Le Premier ministre durcit le ton face aux anti-vaccins
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Analyse

Le Premier ministre durcit le ton face aux anti-vaccins

Bennett n'a pas dit ce qui l'a poussé à lancer l'alerte, mais un groupe d'experts estime qu'en vaccinant la moitié de ceux qui ne le sont pas, on freinerait l'augmentation des cas

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz lors d'une conférence de presse dans un centre de vaccination Maccabi à Holon, le 29 juin 2021 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz lors d'une conférence de presse dans un centre de vaccination Maccabi à Holon, le 29 juin 2021 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Pendant des semaines, le gouvernement a eu l’impression d’avoir atteint une sorte de plafond de verre en matière de vaccination. Aujourd’hui, le Premier ministre insiste pour que beaucoup plus d’Israéliens retroussent leurs manches. Pourquoi ce changement ?

Naftali Bennett a surpris l’opinion publique jeudi par ses commentaires tranchants.

Ceux qui ne se vaccinent pas « mettent en danger leur santé, celle de leur entourage et la liberté de chaque citoyen israélien », a-t-il déclaré, avec une fermeté qui a été le plus souvent absente du discours des élus tout au long de la pandémie.

« Chaque citoyen de plus de 12 ans qui n’a pas de raison médicale de ne pas le faire doit aller se faire vacciner », a-t-il dit.

« Un million d’Israéliens refusent de se faire vacciner », a poursuivi Bennett. « Ils mettent en danger toute la population, ils mettent en danger les huit autres millions de citoyens du pays ». Il a ainsi exhorté à la vaccination dimanche.

On ignore ce qui a poussé Bennett à changer de ton, mais il est désormais clair qu’un groupe d’experts influent de l’Université hébraïque a exhorté le gouvernement à la fois à rétablir le Passeport vert – ce qui a été fait – et à recommencer le combat pour que les gens soient vaccinés.

Du personnel médical effectue des tests de dépistage du coronavirus à Jérusalem, le 22 juillet 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Il faut qu’environ la moitié des personnes non vaccinées rejoignent le groupe des personnes inoculées pour que cela fasse vraiment la différence », a déclaré le professeur Nadav Katz, expert en statistiques de l’équipe, expliquant que ses calculs visaient à ramener le taux de transmission, actuellement de 1,4, sous 1.

Ce taux, ou nombre R, est le nombre moyen de personnes qu’une personne malade infecte. En le ramenant sous zéro, le nombre de cas diminue, et n’augmente pas.

« Le Passeport vert est sans aucun doute une mesure positive, et nous pensons que si quelques centaines de milliers de personnes rejoignent le groupe, cela ramènera le nombre R en dessous d’un », a déclaré Katz.

Depuis des semaines, le corps médical appelle à une campagne de vaccination des 200 000 Israéliens âgés qui ne sont toujours pas vaccinés, car ils sont les plus vulnérables face aux maladies graves.

L’équipe de Katz se fait l’écho de cet appel, mais, observant les schémas d’infection actuels, elle s’efforce également de persuader les plus jeunes de se faire vacciner. L’objectif est d’arrêter la propagation du coronavirus, qui, selon l’équipe, est plus rapide que prévu.

Le professeur Nadav Katz, qui dirige la recherche quantique à l’Université hébraïque de Jérusalem, lors d’une conférence à Jérusalem, le 11 décembre 2018. (Crédit : Noam Moreno)

« Aujourd’hui, la majeure partie de la propagation ou de la propagation excessive qui fait passer le R [chiffre] au-dessus de 1 provient des populations plus jeunes, âgées de 12 à 40 ans, qui ne sont pas vaccinées. Nous avons analysé ce qui pousse exactement le R à la hausse, et cela semble être le principal facteur », a déclaré Katz.

Dans son discours, Bennett a attiré l’attention sur la tranche d’âge des 12-30 ans, soulignant qu’il y avait environ 600 000 personnes non vaccinées dans cette tranche d’âge.

Dans un rapport transmis au gouvernement, le groupe de Katz a écrit qu’une campagne de vaccination pour cette tranche d’âge pourrait être essentielle pour garantir que « la rentrée scolaire se déroule comme prévu » le 1er septembre.

Cette logique, selon laquelle l’augmentation de la vaccination est la clé d’une année scolaire calme, a été au centre d’une discussion convoquée par Bennett tard dimanche pour discuter de la rentrée des classes en septembre.

« Nous sommes ici afin d’entendre les plans du ministère de l’Education et du ministère de la Santé sur la manière dont nous allons entamer l’année scolaire de manière ordonnée », a-t-il déclaré. « Notre objectif, comme vous le savez tous, est de ne pas nuire à l’économie, à l’éducation ou à la vie quotidienne. »

« Je dirai que pour atteindre cet objectif, et je pense que cela est maintenant criant dans le monde entier, il est clair que nous devons vacciner la plus grande partie possible du public israélien », a déclaré Bennett.

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