Procès à Lyon du meurtre d’un octogénaire juif : le neveu de la victime dénonce un crime antisémite
Jean Atlan a exprimé son incompréhension et sa douleur face aux circonstances du drame et a dressé le portrait d’un oncle "intègre, honnête et généreux"
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« C’était notre tonton. » Jean Atlan, neveu de René Hadjadj, a témoigné, mardi 3 février, au deuxième jour du procès de l’homme accusé d’avoir défenestré en 2022 cet octogénaire juif depuis son appartement de la Duchère, dans le 9ᵉ arrondissement de Lyon.
À la barre, le sexagénaire a dressé le portrait d’un oncle « intègre, honnête et généreux », figure familière et appréciée de ce quartier populaire et cosmopolite. « Il répandait la joie de vivre partout où il allait. Il a laissé une trace indélébile dans le quartier », a-t-il déclaré, peinant à contenir son émotion.
Alors que le mobile antisémite est au cœur des débats judiciaires, Jean Atlan a dit son incompréhension et sa douleur face aux circonstances du drame. « Notre famille est connue, aimée et respectée dans le quartier. C’était notre tonton… C’est terrible », a-t-il insisté.
Né en 1932 à Sétif, dans le nord de l’Algérie, René Hadjadj avait quitté l’école très jeune pour apprendre le métier de tailleur avant de s’installer en France. Fier de son identité juive et de son deuxième prénom, Israël, il avait exercé de nombreux métiers au cours de sa vie avant de s’installer seul à la Duchère en 2001, après le décès de sa seconde épouse.
S’il était apprécié de ses voisins, il vivait toutefois dans un isolement familial marqué, ses liens avec ses enfants étant rompus depuis des décennies. Selon son neveu, il passait l’essentiel de son temps avec son voisin, Rachid Kheniche, aujourd’hui jugé pour l’avoir jeté du 17ᵉ étage le 17 mai 2022.
Jean Atlan s’est dit convaincu que son oncle a été tué parce qu’il était juif, évoquant un climat de crainte latent. De son côté, l’accusé a brièvement pris la parole dans le box, en larmes, affirmant ne plus se souvenir clairement des faits. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’étais comme une bête », a-t-il affirmé. L’enquête n’a pas mis en évidence de propos antisémites explicites sur ses réseaux sociaux, mais décrit une dérive délirante croissante dans les mois précédant le drame.
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