Rashida Tlaib: la politique d’Israël me pousse à défendre une solution à un Etat
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Rashida Tlaib: la politique d’Israël me pousse à défendre une solution à un Etat

L'élue démocrate estime que si Netanyahu "abattait les murs" et gelait les implantations, les gens comme elles croiraient en une solution à deux Etats

Rashida Tlaib, représentante démocrate du 13e district du Congrès du Michigan, assiste à un rassemblement à Dearborn, dans le Michigan, le 26 octobre 2018. (AP Photo/Paul Sancya)
Rashida Tlaib, représentante démocrate du 13e district du Congrès du Michigan, assiste à un rassemblement à Dearborn, dans le Michigan, le 26 octobre 2018. (AP Photo/Paul Sancya)

La représentante du Congrès Rashida Tlaib a accusé le gouvernement israélien « d’avoir renoncé » à la solution à deux Etats, selon une interview publiée vendredi.

Seule démocrate à critiquer ouvertement le consensus de cette solution, l’élue du Michigan était interrogée sur la résolution du conflit lors de l’entretien accordé à un podcast politique américain.

« Je n’ai pas renoncé », a-t-elle ainsi dit au sujet de la solution à deux Etats. « Le Premier ministre Benjamin] Netanyahu et son parti y ont renoncé, de même que le gouvernement israélien ».

Elle a clamé avec insistance que c’était Benjamin Netanyahu qui œuvrait pour veiller à ce que cette solution soit irréalisable.

« Si Netanyahu se réveillait demain matin et décidait, ‘Vous savez quoi ? Je vais abattre les murs. Je ne vais pas étendre les implantations. Trop, c’est trop. Je veux vraiment qu’on prenne la voie d’une solution à deux Etats’ — il a tout le pouvoir de le faire. Et des gens comme moi et d’autres y croiraient vraiment. »

Le président américain Donald Trump présente un décret signé reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, sous le regard du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019. (Saul Loeb/AFP)

Interrogée sur le politique terroriste du Hamas, qui a recours à la violence dans une bataille visant à terme la destruction d’Israël, elle a assuré ne pas la partager : « Je ne suis pas du genre à prôner la violence, je prône l’amour, l’égalité et la justice. Pour la plupart de ces organisations, il s’agit d’une lutte de pouvoir ».

Rashida Tlaib avait fait des vagues en devenant l’une des deux premières musulmanes à être élues au Congrès et à défendre ouvertement une solution à un Etat.

Elle a de nouveau défendu cett idée lors de l’entretien, soulignant que cela ferait toujours d’Israël un havre de paix pour les Juifs.

« Il y a un sentiment apaisant, quand je pense à la Shoah, dans le fait que ce sont mes ancêtres, les Palestiniens, qui ont perdu leurs terres, et certains leur vie, leurs revenus, leur existence de plusieurs façons… au nom de la création d’un refuge pour les Juifs, après la Shoah, après la tragédie, les persécutions ignobles des Juifs dans le monde à cette époque », a déclaré Rashida Tlaib. « Et j’aime le fait que ce sont mes ancêtres qui ont permis cela, d’une certaine manière. »

Et d’ajouter, « ils l’ont fait d’une façon qui leur a ôté leur dignité humaine. Et on les y a forcés. Alors quand je pense à un Etat, je me dis, ‘Pourquoi ne pouvons-nous pas le faire mieux ? Je ne veux pas que les gens le fassent au nom du judaïsme, tout comme je ne veux pas que les gens utilisent l’islam de cette façon. Cela doit être fait au nom de valeurs liées à l’égalité et au fait qu’on ne devrait pas oppresser autrui pour se sentir libres et en sécurité. Pourquoi ne pouvons-nous pas tous être libres et en sécurité ensemble ? »

L’élue de la Chambre des représentants des États-Unis, Rashida Tlaib, lors de la cérémonie d’investiture sous serment en ouverture du 116e Congrès des États-Unis à Washington, le 3 janvier 2019. (Crédit : SAUL LOEB/AFP)

Pour la représentante démocrate, c’est aux Israéliens et aux Palestiniens que doit revenir la « décision » du projet de résolution, comparant la situation actuelle en Israël à la ségrégation aux États-Unis. « Il est important de comprendre que séparés mais égaux n’a pas marché ici. Nous devons permettre l’auto-détermination là-bas ».

Elle a ensuite dénoncé ce qu’elle a décrit comme une volonté dominante de laisser Israël faire ce qu’il veut.

Elle appelle régulièrement à un changement de politique américaine vis-à-vis de l’État juif. Elle a annoncé l’année dernière projeter d’organiser un voyage en Cisjordanie à l’été 2019 qui permettra de mieux connaître la perspective des Palestiniens que les voyages en Israël organisés par une branche de l’AIPAC pour les parlementaires américains.

Elle a indiqué que la balle était dans le camp des Israéliens pour lui prouver qu’elle avait tort et qu’elle « sentait » le racisme de Benjamin Netanyahu.

« Je vois plus de gens enclins à la déségrégation, les [critiques] auront peut-être alors plus de crédibilité avec quelqu’un comme moi, qui ai grandi à Detroit, où l’on peut sentir de loin que non, Netanyahu ne veut pas regarder ma grand-mère dans les yeux et lui dire ‘Vous êtes mon égal, vous êtes autant un être humain pour moi que je le suis pour, et oui, vous mériter de mourir dans la dignité. »

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