Pour la première fois en trois ans, le cabinet approuve un budget d’État
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Pour la première fois en trois ans, le cabinet approuve un budget d’État

Bennett : "Après trois ans de stagnation, Israël se remet au travail" ; Liberman : "La réforme fera baisser le coût de la vie" ; Horowitz a obtenu 2 milliards de plus pour la Santé

Réunion du cabinet pour approuver le budget public, le 2 août 2021. (Crédit : GPO/Amos Ben Gershom)
Réunion du cabinet pour approuver le budget public, le 2 août 2021. (Crédit : GPO/Amos Ben Gershom)

Après des négociations marathon pendant la nuit, le cabinet a voté lundi pour adopter un budget national pour la première fois en trois ans, un budget qui introduira une série de changements profonds dans l’économie et la société israéliennes.

Le Premier ministre Naftali Bennett a salué le budget, dont les négociations avaient constitué un test majeur pour le nouveau gouvernement.

« Après trois ans de stagnation, Israël est de retour au travail », a déclaré le Premier ministre dans un communiqué de son bureau.

« Le budget de l’État pour 2021 sera d’environ 432,5 milliards de shekels (environ 113 milliards d’euros) et d’environ 452,5 milliards de shekels pour 2022 (environ 118 milliards d’euros) », a pour sa part indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.

« Je demande aux membres du gouvernement de prendre la mesure de l’ampleur du moment », a ajouté Bennett. « Après des années de négligence, nous avons produit ce matin le budget le plus audacieux, le plus axé sur la concurrence, le plus utile aux sections les plus faibles [de la société] et le plus soucieux de l’avenir de nos enfants. »

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré que les réformes, qui doivent encore être adoptées par la Knesset, apporteraient des changements tangibles dans la vie de nombreuses personnes.

« Les réformes que nous avons approuvées visent principalement à faire baisser le coût de la vie. Nous avons consacré d’énormes fonds aux infrastructures, aux transports et à l’immobilier, et nous avons mis en œuvre d’importantes réformes qui réduiront la bureaucratie, facilitant ainsi le quotidien de chacun sur le plan professionnel ou privé », a déclaré Liberman dans le communiqué.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministère des Finances Avigdor Liberman en réunion du cabinet pour approuver le budget public, le 2 août 2021. (Crédit : GPO/Amos Ben Gershom)

Dans un développement clé, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz aurait obtenu du ministère des Finances une augmentation de 2 milliards de shekels du financement des soins de santé.

Le ministre de la Santé avait menacé de voter contre le budget si ses demandes n’étaient pas satisfaites.

Horowitz avait précédemment prévenu que le système de santé était « en état de survie et avait besoin d’une transfusion urgente, indépendamment du coronavirus… Il fonctionne en mode d’urgence et il est impossible de continuer ainsi ».

En plus de demander plus d’argent, le ministère de la Santé aurait également insisté pour qu’une réforme prévue sur les importations pour ouvrir le marché ne s’applique pas aux cosmétiques.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz s’exprime lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le projet de réforme de l’agriculture, auquel s’opposaient les agriculteurs, les fournisseurs de produits frais ainsi que certains membres de la coalition, a également constitué une entrave.

Les agriculteurs avaient protesté contre ce projet dimanche devant le ministère des Affaires étrangères où les ministres se réunissaient pour discuter du budget.

Des agriculteurs israéliens manifestent contre la réforme de l’agriculture, à Jérusalem, le 1er août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Parmi les autres réformes importantes figure le repoussement progressif de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, étalé sur une période de 11 ans, à raison de quatre mois par an pendant trois ans et de trois mois par an pendant les huit années suivantes.

Les ministres avaient émis des réserves sur divers aspects du budget.

La ministre des Transports, Merav Michaeli, s’est opposé au projet de taxe d’embouteillage pour les conducteurs entrant dans la zone du Gush Dan, dans le centre du pays, aux heures de pointe, déclarant que les transports publics ne sont pas encore en mesure de prendre le relais si les conducteurs se sentaient obligés de laisser leur véhicule à la maison, a rapporté la Douzième chaîne.

La ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, a prévenu qu’elle ne soutiendrait pas le budget si le ministère des Finances n’accédait pas à sa demande de financement accru pour faire venir les immigrants éthiopiens en Israël.

Après des semaines de discussions, les ministres se sont réunis dimanche matin pour les entretiens précédant le vote.

Au début de la réunion, Bennett a déclaré que le budget « constituera une étape importante pour la stabilité du gouvernement », ajoutant qu’il permettra aux ministres de remplir leurs fonctions sans avoir à s’attirer les faveurs de groupes d’intérêt.

« Cette fois, le budget ne sert pas les intérêts de tel ou tel secteur mais de l’ensemble de l’État d’Israël », a déclaré le Premier ministre. « Ce gouvernement est libre d’agir au nom de l’intérêt général. Nous réduisons la bureaucratie et augmentons la concurrence, pour tout le monde, mais surtout pour les secteurs les plus faibles. Ceux qui gagneront le plus de la concurrence et de la baisse des prix sont les secteurs les plus faibles. »

Les ministres ont poursuivi leurs discussions tout au long de la journée de dimanche jusqu’à 20 heures et, après une pause, les négociations ont continué jusqu’à minuit passé, lorsqu’une nouvelle pause a été décidée alors que Bennett convoquait les chefs de la coalition pour une réunion dans son bureau. Les négociations se sont ensuite poursuivies toute la nuit jusqu’à ce que les accords soient conclus.

Le budget doit maintenant être soumis au vote de la Knesset, où il doit obtenir l’appui d’une majorité d’au moins 61 députés.

Sans une approbation du budget par les élus, la Knesset se dissoudra et de nouvelles élections législatives seront convoquées 90 jours plus tard.

Le budget devra recueillir toutes les voix de la mince coalition pour être adopté, l’opposition d’un seul législateur pouvant le faire tomber. La composition diverse du nouveau gouvernement dirigé par Bennett – il est composé de partis de droite, du centre, de gauche, et arabe – complique l’effort.

Une incapacité à adopter un budget d’État entraînerait la dissolution automatique du gouvernement.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman assiste à une conférence de presse, présentant la nouvelle réforme du secteur agricole, au ministère des Finances à Jérusalem, le 21 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le nouveau budget de l’État prévoit des réformes radicales dans les secteurs de la casheroute et de l’industrie agricole, des taxes élevées sur les articles en plastique jetables et les boissons sucrées, ainsi que des changements considérables dans les politiques d’importation.

Le budget portera également le budget de la défense pour 2022 à 58 milliards de shekels, selon une déclaration du gouvernement la semaine dernière. Cela comprendra une augmentation substantielle – environ 7 milliards shekels, selon le radiodiffuseur public Kan – pour « le réarmement et le renforcement des Forces de défense israéliennes » afin de préparer l’armée à une éventuelle frappe sur l’Iran, selon la déclaration du Premier ministre, du ministre de la Défense et du ministre des Finances.

Le dernier budget d’État approuvé par Israël était celui de 2019, avant que le pays ne s’enlise dans une impasse politique de deux ans. Ce budget avait été adopté en mars 2018.

Dans le gouvernement précédent, le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avait refusé d’adopter un budget – ce qui lui avait permis de convoquer des élections sans que son partenaire de l’époque, le ministre de la Défense Benny Gantz, ne devienne immédiatement Premier ministre par alternance selon les termes de leur accord de rotation.

Liberman a déclaré qu’il pensait que le budget serait adopté, car même la majeure partie de l’opposition ne veut pas d’un nouveau cycle d’élections. Des sources au sein du gouvernement ont discuté avec des membres de la Liste arabe unie au sein de l’opposition afin de négocier un soutien de l’extérieur de la coalition pour le budget, a rapporté Kan dimanche.

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