Religion : L’appel lancé par l’ancien conseiller de Trump indigne des groupes juifs
"Une nation sous l'autorité de Dieu, une seule religion sous l'autorité de Dieu", a dit Michael Flynn ; l'ADL et l'AJC évoquent un appel "dangereux", violant la liberté religieuse
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WASHINGTON (JTA) — L’Anti-Defamation League (ADL) et l’American Jewish Congress (AJC) ont condamné, comme de nombreux autres groupes, l’appel qui a été lancé par Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, à réunir les États-Unis sous une seule religion.
« Si nous devons avoir une seule nation sous l’autorité de Dieu – ce que nous devons faire – nous devons aussi n’avoir qu’une seule religion », a déclaré Flynn samedi au cours d’un rassemblement au Texas de ReAwaken America, une tournée consacrée au christianisme soutenue par la chaîne chrétienne America Faith. « Une nation sous l’autorité de Dieu, une seule religion sous l’autorité de Dieu ».
Le directeur-général de l’ADL, Jonathan Greenblatt, et l’AJC ont qualifié sur Twitter l’appel lancé par Flynn « d’anti-américain ».
« Suggérer que les États-Unis, une nation qui a été fondée sur les piliers jumeaux du pluralisme et de la liberté de pratiquer toutes les religions, devraient n’avoir ‘qu’une religion’ est anti-américain, anti-démocratique et vraiment dangereux », a écrit Greenblatt.
« Les propos de Michael Flynn sont à la fois inacceptables et anti-américains », a écrit pour sa part l’AJC. « Une rhétorique d’une telle dangerosité est contraire aux valeurs américaines et elle menace les fondations de notre démocratie ».
De nombreux démocrates et certains anciens collègues de Flynn au sein de l’armée américaine, où il a occupé d’importantes fonctions, ont aussi dénoncé cet appel.
Trump’s Pardoned NSA Michael Flynn: “We have to have ONE RELIGION under God.”????pic.twitter.com/rCXgZE6eUr
— The Tennessee Holler (@TheTNHoller) November 14, 2021
Ce rassemblement aurait eu lieu au sanctuaire de la Cornerstone Church à San Antonio, une église qui est dirigée par le célèbre pasteur évangélique John Hagee — qui est le fondateur du groupe sioniste chrétien Christians United for Israel.
Hagee avait pris la parole pendant l’inauguration, par l’administration Trump, de la nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem, en 2018. Un porte-parole du groupe a dit aux journalistes de se tourner vers Cornerstone Church pour toute question.
En réponse à une demande, l’équipe chargée des relations publiques à Cornerstone a indiqué que « la semaine dernière, la Cornerstone Church a prêté ses locaux à une organisation extérieure. Cornerstone Church n’est aucunement liée à cette organisation dont elle n’approuve pas les points de vue ».
Trump avait limogé Flynn après que ce dernier eut reconnu avoir menti aux responsables de son administration au sujet des discussions qu’il avait pu avoir avec des responsables russes. Il avait plaidé coupable d’avoir menti aux agents du FBI au sujet de ces conversations, notamment une qui était liée à la politique israélienne.
Trump avait finalement pardonné à Flynn qui devait devenir une source de certaines théories du complot les plus incongrues de la présidence de Trump. Il avait également repris à son compte la fausse affirmation d’une élection frauduleuse de Biden.
Greenblatt a fait le lien entre la rhétorique de Flynn et l’insurrection meurtrière du capitole, le 6 janvier, qui avait été attisée par les accusations de fraude électorale lancées par le clan Trump.
« Nous vivons une époque post-traumatique en tant que nation, nous rétablissant lentement des conséquences de l’insurrection du 6 janvier », a-t-il commenté. L’ADL « s’inquiète profondément de ce qu’une rhétorique comme celle de Flynn – qui élève une religion au-dessus des autres – ne puisse potentiellement accroître les divisions et inciter à la violence politique ».
Flynn compte au moins un soutien juif : celui de Josh Mandel, candidat républicain de l’Ohio en lice pour un poste de sénateur qui a prôné, pendant toute sa campagne, les valeurs « Judéo-chrétiennes » et qui a écrit sur Twitter : « Nous sommes aux côtés du général Flynn ».
Un certain nombre de groupes juifs avaient participé aux côtés d’organisations libérales à un appel lancé à Trump, en 2016, lui demandant de ne pas nommer Flynn à son poste en raison de sa rhétorique anti-musulmane et du partage d’une déclaration antisémite sur Twitter (Il avait présenté ses excuses pour ce retweet).
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