de missiles balistiques iraniens, l’accès accru des inspecteurs aux sites militaires iraniens et les dispositions sur certaines restrictions sur le programme nucléaire de Téhéran qui expireront dans neuf ans.

En janvier, Trump avait mis en garde que si ces changements n’étaient pas faits avant le 12 mai, l’échéance pour renoncer aux sanctions en vertu de l’accord, il sortirait de l’accord.

Le président américain Donald Trump évoque l’accord sur l’Iran à la Maison Blanche, le 13 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Mais au cours des derniers mois, des rapports ont démontré que les alliés européens de l’Amérique seraient incapables de parvenir à un accord que Trump accepterait avant la date limite de mai.

Quand on lui a demandé ce que l’administration ferait dans si un tel scénario se présentait, Pompeo a répondu : « s’il n’y a aucune chance que nous ne puissions pas le changer, nous allons travailler pour obtenir sur un meilleur accord ».

« Le président a déclaré son objectif », a-t-il ajouté. « Son but est de prendre les trois lacunes qu’il a identifiées et de les réparer. »

Plusieurs sénateurs, démocrates et républicains, ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences du retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord alors que l’Iran était en conformité technique, comme l’a signalé à plusieurs reprises l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

En effet, à un moment de l’audience, Pompeo lui-même a admis « qu’il n’y a aucune preuve qu’ils ne le respectent pas aujourd’hui ». Mais Trump a déclaré que l’Iran violait « l’esprit de l’accord » par son soutien continu aux groupes terroristes et par ses desseins dans la région.

Plus récemment, l’Iran a travaillé pour établir une présence militaire en Syrie pour menacer Israël plus directement.

Trump a également fait valoir que parce que les embargos sur les armes dans l’accord sont basés sur le temps et non sur des conditions, l’Iran est pousser à se conformer pleinement à l’accord et ensuite se précipiter vers la bombe une fois que l’accord expirera.

Pompeo, qui est également un ancien membre du Congrès du Kansas, a, tout au long de sa carrière et dans la vie publique, préconisé une politique iranienne plus agressive. Il s’est opposé avec véhémence à l’accord sur le nucléaire, qui, selon lui, « n’empêcherait pas l’Iran de se doter d’une bombe nucléaire », après sa signature en juillet 2015.

Interrogé jeudi sur le fait qu’il préconisait une frappe préventive sur l’Iran, Pompeo a déclaré : « je ne le préconise pas. Je ne le préconise absolument pas. »

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