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Interview

Pourquoi un cancérologue a porté plainte contre NYU Langone pour licenciement abusif

Le Dr. Benjamin Neel affirme que son ancien employeur de l’hôpital universitaire a terni sa réputation après l'avoir suspendu puis licencié suite à des publications anti-Hamas

Le Dr. Benjamin Neel en 2019. (Crédit : Autorisation)
Le Dr. Benjamin Neel en 2019. (Crédit : Autorisation)

NEW YORK – En raison de trois publications sur les réseaux sociaux, le Dr. Benjamin Neel, biologiste respecté dans la lutte contre le cancer, affirme qu’il est passé du statut de « maître de science » au centre hospitalier universitaire NYU Langone Health à celui de persona non grata.

Aujourd’hui, Neel intente un procès à l’hôpital new-yorkais qui l’a d’abord suspendu, puis licencié pour avoir prétendument enfreint sa politique en matière de communication sur les réseaux sociaux.

Selon la plainte, NYU Langone Health « s’est débarrassé sans cérémonie du Dr. Neel, un scientifique de renom qui a passé quarante ans de carrière à l’avant-garde de la lutte contre le cancer, sur la base de tweets provenant de son compte de réseaux sociaux, qui mettaient en cause les personnes qui célébraient publiquement la mort d’innocents en Israël ».

Neel, qui est Juif, a déclaré au Times of Israel que sa vie a été bouleversée depuis qu’il a poursuivi l’hôpital en novembre dernier pour licenciement abusif, représailles et application du « deux poids deux mesures ». Il réclame 500 000 dollars de dommages et intérêts.

« Un peu plus de deux semaines avant le licenciement, le doyen et PDG Robert L. Grossman chantait mes louanges pour avoir transformé le centre de cancérologie et pour être un scientifique extrêmement rigoureux et accompli dont le travail avait conduit à des essais cliniques de médicaments contre le cancer », a indiqué Neel, 68 ans, lors d’une interview réalisée par Zoom depuis son domicile.

« Ensuite, la même direction m’a démis sans cérémonie de mes fonctions de directeur du centre, a fait de moi une personne quasi inexistante à l’Université de New York [NYU], et tente de détruire ma réputation et ma carrière. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette situation a été extrêmement stressante à bien des égards : émotionnellement, physiquement, socialement et professionnellement », a-t-il déclaré.

Des étudiants de l’Université de New York tenant une pancarte « Désinvestissement » lors d’une manifestation pour la journée d’action nationale de Students for Justice in Palestine, au parc Washington Square, à New York, le 25 octobre 2023. (Crédit : Ed Jones/AFP)

Steve Ritea, directeur principal des relations avec les médias de NYU Langone Health, a refusé de réagir à cette affaire, invoquant un litige en cours. Un article paru en février dans le New York Times citait un dossier juridique datant de janvier dans lequel l’école de médecine de NYU déclarait que Neel avait « fait preuve d’un très mauvais jugement en partageant insidieusement des messages offensants sur le plan racial et ethnique sur les réseaux sociaux sans se soucier de l’impact potentiel sur les autres ».

Un enfer kafkaïen

L’affaire a commencé lorsque Neel a publié sur son compte privé X des caricatures politiques sur la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Neel a déclaré que ces dessins dénonçaient ceux qui célébraient l’assaut barbare mené par le Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël et mettaient en doute la possibilité d’une solution à deux États sous la direction du groupe terroriste palestinien. Lors de ce massacre, près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été sauvagement massacrées et 253 autres ont été enlevées et emmenées de force dans la bande de Gaza.

Le Dr. Benjamin Neel, en 2022. (Crédit : Autorisation)

L’une des publications de Neel montrait des manifestants brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « J’aime le Hamas » et « La décapitation, c’est de la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes anti-Israël] ». Il a également reposté une photo d’une manifestation à Brooklyn où un manifestant brandissait un drapeau symbolisant à la fois les droits des personnes LGBTQ+ et la Palestine, avec le commentaire suivant : « un oxymore ». Une autre caricature qu’il a repartagée montrait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en train de négocier avec un terroriste du Hamas qui tenait un papier sur lequel était écrit : « exigez la mort de tous les Juifs ».

Neel a été suspendu le 31 octobre, puis licencié le 10 novembre.

La plainte allègue également que l’hôpital a fait preuve d’une politique du « deux poids, deux mesures » lorsqu’il a décidé de licencier Neel.

Le Dr. Zaki Masoud, résident à l’hôpital NYU Langone Winthrop à Mineola, Long Island, a été suspendu la même semaine que Neel pour avoir publié un message sur Instagram célébrant les atrocités du Hamas comme une « libération », une « révolution » et une « décolonisation ».

Pourtant, alors que l’hôpital a finalement licencié Neel, Masoud aurait été réintégré.

Masoud n’a pas pu être joint pour un commentaire.

Selon la plainte déposée par Neel, NYU Langone a réintégré Masoud « subrepticement » par crainte d’un « contrecoup pro-palestinien » et en raison d’une pétition qui a recueilli plus de 99 000 signatures.

Litiges en suspens

Alors que le procès de Neel suit son cours, il reste professeur titulaire à la faculté de médecine de l’Université de New York. Il a toutefois été licencié de son poste de directeur du centre de cancérologie de la NYU, selon la lettre de licenciement du 10 novembre. En outre, le licenciement a eu des répercussions sur son laboratoire, puisque NYU Langone Health a supprimé 500 000 dollars de soutien financier alloué à ce dernier.

Tout cela a eu un impact négatif sur ses perspectives professionnelles, a expliqué Neel.

« Parce qu’ils ont terni ma réputation, j’ai perdu deux emplois de consultant et un célèbre collègue d’un grand centre de Boston m’a dit que j’étais ‘radioactif' », a-t-il déclaré.

Neel s’est dit préoccupé par l’effet de cette affaire sur le personnel de son laboratoire. « Je suis sûr qu’ils sont inquiets à l’idée qu’une autre hache va tomber. Mais je ne saurais trop les féliciter pour leur professionnalisme et leur soutien mutuel, ainsi que pour le soutien qu’ils m’apportent et qu’ils apportent au laboratoire. »

Selon la plainte, l’Université de New York a non seulement licencié Neel à tort, mais elle a également exercé des représailles à son encontre en lançant une enquête pour déterminer s’il avait commis une faute académique dans un document de recherche datant de 2019. Neel, qui avait un rôle de supervision dans le papier en question, était listé comme co-auteur. Neel affirme avoir porté ces préoccupations à l’attention de l’Université de New York dès qu’elles sont apparues début 2023, ajoutant que c’était son collègue qui avait mené la recherche et préparé les données.

Parallèlement, alors qu’il s’efforce de remettre de l’ordre dans sa vie professionnelle, Neel affirme s’en tenir au contenu de ces trois messages.

« Je pense que la seule position morale est de confronter ceux qui célèbrent le meurtre, le viol, la mutilation, la souillure et l’enlèvement de citoyens israéliens innocents – et de citoyens américains et autres, y compris des musulmans », a souligné Neel.

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