Qui sont les juifs de Belgique ?
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Qui sont les juifs de Belgique ?

Divisé par la ligne franco-flamande comme le reste du pays, les juifs de ce pays frappé par le terrorisme jouent un rôle crucial dans la vie juive du continent

Cérémonie d'hommage aux victimes après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher dans la synagogue Maale de Bruxelles, le 14 janvier 2015. (Crédit : Thierry Roge/AFP/Getty Images via JTA)
Cérémonie d'hommage aux victimes après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher dans la synagogue Maale de Bruxelles, le 14 janvier 2015. (Crédit : Thierry Roge/AFP/Getty Images via JTA)

JTA – Reflétant l’histoire de leur compliqué pays binational, les juifs de Belgique forment une communauté qui est à la fois définie et divisée par sa diversité.

L’histoire de deux villes

Bruxelles, la capitale de l’Etat belge fédéré (11 millions d’habitants), et Anvers, le centre de l’un des plus grands marchés du diamant au monde, sont les deux pôles de la communauté juive belge.

Les deux communautés ont progressé sur des voies parallèles après la création de la Belgique en 1830 sur un territoire pris aux Pays-Bas au nord et à la France au sud. Les deux communautés du pays sont tellement séparées par la langue et leur vision du monde que certains couples juifs de la région considèrent leur union comme mixte.

En pleine stagnation financière, les politiques sécessionnistes ont gagné du terrain dans la région Flandres. Les juifs flamands ont cherché des organisations représentatives indépendantes. Ces dernières années, ils ont affronté le leadership juif plus pacifique à Bruxelles sur les sujets liés à Israël.

Le ‘dernier shtetl’ d’Europe

A Anvers, où vivent 12 000 juifs haredi, beaucoup de juifs sont fiers du rôle central que joue leur communauté pour d’autres bien plus grandes en Europe et au-delà. Les abattoirs casher d’Anvers fournissent de la viande à des communautés jusqu’en Roumanie.

À Pessah, beaucoup de juifs européens mangent des matzot fabriquées dans l’une des dizaines de boulangeries d’Anvers.

A Yom Kippour, le quartier juif d’Anvers s’éteint complètement. Et à Pourim, les fêtes de rue comprennent une défilé de costumes et de musique, entraînant les non juifs du coin à appeler la fête le « carnaval juif ». (Ces célébrations ont été réduites cette année, après le double attentat à l’aéroport Zaventem et celui dans une station de métro dans le centre de Bruxelles, qui ont tué au moins 34 personnes et blessé des centaines d’autres.)

Une capitale de la culture

Bruxelles ne compte que 20 000 juifs, le même nombre qu’à Anvers et environ la moitié de toute la population juive de Belgique.

Et pourtant, la ville est un leader international du ferment intellectuel juif grâce à sa scène culturelle qui fait partie des plus dynamiques d’Europe.

Le Centre communautaire juif laïc accueille régulièrement des penseurs éminents dans son centre communautaire, un espace moderne qui dispose de son propre cinéma et un restaurant gastronomique. De récents évènements ont accueilli les intellectuels français Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Levy.

La Grande synagogue de Bruxelles, en juin 2007. (Crédit : Travail personnel Jpcuvelier, domaine public, via WikiCommons)
La Grande synagogue de Bruxelles, en juin 2007. (Crédit : Travail personnel Jpcuvelier, domaine public, via WikiCommons)

Bruxelles se vante aussi de la Grande synagogue d’Europe, l’une des plus grandes et des plus belles du continent. Le bâtiment, proche de la Vieille Ville, est devenu une attraction touristique plus que le cœur battant de la communauté suite aux migrations internes des juifs de Bruxelles, des quartiers pauvres centraux vers les banlieues plus aisées. Depuis 2013, la communauté a vendu deux synagogues et une école juive dans le centre de Bruxelles.

Pas étrangère aux attaques terroristes, la communauté a réagi comme « un modèle de discipline », selon le Congrès juif européen, à l’attaque terroriste du 20 mai 2014, pendant laquelle quatre personnes ont été abattues au musée juif de Belgique, non loin de la Grande synagogue.

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Mémorial et musée de la Shoah Kazerne Dossin, à Mechelen, en Belgique, le 6 septembre 2013. (Crédit : Travail personnel Hubert DENIES - CC BY-SA 3.0, via WikiCommons)
Mémorial et musée de la Shoah Kazerne Dossin, à Mechelen, en Belgique, le 6 septembre 2013. (Crédit : Travail personnel Hubert DENIES – CC BY-SA 3.0, via WikiCommons)

Malgré leurs différences, les deux communautés partagent le grand impact que l’Holocauste a eu sur elle.

Contrairement à la France, où la plupart des juifs sont des immigrants sépharades d’Afrique du Nord, en Belgique la majorité de la communauté est composée d’Ashkénazes, arrivés soit dans les années 1930 et 1940 d’Europe de l’est pour un nouveau départ, ou qui ont survécu à l’occupation nazie qui a exterminé 24 000 juifs belges.

Symboliquement peut-être, le principal musée et centre de mémoire de l’Holocauste de Belgique, Kazerne Dossin, a ouvert en 2012 à Mechelen, une ville située précisément à mi-chemin entre Anvers et Bruxelles, où les juifs de tout le pays se rassemblent tous les ans pour commémorer leurs morts.

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