Premier entretien entre Gantz et Mark Esper, chef de la Défense américaine
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Premier entretien entre Gantz et Mark Esper, chef de la Défense américaine

Au menu de cet entretien téléphonique entre le ministre israélien de la Défense et son homologue américain : l'Iran, les "inquiétudes régionales" et les achats israéliens d'armes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, droite, rencontre le chef d'Etat major de l'armée Aviv Kohavi, au centre, et le chef du commandement du Nord Amir Baram dans le nord d'Israël, le 2 juin 2020. (Ariel Hermoni/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Benny Gantz, droite, rencontre le chef d'Etat major de l'armée Aviv Kohavi, au centre, et le chef du commandement du Nord Amir Baram dans le nord d'Israël, le 2 juin 2020. (Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’est entretenu jeudi avec son homologue américain, le secrétaire d’Etat à la Défense Mark Esper. Les deux responsables ont discuté des activités de l’Iran au Moyen-Orient et autres « sujets d’inquiétudes sécuritaires dans la région », a fait savoir le bureau de Gantz.

Cela était la première conversation du genre de Gantz avec Esper depuis que le ministre israélien a pris ses fonctions le mois dernier.

« Ils ont discuté des efforts livrés par les deux gouvernements pour traiter la crise du coronavirus et la nécessité de dissuader les adversaires qui pourraient tenter d’exploiter l’attention mondiale concentrée sur la pandémie », a annoncé le bureau de Gantz dans un communiqué.

« Les deux ministres ont examiné les sujets d’intérêt mutuel portant sur les préoccupations sécuritaires régionales en soulignant la nécessité de mettre un terme à la menace iranienne, ainsi que les opportunités offertes de construire un Moyen-Orient plus stable et plus prospère », a ajouté le communiqué.

Le ministre israélien de la Défense Naftali Bennett, à gauche, rencontre le secrétaire américain à la Défense Mark Esper à Washington, le 4 février 2020. (Crédit : Département de la Défense américain)

Au début de l’année, Naftali Bennett, qui était à la tête du ministère de la Défense à ce moment-là, avait indiqué que lui et Esper avaient convenu qu’Israël se chargerait d’affronter les activités militaires de la République islamique en Syrie, tandis que les Etats-Unis concentreraient leurs efforts livrés contre l’Iran sur le territoire irakien.

Le porte-parole de Gantz a refusé de dire si ce dernier et Esper avaient débattu du plan israélien présumé d’annexion de portions de la Cisjordanie.

Pendant l’appel, Gantz et Esper ont aussi évoqué les projets, dans les semaines à venir, de rationnaliser les achats d’armes faits par l’Etat juif aux Etats-Unis.

Le bureau de Gantz a également précisé que ce dernier avait « fait part de son appréciation de l’engagement américain à maintenir l’avantage militaire qualitatif d’Israël » – une politique, ancrée dans la loi, qui exige des Etats-Unis de garantir que l’Etat juif conservera un avantage militaire face aux autres armées de la région et qui est susceptible de limiter la vente d’armes américaines à d’autres Etats du Moyen-Orient.

« Le secrétaire Esper et le ministre Gantz se sont engagés à se rencontrer dès que possible », a commenté le bureau de Gantz.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’adresse à la presse lors de la clôture d’une vidéoconférence des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, le 22 avril 2020. (Crédit : Olivier Hoslet, Pool via AP)

Dans la journée, Gantz s’était entretenu avec le chef des Affaires étrangères de l’Union européenne, Josep Borrell, soulignant son attachement à la paix avec les Palestiniens, tout en évitant de mentionner les plan d’annexion israéliens de certains secteurs de la Cisjordanie.

Suite à la discussion entre les deux responsables, Gantz a écrit sur Twitter qu’il avait dit à Borrell qu’il était « engagé en faveur de la poursuite de la paix » et qu’il avait « souligné que nous travaillerons par le biais des canaux diplomatiques, en conservant un dialogue ouvert avec la communauté européenne et avec nos partenaires régionaux tout en faisant tout ce qui est nécessaire pour protéger la sécurité d’Israël ».

Ce communiqué n’a pas mentionné explicitement le projet d’élargissement de la souveraineté israélienne en Cisjordanie – un projet âprement critiqué par Borrell dans une déclaration faite le mois dernier.

Gantz a déclaré que lui et Borrell avaient abordé « l’approfondissement des liens entre Israël et l’UE, la signification de notre partenariat et la collaboration forte que nous partageons ».

Il a également noté qu’il avait vivement recommandé à l’Union européenne de renforcer ses pressions sur l’Iran, une réaction apparente à la conclusion récente tirée par l’Agence internationale de l’énergie atomique qui a estimé que la République islamique avait contrevenu aux dispositions de l’accord sur le nucléaire signé avec les puissances mondiales en 2015, un accord dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018.

« J’ai souligné l’importance d’une Union européenne qui travaillerait activement à bloquer les armements nucléaires dangereux de l’Iran par le biais de pressions et de l’élargissement de l’embargo sur l’approvisionnement en armes par le régime », a expliqué Gantz.

Les médias israéliens ont fait savoir, mercredi, que certains pays européens pourraient riposter à une annexion unilatérale par Israël de territoires de la Cisjordanie en reconnaissant un Etat palestinien et en sanctionnant l’Etat juif.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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