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Quand l’Algérie se rapprochait d’Israël

En 1999, Abdelaziz Bouteflika avait promis à Ehud Barak d’ouvrir une ambassade d’Algérie à Tel Aviv si Israël reconnaissait les droits du peuple palestinien

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en 2017. (Crédit : RYAD KRAMDI / AFP)
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en 2017. (Crédit : RYAD KRAMDI / AFP)

Le 17 juillet dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu faisait part au roi marocain Mohammed VI de la décision de l’État hébreu de « reconnaître la souveraineté du Maroc » sur le Sahara occidental. Dans la foulée, l’Algérie a estimé que cette reconnaissance était une « violation flagrante » du droit international.

Le conflit du Sahara occidental oppose en effet le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l’Algérie, depuis le désengagement en 1975 de l’Espagne, l’ancienne puissance coloniale.

Cette décision « constitue une violation flagrante du droit international, des décisions du Conseil de sécurité et des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies concernant la question du Sahara occidental », a estimé le ministère algérien des Affaires étrangères.

Elle « démontre sans aucun doute l’harmonie des politiques des occupants et leur complicité dans la violation des lois internationales, et l’empiètement du droit légitime du peuple palestinien à établir son État indépendant avec Al-Qods (nom que les pays arabes donnent à Jérusalem) comme capitale et du peuple sahraoui à l’autodétermination », affirme le ministère dans un communiqué.

En outre, Alger a fustigé « un nouveau maillon dans la série de manœuvres et de la politique de fuite en avant adoptée par l’occupation marocaine ».

Cette reconnaissance par Israël de la « marocanité » du Sahara occidental est ainsi survenue dans un climat de rivalité régionale exacerbée entre le Maroc et l’Algérie.

Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en août 2021 en raison de profonds désaccords sur ce dossier et l’accélération du rapprochement maroco-israélien.

Depuis leur normalisation diplomatique en décembre 2020, le Maroc et Israël s’activent à renforcer leur coopération, surtout militaire et sécuritaire mais aussi commerciale et touristique.

Et pourtant : les relations entre les trois pays n’ont pas toujours été ainsi, et l’ancien président Abdelaziz Bouteflika avait même promis d’ouvrir une ambassade d’Algérie à Tel Aviv si Israël reconnaissait les droits du peuple palestinien, a rappelé Jeune Afrique.

En effet, à son arrivée au pouvoir en 1999, ce président proche du Maroc (il y est né et y a passé les 25 premières années de sa vie) s’était donné pour mission de régler la question du Sahara, sujet de conflit entre les deux pays depuis 1975.

À l’été 1999, après un entretien entre Bouteflika et le ministre marocain de l’Intérieur et homme de confiance de Hassan II, une rencontre est prévue entre le dirigeant algérien et le roi marocain. Une résolution du conflit est alors bien engagée. Sauf que la rencontre entre les deux leaders n’arrivera jamais : le 23 juillet 1999, Hassan II meurt à Rabat après 38 ans de règne.

Après avoir décrété un deuil national de trois jours, le président Bouteflika s’envole pour Rabat pour assister aux obsèques. En marge de cet évènement international, Bouteflika rencontre, à l’initiative des Marocains, Ehud Barak, Premier ministre d’Israël depuis peu, également présent au Maroc pour les obsèques.

Devant les caméras, les deux hommes s’échangent une poignée de main chaleureuse, et discutent pendant 7 minutes. C’est alors que le président algérien lui fait la promesse d’une ambassade en échange de la reconnaissance des droits des Palestiniens.

Ce rapprochement est alors inédit : l’Algérie n’entretient pas de relations avec Israël ; les deux pays se sont combattus lors des guerres de 1967 et 1973 – lors desquelles Ehud Barak a servi comme commandant d’une unité d’élite, puis chef d’un bataillon de blindés dans le Sinaï ; l’Algérie a abrité des camps d’entraînement pour terroristes palestiniens ; et c’est à Alger, en novembre 1988, que Yasser Arafat a annoncé l’indépendance de la Palestine.

Durant son premier mandat, lors d’une visite à Paris, Bouteflika a aussi rencontré en secret Shimon Peres, chef de la diplomatie israélienne.

Aujourd’hui, ces rapprochements seraient tout simplement impossibles. Il est même devenu impensable que les trois pays aient pu entretenir de tels liens, tant les relations sont aujourd’hui tendues, avec le Maroc et Israël d’un côté, et l’Algérie et le Front Polisario de l’autre, opposés plus que jamais sur la question du Sahara occidental que Bouteflika, mort il y a deux ans, ne sera jamais parvenu à résoudre malgré sa bonne volonté.

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